Revues de presse


12/04/2021

Reprendre une vie normale dès l’automne grâce à la vaccination ?

Infectiologie

A la fin mars 2021, environ 20% des Français ont été contaminés par le SRAS-CoV-2. L’institut Pasteur a développé des modèles mathématiques pour établir la stratégie vaccinale française. Les vaccins réduisent d’environ 90% la survenue de formes graves de la maladie et d’environ 80% le risque d’infection. Pour retrouver une vie normale, il faut passer en dessous des 1000 admissions journalières. Pour un RO=4 (RO élevé mais lié au variant britannique, désormais majoritaire en France), il faudrait que 90% des + de 18 ans soient vaccinés pour qu’un relâchement total des mesures soit envisageable. En revanche, si les enfants étaient inclus dans la campagne, il suffirait que 60 à 69% des 0-64 ans et 90% des + de 65 ans soient vaccinés. Cependant, à ce jour, nous ne disposons pas de données sur la sécurité et l’efficacité du vaccin chez les enfants.     

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Source(s) :
Institu Pasteur, le 06/04/2021 ;

12/04/2021

Le groupe sanguin ne jouerait finalement aucun rôle dans l’infection à la Covid-19

Infectiologie

Les symptômes provoqués par la Covid-19 sont extrêmement variables d’une personne à l’autre. De nombreuses équipes essayent de comprendre la variabilité inter-individuelle, notamment en étudiant le groupe sanguin des patients.  Une première étude chinoise avait suggéré que les personnes du groupe sanguin A étaient moins susceptibles de présenter des symptômes de la Covid-19 que les personnes du groupe sanguin O. Depuis d’autres études sont sorties et apportent des résultats contradictoires. Ici, les auteurs présentent les résultats d’une nouvelle étude portant sur 107 796 patients testés positifs au SRAS-CoV-2. Les résultats montrent que le risque d’hospitalisation est plus élevé chez les personnes de sexe masculin, et chez les personnes âgées. En revanche, le groupe sanguin ne semble jouer aucun rôle : ni sur l’infection, ni sur l’hospitalisation, ni sur la sévérité des symptômes.

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Source(s) :
JAMA, publié le 05/04/2021 ;

06/04/2021

Le variant Henri Mondor, un nouveau variant découvert à l’APHP

Infectiologie

Un nouveau variant du SRAS-CoV-2 a été découvert à l’APHP. Ce variant est caractérisé par des mutations localisées dans la protéine « spike ». La protéine « spike » joue un rôle clef dans l’infection. Elle est impliquée dans l’entrée du virus dans la cellule. Et surtout, elle est la cible des anticorps induits par l’infection naturelle ou par la vaccination. Au 2 mars, ce variant représente 1.8% des prélèvements séquencés en France. Il a été détecté simultanément dans plusieurs régions de France : Ile de France, Sud-Est, et Sud-Ouest. Si des différences dans la résistance aux vaccins, la contagiosité ou la mortalité en comparaison avec la souche sauvage ne sont pas connues, cette découverte souligne l’importance de la surveillance de l’émergence de nouveaux variants.

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Source(s) :
Emerging infectious disesase, publié le 30/03/2021 ;

06/04/2021

Cancer du sein, un nouveau gène identifié

Oncologie

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Certains cancers du sein sont hormono-dépendants, c’est-à-dire que la tumeur exprime des récepteurs hormonaux. Ce type de tumeur, très fréquente, est soignée par un traitement antihormonal. Le gène AAMDC est un nouvel oncogène amplifié dans certaines tumeurs hormono-dépendantes particulièrement agressives. Ce gène régule l’expression de plusieurs enzymes métaboliques, il est impliqué dans le métabolisme des lipides. Lorsque ce gène s’exprime, il active la voie PI3K-AKT-mTOR, ce qui entraine une croissance tumorale importante, indépendante de la privation d’hormones. Ceci pourrait expliquer l’échappement au traitement antihormonal de certaines tumeurs du sien hormono-dépendantes. AAMDC fonctionne comme un kit de survie, et permet aux cellules cancéreuses de continuer leur multiplication, même en cas de privation d’œstrogènes. Ceci pourrait expliquer l’échappement au traitement de certains cancers du sein hormono-dépendants. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques. Pour les tumeurs hormono-dépendantes exprimant AAMDC, il pourrait être possible de compléter l’hormonothérapie par un traitement par inhibiteur de PI3K-mTOR.

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Source(s) :
Nature Communication, publié le 26/03/2021 ;

30/03/2021

La crise sanitaire transforme durablement l’organisation des congrès médicaux

Santé publique et médecine sociale

De plus en plus de congrès médicaux se tiennent en virtuel. Ce nouveau mode de fonctionnement est-il durable ? Certains professionnels de santé se réjouissent de cette évolution. En effet, les congrès virtuels représentent un gain considérable en temps, en énergie et en frais. Pour les orateurs, il faut faire preuve d’imagination pour maintenir la concentration des auditeurs. Pour les organisateurs, il s’agit de mettre au point des plateformes permettant le live et l’hébergement des replays pendant une longue durée. Le mode virtuel permet aux participants de sélectionner les communications orales les plus pertinentes pour leur pratique.  Il devient également possible de participer à un plus grand nombre de congrès, en tant que participant ou en tant qu’orateur, sans contraintes géographiques. Le modèle virtuel pour les congrès médicaux semble s’imposer au-delà de la crise sanitaire. 

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Source(s) :
Les echos, publié le 24/03/2021 ;

30/03/2021

Un nouveau test facile, rapide et peu couteux pour le Covid-19

Allergologie et Immunologie

Les tests sérologiques actuellement disponibles pour détecter le Covid-19 nécessitent du matériel coûteux et ne sont déployés à grande échelle que dans les pays industrialisés. Un nouveau test s’appuie sur l’hémagglutination des globules rouges. Le test nécessite un réactif composé d’une protéine associant un anticorps reconnaissant les globules rouges et un anticorps reconnaissant le SRAS-CoV-2. Le réactif mis en contact avec du sang contaminé va donc rapidement former un agglomérat, visible à l’œil nu. Le sang est prélevé à l’aide d’une piqure au bout du doigt. Le réactif se transporte à température ambiante et il est peu coûteux : 0,3 centimes d’euro par test. La sensibilité du test a été estimée à 90% (n=400), il y a donc une possibilité de faux négatif. La spécificité atteint quant à elle les 99%, la possibilité de faux positif est faible. Cette technologie, peu coûteuse et facile à mettre en œuvre, serait aisément transposable à d’autres pathologies.

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Source(s) :
Nature Communication, publié le 29/03/2021 ;

19/03/2021

Le virus SRAS-CoV-2 logé dans le cœur de patients décédés.

Cardiologie et Médecine vasculaire

75% de personnes décédées du SRAS-CoV-2 hébergeaient le virus dans leur tissu cardiaque selon une étude. La méthode pour détecter le virus dans le tissu cardiaque est l’hybridation in situ et le profilage transcriptomique. Cette technique permettrait de détecter l’ARN malgré la paraffine, utilisée pour la préservation et enrobant les tissus, contrairement à la RT-PCR.  Seuls les patients présentant le virus dans le tissu cardiaque ont développé des problèmes cardiaques comme des fibrillations auriculaires ou des problèmes de rythme. Néanmoins, à ce stade, il n’est pas possible de savoir si le cœur est une cible du virus ou si des cellules infectées par le virus ont réussi à atteindre le cœur.

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Source(s) :
Science, publié le 17/03/2021 ;

19/03/2021

Recréer un embryon au laboratoire au stade blastocyte

Biologie Médicale

Le stade blastocyte de l’embryon humain est un stade clé du développement. Ce stade dure quelques jours seulement et démarre 5 jours après la fécondation. Le blastocyte peut se diviser en deux pour donner une grossesse gémellaire. Beaucoup de fausses couches se produisent à ce moment-là. Des chercheurs ont réussi à reproduire ce stade en amenant des cellules humaines à former des grappes. Cette prouesse pourrait permettre de mieux comprendre le développement embryonnaire et, par exemple, pourquoi un nombre important de FIV échouent Au stade blastocyte, les premières cellules spécialisées apparaissent. C’est aussi à ce moment-là que l’embryon s’implante dans la muqueuse utérine. Pour reproduire un blastocyte humain, des cellules souches embryonnaires ont été utilisées. Stimulées en culture, elles sont capables de se regrouper en amas. Mais l’utilisation de cellules souches embryonnaires pose des problèmes éthiques. Il est également possible d’utiliser des cellules souches pluripotentes induites (iPS) issues de fibroblastes de la peau. En effet, il est possible de convertir des cellules matures en cellules souches, qui ont les mêmes capacités que les cellules souches embryonnaires. L’équipe a réussi à reproduire des blastocytes avec des iPS. Une autre équipe a utilisé un stade intermédiaire entre les fibroblastes de la peau et les cellules iPS. Ce stade intermédiaire permet également de reproduire des blastocytes en laboratoire. Ce type de recherche pose néanmoins des questions éthiques. Dans de nombreux pays, il n’est pas possible de cultiver des blastocytes plus de 14 jours. Ce délai a été respecté par chacune des équipes ayant réussi à reproduire des blastocytes au laboratoire. 

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Source(s) :
Science, publié le 17 mars 2021 ;

05/03/2021

Digitalisation des essais cliniques pour plus de rapidité

Santé publique et médecine sociale

Le développement d’un vaccin ou d’un médicament est long et couteux. Et le Covid-19 nous l’a montré : parfois, il y a une urgence planétaire. Comment l’intelligence artificielle peut-elle aider à réduire les délais et donc les coûts ?
- Une start-up, Health Tech Station, basée à Tours a développé un logiciel de simulation d’un nouveau genre. Celui-ci simule l’interaction d’un anticorps avec son antigène, grâce au deep-learning. Deux semaines de calculs avec ce logiciel remplacent 6 à 12 mois d’essais biologiques. Ces essais virtuels, in silico, seraient capables de remplacer les essais habituels, in vitro.
-  Une start-up parisienne, Iktos, utilise l’intelligence artificielle pour prédire l’efficacité de molécules. Ainsi, les étapes de screening de molécules sont accélérées.
- Une start-up lyonnaise, NovaDiscovery, propose de simuler sur un organisme virtuel une maladie et son traitement.

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Source(s) :
L'usine Nouvelle, publié le 04 mars 2021 ;

11/03/2021

Prédire le Covid long ?

Allergologie et Immunologie

De plus en plus de patients se plaignent de Covid long. La prévalence et les facteurs de risque du Covid long sont mal connus. Les auteurs de cette étude ont analysé 4 182 cas de Covid. La durée des symptômes est de :
- ≥ 28 jours pour 558 patients (13,3 %),
- ≥ 8 semaines pour 189 patients (4,5 %),
- ≥ 12 semaines pour 95 patients (2,3 %).
Les symptômes rapportés par les patients souffrant de Covid long sont de la fatigue, des maux de tête, des dyspnées et l’anosmie. Les patients les plus à risque de faire un Covid long sont les personnes plus âgées, les personnes avec un IMC élevé ou bien les personnes de sexe féminin.  
Les auteurs ont observé que :
- Si durant la première semaine de la maladie le patient a eu plus de 5 symptômes, il a plus de chances de faire un Covid long.
- Les symptômes les plus prédictifs d’un Covid long étaient : de la fatigue, des maux de tête, de la dyspnée, une voix enrouée et des douleurs musculaires.
Les auteurs ont créé un modèle prédictif comprenant les symptômes observés durant la 1ière semaine, des données personnelles et les comorbidités. Ce modèle permet de prévoir au jour 7 si le patient va faire un Covid long ou non. Il pourrait être un outil précoce d’aide à la prise en charge des patients Covid.

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Source(s) :
Nature Medecine, publié le 10 mars 2021 ;

11/03/2021

Un essai clinique de phase zéro utilisant l’ARN interférent pour traiter les glioblastomes

Oncologie

Le glioblastome est un cancer très difficile à traiter, notamment à cause de la barrière hémato-encéphalique. L’objectif de cet essai est d’évaluer l’innocuité du médicament NU-0129 perfusé chez les patients atteints de glioblastome multiforme ou gliosarcome. Il s’agit d’acides nucléiques sphériques (SNAs). Ceux-ci sont composés de nanoparticules d’or sphérique conjuguées à de petits oligonucléotides interférents. Les ARN interférents se lient aux ARNm pour empêcher leur traduction. C’est l’inhibition post-transcriptionnelle des gènes.  
L’ARN interférent utilisé ici cible l’oncogène Bcl2L12. Des études toxicologiques ont d’abord été réalisées chez des singes.
Puis, un essai chez l’homme a été mené. Une faible dose de NU-0129 a été administrée chez 8 patients atteints de GBM récurrent. NU-0129 est capable de passer la barrière hemato-encéphalique et s’accumule dans la tumeur. Le niveau de protéine Bcl2L12 a également diminué. Ces résultats sont encourageants pour le traitement du glioblastome.  

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Source(s) :
Science Translationnal Medecine, publié le 10/03/2021 ;

12/03/2021

Vaginose bactérienne et infertilité

Gynécologie et Obstétrique

Le microbiote vaginal constitue une protection contre les bactéries pathogènes et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles). Le microbiote est un équilibre entre germes aérobies et germes anaérobies. Dans une vaginose bactérienne, il y a un manque de lactobacilles et une trop grande quantité de bactérie anaérobies, comme Gardnerella vaginalis, Megasphaera  spp et Atopobium Vaginae. Une vaginose bactérienne peut avoir des complications graves comme l’infertilité. Des études ont montré un lien entre vaginose bactérienne et infertilité, en particulier infertilité tubaire :
-  Une étude a montré que la vaginose bactérienne est fortement liée à l'infertilité tubaire.
- Dans un groupe de femmes toutes infertiles, la vaginose bactérienne était présente chez 31,5 % de femmes atteintes d'une infertilité tubaire et 19,7 % des femmes atteintes d'une autre infertilité.
- La vaginose bactérienne est 3,3 fois plus élevée chez les femmes infertiles que chez les femmes en fin de grossesse selon une étude.
Un traitement de la vaginose bactérienne pourrait améliorer les chances de concevoir.

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Source(s) :
American Journal of Obstetrics and Gynecology, publié le 10/03/2021 ;