Aller au contenu

De nouvelles perspectives dans les vaccins contre le cancer

5 octobre 2026

De nouvelles perspectives dans les vaccins contre le cancer
La revue de science translationnelle du JAMA, intitulée « Vaccins contre le cancer » et publiée en septembre 2026, analyse l’évolution rapide du rôle des vaccins dans la prévention et le traitement des cancers. Après plusieurs décennies marquées par des résultats thérapeutiques limités, les progrès réalisés en immunologie tumorale, dans l’identification des antigènes, le séquençage génomique et les technologies d’administration vaccinale ont relancé l’intérêt pour la vaccination anticancéreuse. Plus de 2 000 protéines ou antigènes tumoraux immunogènes ont désormais été identifiés. Les stratégies actuelles vont de vaccins ciblant des antigènes partagés, potentiellement applicables à une large population de patients, jusqu’à des vaccins hautement individualisés dirigés contre des néoantigènes propres à chaque tumeur. Les vaccins anticancéreux reposent sur trois composants fondamentaux : un antigène, un adjuvant destiné à stimuler l’activation immunitaire et un vecteur ou système d’administration. Les vaccins thérapeutiques visent à induire une immunité adaptative en activant les lymphocytes T CD4+ et CD8+ spécifiques de l’antigène, ainsi que les lymphocytes B. Les cellules présentatrices d’antigènes, notamment les cellules dendritiques, captent les antigènes vaccinaux, migrent vers les ganglions lymphatiques et activent les lymphocytes, qui reconnaissent ensuite les cellules tumorales exprimant l’antigène et peuvent les détruire. Contrairement à la réponse immunitaire innée, rapide mais transitoire, l’immunité adaptative peut être hautement spécifique et durable. La vaccination préventive est déjà bien établie pour certaines tumeurs associées à des infections. La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) réduit le risque de cancers liés au HPV, tandis que la vaccination contre l’hépatite B diminue le risque de carcinome hépatocellulaire. Toutefois, seuls environ 13 % des cancers ont une étiologie infectieuse. La majorité des vaccins anticancéreux en développement ciblent donc des antigènes cellulaires dérivés de la tumeur plutôt que des agents pathogènes. Plusieurs approches immunologiques sont déjà autorisées dans le traitement de cancers établis. Le sipuleucel-T, vaccin cellulaire autologue ciblant la phosphatase acide prostatique, a amélioré la survie globale chez des patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant après castration : la survie à 36 mois était de 32 % contre 23 % avec le placebo (HR 0,78 ; IC à 95 % 0,61-0,98 ; p = 0,03), bien qu’il n’ait pas eu d’amélioration significative du temps jusqu’à progression (TTP). Le talimogene laherparepvec (T-VEC), virus herpétique oncolytique administré par voie intratumorale et codant le granulocyte-macrophage colony-stimulating factor (GM-CSF), a obtenu un taux de réponse durable de 16,3 % contre 2,1 % avec le GM-CSF dans le mélanome non résécable (16,3 % [IC à 95 % 12,1 %-20,5 %] contre 2,1 % [IC à 95 % 0 %-4,5 %] ; odds ratio 8,9 ; p < 0,001) et a apporté des éléments de preuve en faveur d’une activation systémique des lymphocytes T. Le BCG intravésical (Mycobacterium bovis atténué) reste un traitement immunologique majeur du cancer de la vessie non-infiltrant à haut risque, tandis que le nadofaragene firadenovec, vecteur adénoviral intravésical codant l’interféron alfa-2b, est autorisé dans les formes réfractaires au BCG.

Connexion requise pour lire la suite

Inscription gratuite : lisez les 19 articles de la revue de presse en Génétique.

Référence scientifique

Disis ML, Chun BMN, Dhillon KK, Liao JB, Hunter N, Cecil DL. Vaccines for Cancer: A Translational Science Review. JAMA. Published online September 21, 2026. doi:10.1001/jama.2026.15540

Voir la source