Revues de presse


Le cancer colorectal est l'un des cancers les plus courants dans le monde, se classant deuxième en termes d'incidence et troisième en termes de mortalité en 2020. Malgré les nombreux traitements disponibles, le cancer colorectal est souvent diagnostiqué à un stade avancé, ce qui complique les interventions thérapeutiques optimales. Il est donc essentiel d'identifier les facteurs de risque et de mettre en œuvre des stratégies de prévention primaire.

Dans cette étude, le lien entre divers facteurs (obésité, tabagisme, consommation d'alcool, activité physique) et le risque de cancer colorectal a été analysé. Les données ont été obtenues à partir de plusieurs études d'associations pangénomiques (GWAS) publiées. Les variables instrumentales ont inclus du polymorphisme nucléotidique associé à l'obésité, au tabagisme, à la consommation d'alcool et à l'activité physique. Les données sur le cancer colorectal ont été recueillies sur la base de données FinnGen, incluant 3022 personnes atteintes de cancer colorectal.


Les résultats ont révélé que l’indicateur d'obésité WHR (ratio taille-hanches) était associé à un risque accru de cancer colorectal lorsqu’il était élevé. L'obésité, et plus précisément la distribution des graisses corporelles, mesurée par le WHR, est confirmée comme un facteur de risque pour le cancer colorectal.

Le nombre de cigarettes par jour et l'initiation au tabagisme ont également été potentiellement associés à un risque accru de cancer colorectal. Ces résultats suggèrent une association potentielle entre le tabagisme et un risque accru de cancer colorectal, en cohérence avec des études antérieures montrant que le tabagisme peut augmenter l'incidence des cancers digestifs. Des mécanismes tels que la dysbiose du microbiote intestinal induite par le tabagisme et l'augmentation des niveaux intestinaux d'acide taurodésoxycholique pourraient expliquer cette association.

En revanche, aucune preuve n'a été trouvée pour suggérer que l'activité physique et la consommation d'alcool étaient associées à ce type de cancer.

Concernant la consommation d'alcool, bien que certaines études observationnelles aient trouvé une association entre une consommation modérée et un risque réduit de cancer colorectal, cette étude ne l'a pas démontré. De même, malgré les preuves établissant les bienfaits de l'activité physique dans la prévention du cancer, aucune association causale n'a été trouvée entre l'activité physique et le cancer colorectal dans cette étude.


En conclusion, ces résultats soulignent l'importance de contrôler le tabagisme et de maintenir un poids sain pour la prévention du cancer colorectal.

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Source(s) :
Li X, Chang Z, Wang J, Ding K, Pan S, Hu H, Tang Q. Unhealthy lifestyle factors and the risk of colorectal cancer: a Mendelian randomization study. Sci Rep. 2024 Jun 15;14(1):13825. doi: 10.1038/s41598-024-64813-y. PMID: 38879601; PMCID: PMC11180165. ;

18/06/2024

La consommation de fruits secs réduit le risque de colite ulcéreuse

Gastro-entérologie et Hépatologie

La colite ulcéreuse est une maladie inflammatoire chronique du côlon, caractérisée par une inflammation persistante de la muqueuse colique et des lésions rectales. Elle affecte fortement la qualité de vie des patients et entraîne des coûts de santé élevés. La prévalence mondiale de cette maladie a considérablement augmenté, atteignant environ 5 millions de cas en 2023.

Les facteurs environnementaux, y compris les habitudes alimentaires, jouent un rôle crucial dans le développement et la gestion de la colite ulcéreuse.

Ici, les chercheurs se sont intéressés au lien entre l’alimentation et la colite ulcéreuse. Les données sur la consommation de fruits secs, légumes, viandes transformées, fruits frais et céréales ont été recueillies sur la UK Biobank, tandis que les données sur la colite ulcéreuse ont été recueillies sur la base de données FinnGen. Les analyses de sensibilité et les corrections pour les tests multiples ont été effectuées pour garantir la robustesse des résultats.

Une association significative entre la consommation de fruits secs et la réduction du risque de colite ulcéreuse a été identifiée. Aucune association significative n'a été trouvée entre la consommation de légumes, de viandes transformées, de fruits frais ou de céréales et le risque de colite ulcéreuse.

Les fruits secs, riches en fibres alimentaires, potassium, protéines, stérols végétaux, antioxydants et divers minéraux et vitamines, présentent de nombreux bienfaits pour la santé, notamment des propriétés anti-inflammatoires. Par exemple, les noix sont riches en acide alpha-linolénique.

Des études montrent également que les polyphénols des graines de raisin présents dans les raisins secs peuvent atténuer les symptômes de la colite ulcéreuse en réduisant l'inflammation et l'apoptose des cellules épithéliales intestinales.

En conclusion, cette étude apporte des preuves soutenant une association possible entre la consommation de fruits secs et un risque réduit de colite ulcéreuse, suggérant que l'intégration régulière de fruits secs dans l'alimentation pourrait servir de mesure préventive contre cette maladie.  

Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour valider ces résultats et examiner les effets protecteurs spécifiques des différents types de fruits secs.

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Source(s) :
Bu Z, Wang X, Wang X, Huang Z, Feng Z, Huang X, Wang P, Jiang N, Xu F, Liu J, Liu Z. Dried fruit intake can lower the risk of ulcerative colitis: evidence from a Mendelian randomization study. Asia Pac J Clin Nutr. 2024 Jun;33(2):237-246. doi: 10.6133/apj ;

La chute de cheveux ou poils, appelée alopécie, peut concerner n’importe quelle partie du corps.

Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés aux effets de divers extraits de plantes sur l’alopécie.

Les effets pharmacologiques des extraits de plantes ont été associés à la promotion de la survie cellulaire, de la prolifération cellulaire et de la progression du cycle cellulaire. Ils ont également été associés à l'augmentation de plusieurs facteurs de croissance tels que IGF-1, VEGF, HGF et KGF (FGF-7).  

L’efficacité de ces extraits a été confirmée dans des essais cliniques. Ces essais cliniques ont montré une augmentation de la densité des cheveux et diamètre des tiges capillaires.

Les composés actifs identifiés ont inclus des composés phénoliques, des terpènes, des terpénoïdes, des composés soufrés et des acides gras.

De plus, le stress oxydatif, l'inflammation, la sénescence cellulaire et l'apoptose, ont été atténués et les hormones mâles ont été régulées à la baisse. L'entrée dans la phase télogène du cycle capillaire a ainsi été empêchée.  

Ces extraits de plantes et composés phytochimiques ont stimulé les voies de signalisation cellulaire médiées par la protéine kinase B (PKB, également appelée AKT), les kinases régulées par des signaux extracellulaires (ERK), Wingless et Int-1 (WNT), ou Sonic Hedgehog (SHH). D'autres voies de signalisation cellulaire ont été supprimées, notamment celles médiées par le facteur de croissance transformant (TGF)-β ou la protéine morphogénétique osseuse (BMP).

Ces résultats suggèrent que des extraits de plantes et leurs composés actifs peuvent avoir des effets bénéfiques sur la santé des cheveux. La découverte de phytochimiques ciblant ces événements cellulaires et voies de signalisation pourrait faciliter le développement de nouvelles thérapies ciblées pour l'alopécie.

La combinaison de différents extraits de plantes et composés phytochimiques pourrait offrir une alternative naturelle aux traitements chimiques pour la perte de cheveux, apportant confort et facilité aux personnes qui préfèrent éviter les médicaments synthétiques.

En conclusion, cet article suggère que les extraits de plantes possèdent un potentiel significatif pour prévenir la perte de cheveux et promouvoir la croissance des cheveux, en offrant des alternatives naturelles aux traitements existants.

Les études futures devraient se concentrer sur la découverte de nouveaux composés actifs et l'optimisation des formulations pour maximiser les effets thérapeutiques tout en minimisant les effets secondaires.

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Source(s) :
Choi, J.Y.; Boo, M.Y.; Boo, Y.C. Can Plant Extracts Help Prevent Hair Loss or Promote Hair Growth? A Review Comparing Their Therapeutic Efficacies, Phytochemical Components, and Modulatory Targets. Molecules 2024, 29, 2288 ;

Le développement du cerveau de l’enfant est un processus complexe impliquant la maturation des structures cérébrales.

Une étude a exploré les liens entre les habitudes alimentaires des mères pendant la grossesse et le neuro-développement de leurs enfants.

Cette étude a inclus des couples en début de grossesse. Les critères d'inclusion comprenaient l'âge maternel de 18 ans ou plus, une grossesse spontanée, et la planification de suivis obstétricaux réguliers.

Après exclusion des grossesses multiples et des résultats de grossesse défavorables, 1423 familles ont été retenues. 

Les données alimentaires ont été recueillies à l'aide d'un questionnaire de fréquence alimentaire (FFQ) couvrant 26 types d'aliments. Ces aliments ont été administrés lors des trois trimestres de la grossesse. Les réponses allaient de "presque jamais" à "tous les jours", avec un score attribué à chaque réponse.

L'analyse en composantes principales (ACP) a été utilisée pour identifier les schémas alimentaires distincts à chaque trimestre. Trois schémas alimentaires ont été définis par trimestre : riches en protéines et micronutriments, pauvres en fer, et avec des pâtes comme aliment de base. Les schémas alimentaires ont été nommés en fonction des aliments contribuant le plus aux composants principaux.

Le neuro-développement de l’enfant été évalué à l'aide du Ages and Stages Questionnaire, Third Edition, à l'âge de 36 mois. Ce questionnaire a évalué la communication, la motricité globale, la motricité fine, la résolution de problèmes et les compétences personnelles-sociales.  

L'étude a révélé que les enfants des mères suivant un schéma alimentaire riche en protéines et micronutriments avaient de meilleurs scores en motricité globale et en résolution de problèmes. À l'inverse, les enfants des mères suivant un schéma alimentaire pauvre en fer présentaient des scores de développement neurologique plus faibles, notamment en résolution de problèmes et en motricité globale.

Ces résultats ont souligné l'importance d'un régime équilibré riche en protéines et en micronutriments pendant la grossesse pour le développement du cerveau des enfants.

Cette étude supporte l'idée que suivre un schéma alimentaire riche en protéines et en micronutriments pendant la grossesse est bénéfique pour le neuro-développement des enfants. En revanche, un schéma alimentaire pauvre en fer est associé à un risque accru de retard de développement. 

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Source(s) :
Ouyang J, Cai W, Wu P, Tong J, Gao G, Yan S, Tao F, Huang K. Association between Dietary Patterns during Pregnancy and Children's Neurodevelopment: A Birth Cohort Study. Nutrients. 2024 May 19;16(10):1530. doi: 10.3390/nu16101530. PMID: 38794768; PMCID: P ;

04/06/2024

La découverte de biomarqueurs pour le dépistage du cancer gastrique

Gastro-entérologie et Hépatologie

Le cancer de l’estomac, ou cancer gastrique, est une tumeur rare qui se développe à partir des cellules de la muqueuse qui tapissent l’estomac. 

Plus de 400 participants, dont la moitié atteint de cancer gastrique, ont été inclus dans une étude visant à identifier les biomarqueurs susceptibles d’améliorer le dépistage et suivi du cancer gastrique.

Les niveaux de vitamine B12, d’acide folique et d’homocystéine ont été mesurés à l’aide de la chimiluminescence.

Les résultats ont montré des différences significatives entre les niveaux moyens d’homocystéine, de vitamine B12 et d'acide folique chez les patients atteints de cancer gastrique par rapport aux personnes contrôles.


Les niveaux moyens d'acide folique étaient plus faibles chez les patients atteints de cancer gastrique, tandis que les niveaux d'homocystéine étaient plus élevés. Ces variations ont été observées indépendamment de l'âge, du sexe, du sous-type histologique et de la présence d'infections par Helicobacter pylori (H. pylori) et Epstein Barr Virus (EBV).


Les résultats de cette étude ont montré une corrélation entre les niveaux élevés d'homocystéine et les déficiences en vitamine B12 et acide folique avec un risque accru de cancer gastrique. L'infection par H. pylori et EBV a également été associée à des perturbations dans l'absorption de la vitamine B12 et de l'acide folique, ce qui peut contribuer à des niveaux élevés d'homocystéine.

Les infections par H. pylori et EBV sont connues pour leur association avec le développement du cancer gastrique, soulignant l'importance d'études supplémentaires sur la co-infection.

En conclusion, cette étude suggère que l'évaluation des niveaux d'homocystéine, de vitamine B12 et d'acide folique pourrait servir de biomarqueurs utiles pour le dépistage précoce et la surveillance du cancer gastrique.

Ces résultats renforcent l'importance de ces substances dans la carcinogenèse gastrique et leur potentiel en tant qu'outils de diagnostic cliniques.  

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Source(s) :
Alcântara FF, Sant'Anna CC, Alcântara DDFÁ, Cohen-Paes AN, Soares PC, Assumpção PP, Imbiriba MMBG, Burbano RMR. Homocystein, Vitamin B12 and Folic Acid as Screening Biomarkers in Early Diagnosis and Gastric Cancer Monitoring. Med Sci (Basel). 2024 May 6;1 ;

30/05/2024

L’indice triglycéride-glucose et le risque de fragilité

Endocrinologie et métabolisme

La fragilité est un syndrome gériatrique associé à une vulnérabilité accrue aux stress externes. Elle affecte entre 7 % et 24 % des personnes âgées et est associée à une diminution de la masse musculaire. La fragilité augmente les risques de chutes, d'incapacité, d'hospitalisation et de mortalité, représentant ainsi une menace majeure pour la santé publique.

L'insulinorésistance, caractérisée par une sensibilité réduite à l'insuline, est impliquée dans la genèse de nombreuses pathologies telles que la stéatose hépatique non alcoolique, le diabète sucré, les maladies cardiovasculaires et les troubles cognitifs. L'indice triglycéride-glucose (TyG), calculé à partir des niveaux de triglycérides à jeun et de glucose à jeun, est un indicateur fiable de l'insulinorésistance.

Dans cette étude, les chercheurs ont exploré les relations entre l’indice TyG et divers paramètres associés à la fragilité, en tenant compte des indices associés tels que le rapport triglycéride-glucose-tour de taille (TyG-WC), le rapport TyG-taille (TyG-WHtR), et le rapport TyG-indice de masse corporelle (TyG-BMI).

Des analyses de régression logistique binaire et stratifiées ont été menées.

Les résultats ont montré que l'indice TyG et ses indices associés étaient positivement corrélés à la fragilité. Les quartiles les plus élevés de TyG, TyG-WC, TyG-WHtR et TyG-BMI étaient significativement associés à une prévalence accrue de la fragilité.

Les auteurs ont conclu que des niveaux élevés de TyG et de ses indices associés étaient liés à une prévalence accrue de la fragilité.

En conclusion, cette étude souligne l'importance de surveiller et de gérer l'indice TyG et ses indices associés pour prévenir la fragilité chez les populations âgées.

Les interventions ciblant le contrôle de la glycémie, des lipides et de l'obésité abdominale pourraient être bénéfiques pour réduire l'incidence de la fragilité.

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Source(s) :
Yin H, Guo L, Zhu W, Li W, Zhou Y, Wei W, Liang M. Association of the triglyceride-glucose index and its related parameters with frailty. Lipids Health Dis. 2024 May 21;23(1):150. doi: 10.1186/s12944-024-02147-4. PMID: 38773587; PMCID: PMC11107008. ;

Le cancer du rein représente plus de 13 000 cas par an en France touchant deux fois plus les hommes que les femmes. Le syndrome métabolique se traduit par la présence de plusieurs troubles physiologiques dont l’hypertension, l’obésité, la dyslipidémie, l’hypertriglycéridémie et l’hyperglycémie.

Les chercheurs ont exploré le lien entre le syndrome métabolique et le risque de développer un cancer du rein à l’aide de données issues de la UK BioBank, comprenant plus de 300 000 individus âgés de 37 à 73 ans.

Des modèles de régression de Cox ont été utilisés pour calculer les ratios de risque ajustés pour divers facteurs, y compris l'âge, le sexe, l'ethnicité, le statut socio-économique, les habitudes de vie, et l'indice de masse corporelle (IMC). Des analyses de sous-groupes ont été effectuées pour explorer les différences selon le sexe, l'âge, l'IMC, le statut tabagique et le statut de consommation d'alcool.

Parmi les 355 678 participants, 1 203 ont développé un cancer du rein au cours d'un suivi médian de 11 ans. Les participants avec un syndrome métabolique avaient un risque significativement plus élevé de cancer du rein par rapport aux participants métaboliquement sains. Le risque augmentait proportionnellement au nombre d’anomalies métaboliques présentes.

Les résultats ont également montré que les individus ayant à la fois un syndrome métabolique et un risque génétique élevé (évalué par un score de risque polygénique, PRS) avaient le risque le plus élevé de cancer du rein.

Cette étude prospective a mis en évidence un lien étroit entre le syndrome métabolique et le risque de cancer du rein, renforçant l'hypothèse que les anomalies métaboliques jouent un rôle crucial dans le développement du cancer du rein.

Cette étude conclut que le statut métabolique est associé à un risque accru de cancer du rein, avec l'hypertension, la dyslipidémie et l'obésité identifiées comme les principaux facteurs de risque métabolique. Ces résultats offrent de nouvelles perspectives sur l'étiologie du cancer du rein et soulignent l'importance d'inclure l'état métabolique dans les stratégies de prévention primaire.  

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Source(s) :
Wang L, Du H, Sheng C, Dai H, Chen K. Association between metabolic syndrome and kidney cancer risk: a prospective cohort study. Lipids Health Dis. 2024 May 17;23(1):142. doi: 10.1186/s12944-024-02138-5. PMID: 38760801; PMCID: PMC11100063. ;

La constipation peut être évoquée lorsque le rythme habituel d’émission de selles est perturbé : moins de trois selles par semaine. La prévalence mondiale de la constipation est estimée à environ 14%. Elle touche davantage les femmes que les hommes.  

Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés à la relation entre la consommation de vitamine B1 (thiamine) dans l’alimentation et l’incidence de la constipation chronique chez les adultes.  

Cette étude a inclus 10 371 adultes âgés de 20 ans et plus, qui ont fourni des informations détaillées sur leurs habitudes alimentaires.

L’analyse de régression logistique multiple a montré que l’augmentation de la consommation alimentaire de vitamine B1 était associée à une réduction significative du risque de constipation.
 

Ces résultats suggèrent qu'une consommation accrue de vitamine B1 pourrait faciliter des selles plus molles et une augmentation du péristaltisme colique, ce qui pourrait expliquer la réduction de la constipation.

Cette étude démontre une corrélation inverse entre la consommation de vitamine B1 dans l'alimentation et la prévalence de la constipation chronique chez les adultes, particulièrement chez les hommes, les non-hypertendus, et les non-diabétiques. Les résultats suggèrent que l'amélioration de l'apport alimentaire en vitamine B1 pourrait constituer une approche thérapeutique potentielle pour la gestion de la constipation. 

Les chercheurs recommandent que les professionnels de la santé encouragent une alimentation équilibrée riche en vitamine B1 avant d’envisager des interventions médicales pour traiter la constipation.


La thiamine joue donc un rôle crucial dans le métabolisme énergétique, et une carence en thiamine peut entraîner des symptômes gastro-intestinaux tels que la constipation. En soutenant les fonctions métaboliques essentielles, la vitamine B1 pourrait améliorer la motilité intestinale et réduire les symptômes de la constipation.  

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Source(s) :
Du W, Lu L, Liu Y, Yan Y, La R, Wu Q, Xu J, Zhou X. The association between dietary vitamin B1 intake and constipation: a population-based study. BMC Gastroenterol. 2024 May 17;24(1):171. doi: 10.1186/s12876-024-03255-2. PMID: 38760704; PMCID: PMC11100033 ;

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme de plus de 50 ans. Actuellement, la survie globale d’un patient atteint de cancer de la prostate métastatique résistant à la castration est évaluée à 36 mois.

Les approches thérapeutiques actuelles de première ligne pour lutter contre ce cancer comprennent notamment les antiandrogènes avec l’abiratérone et la chimiothérapie avec docétaxel et cabazitaxel.

L’étude menée par Duojie Zhang et al a examiné ces stratégies thérapeutiques de première ligne à travers une méta-analyse de réseau. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’efficacité relative et la sécurité de ces stratégies thérapeutiques.

L’efficacité a été comparée en termes de survie globale et d’incidence d’événements indésirables graves.

Les résultats de cette étude ont révélé que les combinaisons de docétaxel+prednisone et de cabazitaxel+prednisone amélioraient significativement la survie globale contrairement à l’abiratérone.

La combinaison de cabazitaxel + prednisone a été recommandée comme choix primaire pour le traitement de première ligne du cancer de la prostate métastatique résistant à la castration en raison de son profil de sécurité favorable et de son efficacité comparable à des doses plus élevées.

Cette étude a également souligné l’importance de considérer les caractéristiques moléculaires et génétiques des tumeurs pour optimiser les résultats chez les patients.

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Source(s) :
Zhang D, Weng H, Zhu Z, Gong W, Ma Y. Evaluating first-line therapeutic strategies for metastatic castration-resistant prostate cancer: a comprehensive network meta-analysis and systematic review. Front Oncol. 2024 Apr 15;14:1378993. doi: 10.3389/fonc.202 ;

14/05/2024

La migraine et le microbiote intestinal

Gastro-entérologie et Hépatologie

Les crises de migraines sont considérées comme une maladie neurologique. Outre les facteurs génétiques et environnementaux, le microbiote intestinal pourrait être impliqué dans l’apparition de ces crises. De récentes études ont montré qu’une dysbiose du microbiote intestinal pouvait affecter la libération de neurotransmetteurs et de médiateurs inflammatoires. Cette dysbiose pourrait ainsi augmenter le risque de migraine.  

Dans cette étude, les chercheurs ont évalué le lien entre le microbiote intestinal et la migraine à l’aide d’une approche de randomisation mendélienne.

Les résultats de cette étude ont montré que certaines espèces présentes dans le microbiote intestinal, telle que Lachnospiraceae, étaient associées à un risque accru de migraine tandis que d’autres espèces, comme Blautia et Eubacterium, étaient associées à une réduction du risque de migraine.

De plus, des voies métaboliques spécifiques liées à la synthèse de la méthionine et de l’hydrocinnamate de plasma, un métabolite influencé par Blautia et Bacteroides fragilis, ont également été associées à un risque réduit de migraine.  
  
Les auteurs concluent que certains composants du microbiote intestinal peuvent jouer un rôle dans la modulation du risque de migraine, soulignant l'importance de l'axe intestin-cerveau dans la pathologie de la migraine.

Cette étude offre de nouvelles perspectives sur les cibles potentielles pour les interventions thérapeutiques visant à traiter ou à prévenir la migraine en modulant le microbiote intestinal.  

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Source(s) :
Qu, K., Li, M., Lin, G., Cui, Z., Li, J., Yang, R., & Ming, D. (2024). To analyze the relationship between gut microbiota, metabolites and migraine: a two-sample Mendelian randomization study. Frontiers in Microbiology, 15 ;

La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) est une maladie qui se caractérise par une accumulation de graisses dans le foie, en dehors de toute consommation excessive d’alcool. Le stade avancé de cette maladie est appelé « la stéato-hépatite non alcoolique » (NASH).

Dans cette étude, les modifications du microbiote intestinal associées à la progression de la NAFLD vers la NASH ont été analysées dans le but de mieux comprendre les différences entre les microbiotes de patients atteints de NAFLD et de NASH.

La composition du microbiote intestinal a été comparée chez trois groupes, des témoins sains, des patients atteints de NAFLD et des patients atteints de NASH. Elle a été recueillie grâce à la technique de séquençage d’ARNr sur des participants recrutés à l’Hôpital de Médecine traditionnelle chinoise de Shenzhen ayant fourni des échantillons de selles.

Une baisse significative de la diversité de la flore intestinale a été observée chez les patients atteints de NAFLD et de NASH avec une abondance plus élevée de « Bacteroidetes » et « Fusobacteria ». Inversement, une abondance plus faible de « Firmicutes » a été retrouvée chez ces patients.

Une diminution significative de « Prevotella » a été constatée chez les patients atteints de NAFLD tandis qu’une augmentation de « Megamonas » et « Fusobacterium » a été notée chez les patients atteints de NASH.

Cette étude met en évidence les changements importants dans la composition du microbiote intestinal dans la progression de la NAFLD vers la NASH. Elle propose des solutions qui pourraient faciliter la découverte de nouveaux biomarqueurs et cibles thérapeutiques pour lutter contre la NAFLD.

En conclusion, les auteurs de cette étude suggèrent que des interventions basées sur le microbiome pourraient être développés pour prévenir ou traiter cette maladie de manière non invasive.  

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Source(s) :
Huang, F., Lyu, B., Xie, F., Li, F., Xing, Y., Han, Z., Lai, J., Ma, J., Zou, Y., Zeng, H., Xu, Z., Gao, P., Luo, Y., Bolund, L., Tong, G., & Fengping, X. (2024). From gut to liver: unveiling the differences of intestinal microbiota in NAFL and NASH patie ;

La lombalgie est une douleur au niveau des vertèbres lombaires, en bas du dos. Elle peut être de courte ou de longue durée. Cette douleur a une forte incidence sur la mobilité et peut avoir des conséquences assez néfastes sur la qualité de vie.

Ici, des chercheurs ont effectué une étude transversale sur 17,084 personnes âgées de 15 ans et plus. Une régression logistique multivariée binaire a été réalisée pour étudier les facteurs associés à l’apparition de la lombalgie. Des analyses post hoc en complément ont été menées pour évaluer l’effet médiateur des symptômes dépressifs sur l’apparition de la lombalgie en fonction du sexe.

Les résultats de cette étude transversale ont montré que les personnes âgées avaient une incidence plus élevée de développer une lombalgie, essentiellement les femmes âgées.

Outre le sexe et l’âge, le surpoids et l’obésité ont également été identifiés comme des facteurs favorisant l’apparition de la lombalgie.

Les analyses post hoc ont révélé que les symptômes dépressifs avaient un effet médiateur partiel sur la relation entre le sexe et la lombalgie. Les femmes sont plus dépressives que les hommes, augmentant ainsi le risque d’avoir une lombalgie. Les symptômes dépressifs pourraient expliquer une partie de l’association entre le sexe féminin et une plus grande prévalence de lombalgie.

Cibler la dépression pourrait donc réduire la prévalence de la lombalgie en particulier chez les femmes. Les facteurs comportementaux, comme l'indice de masse corporelle, jouent également un rôle important, soulignant le besoin de stratégies de prévention et de traitement intégrées qui adressent à la fois les aspects physiques et mentaux de la santé.  

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Source(s) :
Yıldız, N.G., Aydin, H.Z., Sambo, G. et al. The mediating role of depressive symptoms among Turkish population related to gender and low back pain: evidence from a national health survey. BMC Public Health ;

Le système rénine-angiotensine est un système hormonal qui régule la pression artérielle. En plus du contrôle de cette pression artérielle, ce système hormonal interagit de manière complexe avec le système dopaminergique. Cette interaction est particulièrement intéressante dans le contexte de la neurodégénérescence notamment dans la maladie de Parkinson.

La protéine principale du système rénine-angiotensine, l’angiotensine II, agit via deux récepteurs principaux couplés aux protéines G, les récepteurs AT1 et AT2. L’activation du récepteur AT1 est associée à des effets pro-oxydants et pro-inflammatoires. Ces effets favorisent le stress oxydatif et l’inflammation neurologique, qui sont fortement impliqués dans la pathogénèse de la maladie de Parkinson. A l’inverse, l’activation du récepteur AT2 permet de limiter le stress oxydatif et l’inflammation neurologique.

Un dérèglement du système rénine-angiotensine, plus particulièrement un déséquilibre en faveur de l’axe pro-oxydatif/pro-inflammatoire, a été observé chez plusieurs modèles animaux et patients atteints de la maladie de Parkinson. Il a été corrélé à une progression accélérée de la dégénérescence des neurones dopaminergiques.  

L’activation de l’axe anti-oxydatif par le récepteur AT2 ou l’inhibition de l’axe pro-oxydatif semblent constituer des stratégies thérapeutiques importantes pour lutter contre la maladie de Parkinson.

En conclusion de cette étude, le système rénine-angiotensine joue un rôle crucial dans la régulation de processus neurodégénératifs. Il pourrait être une cible prometteuse pour le développement de stratégies thérapeutiques qui visent à atténuer la progression de la maladie de Parkinson.

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Source(s) :
Labandeira-Garcia, J.L., Labandeira, C.M., Guerra, M.J. et al. The role of the brain renin-angiotensin system in Parkinson´s disease. Transl Neurodegener 13, 22 (2024). ;

Les cellules souches mésenchymateuses jouent un rôle crucial dans la régénération des tissus et la modulation du système immunitaire. Elles sécrètent des facteurs bioactifs qui interviennent dans la réparation des tissus et la réduction de l'inflammation. Elles sont particulièrement importantes pour lutter contre le vieillissement du thymus.

Avec l'âge, le thymus subit une involution caractérisée par une production réduite de lymphocytes. Cette diminution s’explique par un nombre moins important de cellules épithéliales thymiques.

Dans le cadre d'une étude, des macaques âgés ont été traités avec des cellules souches mésenchymateuses. L'approche méthodologique comprenait l'administration de ces cellules souches mésenchymateuses par injection intraveineuse dans la veine fémorale. Les modifications induites par ces cellules ont été évaluées via des méthodes histologiques et moléculaires telles que la coloration à l'hématoxyline et à l'éosine, l'immunofluorescence, et les tests de dosage par ELISA.


Les résultats ont montré une amélioration significative de la structure et de la fonction du thymus chez ces macaques âgés. Les analyses de méthylation de l'ADN ont révélé des modifications épigénétiques significatives. La méthylation a été augmentée dans les régions de 501 gènes et a diminuée dans les régions de 591 gènes. Ces modifications épigénétiques ont été associées à une régulation négative ou positive de la croissance cellulaire et prolifération.

Les cellules souches mésenchymateuses permettent donc d’inverser les signes du vieillissement thymique via des modifications épigénétiques ciblées. Les mécanismes moléculaires sous-jacents incluent des ajustements dans les profils de méthylation de l'ADN qui régulent l'expression génique des cellules épithéliales thymiques. Ces ajustements permettent de réduire l’apoptose des cellules.

Nouvelle stratégie prometteuse pour lutter contre le vieillissement du thymus…  

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Source(s) :
Yang, Z., Tian, C., He, Z., Zhu, X., He, J., Pan, H., Li, Y., Ruan, G., Wu, X., & Pan, X. (2024). Mesenchymal stem cells reverse thymus aging by reprogramming the DNA methylation of thymic epithelial cells. Regenerative Therapy, 27, 126‑169 ;

L'activité physique régulière est fortement recommandée pour la santé du cœur, du corps et de l’esprit. Une activité physique suffisante aide à maintenir un poids corporel sain, à réduire l'inflammation et à améliorer le métabolisme. Elle contribue à prévenir ou à mieux traiter la plupart des maladies telles que les maladies gastro-intestinales et les maladies du foie. A l’inverse, un comportement sédentaire favorise l’apparition de ces maladies.

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé une méthode de randomisation mendélienne pour analyser la corrélation entre l'activité physique, le comportement sédentaire et les maladies gastro-intestinales et hépatiques.  

Une étude d’association pangénomique a permis de mettre en évidence le temps d’exposition aux écrans, qui est un indicateur d’un mode de vie sédentaire, et la pratique d’une activité physique d’intensité modérée à vigoureuse. Une randomisation mendélienne multivariable a été mise en place pour ajuster les effets croisés possibles et les facteurs confondants comme le tabagisme et la consommation d’alcool.


Les résultats de cette étude ont indiqué qu’un temps d’exposition plus long aux écrans était associé à un risque accru de développer plusieurs maladies gastro-intestinales telles que le reflux gastro-œsophagien, les ulcères gastriques et duodénaux, la gastrite chronique et diverses maladies du foie.
A contrario, une pratique régulière d’une activité physique d’intensité modérée à vigoureuse était associée à une prévalence plus faible de développer ces maladies.

Ces associations ont été validées par plusieurs analyses robustes de sensibilité, renforçant la validité des conclusions. Plusieurs approches complémentaires ont également été menées pour assurer la robustesse de ces résultats.


Ces résultats permettent de mettre en évidence l’importance de la pratique régulière d’une activité physique et d’un comportement actif pour prévenir diverses maladies gastro-intestinales et hépatiques. Les médecins sont encouragés à conseiller leurs patients à avoir un mode de vie actif pour améliorer leur santé gastro-intestinale et hépatique.     

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Source(s) :
Chen, J., Ruan, X., Fu, T., Lu, S., Gill, D., He, Z., Burgess, S., Giovannucci, E. L., Larsson, S. C., Deng, M., Yuan, S., & Li, X. (2024). Sedentary lifestyle, physical activity, and gastrointestinal diseases: evidence from mendelian randomization analys ;