Cancer colorectal : un test sanguin pour identifier les patients à risque de récidive
Oncologie
Le cancer colorectal demeure une
pathologie caractérisée par une évolution clinique hétérogène, avec des risques
variables de récidive et de mortalité selon les patients. Malgré l’utilisation
de facteurs pronostiques standards tels que le stade tumoral et l’âge, la
capacité à anticiper précisément l’évolution individuelle de la maladie reste
limitée. Cette incertitude souligne la nécessité de développer des outils
biologiques complémentaires permettant d’identifier, dès le diagnostic, les
patients présentant un risque accru de récidive ou de décès. Dans ce contexte,
l’exploration de marqueurs sanguins fondés sur des mécanismes épigénétiques
représente une voie prometteuse pour améliorer la stratification pronostique.
Une étude menée par des chercheurs du
Moffitt Cancer Center, publiée le 01 février 2026 dans la revue Clinical
Epigenetics, a évalué le potentiel de marqueurs sanguins pour prédire
l’évolution clinique chez des patients atteints de cancer colorectal.
L’objectif était de déterminer si ces marqueurs ADN, dérivés de signatures
épigénétiques associées à des protéines circulantes, pouvaient identifier les
patients présentant un risque accru de récidive ou de décès, au-delà des
facteurs cliniques utilisés en pratique courante.
Analyse des epiScores protéiques
sanguins
Les chercheurs ont analysé des marqueurs
ADN sanguins désignés sous le nom d’epiScores protéiques. Ces scores reposent
sur des signatures épigénétiques permettant d’estimer l’expression de protéines
à partir de profils de méthylation de l’ADN. Les associations entre ces
marqueurs et l’évolution clinique ont été évaluées afin d’identifier les scores
les plus fortement liés au pronostic, puis leur apport a été comparé à celui
des facteurs cliniques standards, notamment le stade du cancer et l’âge du
patient. La performance prédictive a été mesurée en termes de précision pour la
récidive et la survie globale.
Quatre epiScores protéiques ont été
identifiés comme fortement associés à un pronostic défavorable. Les patients
présentant des niveaux élevés de ces scores présentaient un risque de récidive
accru de 60 à 70 %. Parmi ces marqueurs, LGALS3BP s’est distingué par son
association avec la survie globale : des scores plus élevés étaient liés à une
augmentation de 80 % du risque de décès pendant la période de suivi.
L’intégration de ces scores épiprotéiques
aux facteurs cliniques traditionnels a permis d’améliorer de façon modeste mais
significative la capacité de prédiction. La précision de la prédiction des
récidives est passée de 64 % à 70 %, tandis que celle de la survie globale est
passée de 70 % à 75 % lorsque les epiScores ont été ajoutés aux modèles
cliniques.
Implications biologiques et
perspectives cliniques
Ces résultats indiquent que les epiScores
protéiques fournissent des informations biologiques complémentaires à celles
des outils pronostiques conventionnels. Les marqueurs identifiés semblent
refléter des processus liés à la fonction immunitaire, à la croissance des
vaisseaux sanguins et à la coagulation, des dimensions non prises en compte par
les facteurs cliniques standards. Leur intégration permet ainsi d’affiner
l’évaluation du risque chez les patients atteints de cancer colorectal.
Bien que ces résultats nécessitent une validation
dans d’autres populations de patients, ils démontrent le potentiel d’un simple
prélèvement sanguin réalisé avant le traitement pour améliorer la
stratification pronostique. Cette approche pourrait, à terme, contribuer à une
meilleure individualisation du suivi et des stratégies thérapeutiques dans le
cancer colorectal.
À lire également : Vaccins anticancer : une révolution en marche ?
À propos de l'auteure – Elodie Vaz Journaliste en santé, diplômée du CFPJ en 2023 Élodie, explore les empreintes que les maladies laissent sur les corps et, plus largement, sur la vie humaine. Infirmière diplômée d’État en 2010, elle a passé douze ans au chevet des patients avant de troquer son stéthoscope contre un carnet de notes. Elle interroge depuis les liens qui unissent environnement et santé, convaincue que la vitalité du vivant ne se résume pas à celle des Hommes.
À lire également : Vaccins anticancer : une révolution en marche ?
À propos de l'auteure – Elodie Vaz Journaliste en santé, diplômée du CFPJ en 2023 Élodie, explore les empreintes que les maladies laissent sur les corps et, plus largement, sur la vie humaine. Infirmière diplômée d’État en 2010, elle a passé douze ans au chevet des patients avant de troquer son stéthoscope contre un carnet de notes. Elle interroge depuis les liens qui unissent environnement et santé, convaincue que la vitalité du vivant ne se résume pas à celle des Hommes.
Dernières revues
Cancer colorectal : le dépistage précoce change la donne et permet d’agir plus tôt
Par Elodie Vaz | Publié le 2 mars 2026 | 3 min de lecture<br><br><br>Le can...
Maladie d’Alzheimer : un lien direct avec les particules fines
Longtemps considérée comme une pathologie multifactorielle dominée par le...
