20/02/2026
Hypertension artérielle : les tensiomètres radar pour plus de précision
Cardiologie et Médecine Vasculaire
L’hypertension artérielle (HTA) est le principal facteur de risque cardiovasculaire mondial, associé à des maladies ischémiques, des accidents vasculaires cérébraux et des insuffisances rénales. Malgré sa prévalence élevée et ses conséquences cliniques graves, l’identification et le suivi de l’HTA sont entravés par des mesures ponctuelles et parfois imprécises des appareils traditionnels à brassard.
La mesure précise de la pression artérielle est la pierre angulaire du dépistage, du suivi et de la prise en charge de l’hypertension. Les dispositifs classiques, comme le sphygmomanomètre à brassard, sont fiables mais ne permettent que des mesures ponctuelles et peuvent être inconfortables, ce qui limite leur usage continu ou en contexte ambulatoire.
Limites des mesures intermittentes
Face aux limites des méthodes traditionnelles, la revue publiée le 13 février 2026 dans The Lancet Digital Health explore l’état de l’art des tensiomètres radar sans brassard : des dispositifs capables d’estimer la pression artérielle sans contact, en continu et de manière potentiellement moins intrusive que les méthodes conventionnelles.
L’objectif principal est d’évaluer si ces technologies basées sur des capteurs radar (notamment des radars millimétriques), offrent une précision suffisante pour mesurer la pression artérielle, de manière comparable aux standards cliniques actuels, tout en étant adaptées à un usage quotidien ou à long terme.
Évaluation des technologies radar cuffless
Une recherche a été réalisée dans plusieurs bases de données bibliographiques (PubMed, MEDLINE, IEEE Xplore, Google Scholar, Cochrane Library, Web of Science, medRxiv, bioRxiv) pour identifier les publications pertinentes sur les technologies radar appliquées à la mesure de la pression artérielle, de janvier 1990 à août 2024. Les critères d’inclusion étaient des études comparant des dispositifs radar à des références standards avec brassard. Au total, 23 articles répondant aux critères d’éligibilité ont été inclus dans la synthèse.
Les technologies analysées s’appuient sur des ondes électromagnétiques (y compris des radars millimétriques) pour capter à distance des signaux physiologiques liés au pouls ou à la propagation de l’onde de pouls. Ces signaux sont ensuite traités par des algorithmes physiques ou basés sur l’apprentissage automatique pour dériver des estimations de pression systolique et diastolique sans contact direct.
Un dispositif précis de surveillance non invasive
Les résultats de cette revue montrent que :
- Les radars peuvent détecter des vibrations submillimétriques liées à l’activité cardiaque qui sont corrélées à la pression artérielle.
- Plusieurs prototypes atteignent une précision encourageante en laboratoire, avec des erreurs moyennes inférieures ou proches des seuils cliniques généralement acceptés (par exemple, des erreurs du même ordre que celles des méthodes sans brassard validées).
- Les études varient en termes de méthodes de traitement du signal, d’algorithmes utilisés et de population étudiée, ce qui complique les comparaisons directes entre dispositifs.
L’intégration de tensiomètres radar sans brassard représente une avancée potentielle significative pour la surveillance continue et non invasive de la pression artérielle, susceptible d’améliorer le dépistage précoce, la stratification du risque et l’ajustement thérapeutique dans l’HTA.
Preuves cliniques encore limitées
Cependant, des défis importants subsistent. La plupart des travaux ont été réalisés sur un faible nombre de sujets, dans des environnements contrôlés, et souvent chez des individus sans hypertension sévère. La diversité des protocoles expérimentaux et l’absence de normes universelles de validation rendent difficile l’évaluation définitive de la performance clinique de ces systèmes.
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À propos de l'auteure – Elodie Vaz Journaliste en santé, diplômée du CFPJ en 2023 Élodie, explore les empreintes que les maladies laissent sur les corps et, plus largement, sur la vie humaine. Infirmière diplômée d’État en 2010, elle a passé douze ans au chevet des patients avant de troquer son stéthoscope contre un carnet de notes. Elle interroge depuis les liens qui unissent environnement et santé, convaincue que la vitalité du vivant ne se résume pas à celle des Hommes.
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