Il n’est jamais trop tard pour écraser sa dernière cigarette

Pr. Bertrand FOUGÈRE
Professeur en gériatrie
Président fondateur du Gérontopôle Centre-Val de Loire
Comité scientifique · Bien vieillir & autonomie
En novembre, le Mois sans tabac nous rappelle une chose simple : il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer. Même après 70 ans. Même après plusieurs décennies de tabagisme.
On entend encore parfois : « À mon âge, à quoi bon ? ». C’est faux. Le corps conserve, avec l’âge, de vraies capacités de récupération. Dès l’arrêt du tabac, l’oxygénation s’améliore. Puis, au fil des semaines, la circulation et le souffle progressent. Marcher, monter un escalier ou simplement réaliser les activités du quotidien peut devenir plus facile.
Arrêter, c’est donc aussi préserver son autonomie.
Les bénéfices vont bien au-delà du souffle. Le risque cardiovasculaire diminue, tout comme celui de nombreuses complications liées au tabac. Et ces bénéfices existent encore à un âge avancé. Arrêter à 75 ans peut encore augmenter l’espérance de vie. Il n’y a donc pas d’âge à partir duquel cela « ne servirait plus à rien ».
Mais bien vieillir, ce n’est pas seulement éviter les maladies. C’est aussi continuer à profiter. Après l’arrêt du tabac, le goût et l’odorat s’améliorent. Les aliments retrouvent davantage de saveur. La fatigue peut diminuer. Le sommeil peut également s’améliorer.
Alors, en novembre, pourquoi ne pas essayer ? Arrêter de fumer après 60, 70 ou 80 ans, ce n’est pas chercher à rattraper le temps passé. C’est investir dans les années qui viennent.
Et pour cela, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner. Médecin, pharmacien, substituts nicotiniques, Tabac Info Service : les aides existent et augmentent les chances de réussite.
