Avec le réchauffement climatique et la multiplication des
vagues de chaleur, la pratique d'une activité physique en environnement chaud
devient une préoccupation croissante, aussi bien pour les sportifs que pour les
professionnels exposés à des efforts physiques intenses. Si la baisse des
performances en cas de forte chaleur est bien connue, les mécanismes
physiologiques en jeu et les stratégies les plus efficaces pour limiter leurs
conséquences continuent de faire l'objet de nombreuses recherches.
Dans une revue de référence publiée dans Physiological
Reviews, Periard et ses collaborateurs proposent une synthèse complète des
connaissances actuelles sur les effets du stress thermique au cours de
l'exercice. Les auteurs analysent les mécanismes de thermorégulation, les
conséquences de la déshydratation sur les performances physiques et les
principales stratégies permettant de réduire les risques liés à la chaleur.
Une élévation de la température corporelle qui limite
progressivement les capacités physiques
Lors d'un exercice prolongé, le corps produit une quantité
importante de chaleur. Pour maintenir une température interne compatible avec
le fonctionnement des organes, il mobilise plusieurs mécanismes de défense,
notamment la transpiration et la vasodilatation cutanée, qui favorisent
l'évacuation de la chaleur. Lorsque les conditions environnementales deviennent
très chaudes ou humides, ces mécanismes deviennent toutefois moins efficaces,
entraînant une augmentation progressive de la température corporelle.
Cette hyperthermie affecte plusieurs systèmes
physiologiques. Le système cardiovasculaire est fortement sollicité pour
irriguer simultanément les muscles et la peau, tandis que le système nerveux
central et les muscles voient leurs capacités fonctionnelles diminuer. Il en
résulte une fatigue plus précoce, une baisse de l'endurance et une réduction
des performances, d'autant plus marquées lorsque la déshydratation s'installe.
Les pertes hydriques liées à la transpiration diminuent le volume sanguin,
limitent les capacités de refroidissement de l'organisme et accentuent encore
la contrainte thermique.
Au-delà de la diminution des performances, une exposition
prolongée à la chaleur peut favoriser l'apparition de troubles potentiellement
graves, allant des crampes musculaires et de l'épuisement par la chaleur
jusqu'au coup de chaleur d'effort, véritable urgence médicale nécessitant un
refroidissement rapide afin de limiter les complications neurologiques et
multiviscérales.
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L'acclimatation et les stratégies de refroidissement au
cœur de la prévention
Les auteurs rappellent que plusieurs mesures permettent de
limiter les effets délétères de la chaleur. L'acclimatation progressive
constitue l'une des interventions les plus efficaces : après plusieurs jours
d'exposition répétée, l'organisme améliore sa capacité à transpirer, augmente
son volume plasmatique et dissipe plus efficacement la chaleur. Une hydratation
adaptée contribue également à préserver les capacités de thermorégulation, même
si le niveau optimal de remplacement des pertes hydriques reste encore débattu.
Différentes techniques de refroidissement, avant ou pendant
l'effort, peuvent également améliorer la tolérance à la chaleur, notamment lors
des compétitions organisées dans des environnements particulièrement
contraignants. Les auteurs soulignent cependant que leur efficacité dépend du
type d'activité, des conditions climatiques et des caractéristiques
individuelles de chaque sportif.
Cette revue confirme ainsi que l'exercice réalisé sous forte
chaleur ne constitue pas seulement un défi de performance, mais également un
véritable enjeu de santé. Dans un contexte de réchauffement climatique, une
meilleure compréhension des mécanismes de thermorégulation et une mise en œuvre
adaptée des stratégies de prévention apparaissent essentielles pour limiter les
risques chez les sportifs comme chez les travailleurs exposés à des
températures élevées.
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.