Précédent Suivant

Les kilos des fêtes : petits excès, grands effets ?

Endocrinologie et métabolisme

Chaque année, les périodes de fêtes — notamment Noël, Nouvel An, Thanksgiving ou la Golden Week — sont synonymes de convivialité, de repos... et souvent d’excès alimentaires. De nombreux adultes rapportent une légère prise de poids durant ces moments festifs. Si ce phénomène est largement reconnu de manière empirique, il a pourtant été peu quantifié de façon rigoureuse. Or, même modeste, une prise de poids répétée annuellement pourrait constituer un mécanisme silencieux mais puissant de gain pondéral progressif, contribuant à l’augmentation du surpoids et de l’obésité dans la population générale. Les données disponibles jusqu’ici souffraient de limites méthodologiques importantes : mesures peu fréquentes, auto-déclarées ou issues de petits échantillons non représentatifs. Dans ce contexte, cette étude a été initiée afin de mesurer objectivement et en continu l’effet des fêtes sur le poids corporel, à l’échelle internationale. Elle repose sur l’analyse de données issues de balances connectées, utilisées quotidiennement par des participants dans trois pays aux cultures alimentaires différentes — États-Unis, Allemagne et Japon — sur une période couvrant toute une année. Combien prend-on vraiment pendant les fêtes ? Dans cette étude, 2924 adultes ont été sélectionnés et équipés de balances Withings sur une période de 12 mois (2012-2013). Le poids a été mesuré quotidiennement, puis agrégé et normalisé. Les chercheurs se sont concentrés sur les variations de poids autour des fêtes majeures : Noël et Nouvel An, Thanksgiving, Pâques, et la Golden Week au Japon. Les résultats révèlent une prise de poids nette et rapide dans les jours qui suivent les fêtes. Aux États-Unis, les participants ont gagné en moyenne 0,4 % de leur poids corporel juste après Noël. En Allemagne, cette augmentation était encore plus marquée, atteignant 0,6 %, tandis qu’au Japon, la Golden Week a entraîné une hausse de 0,5 %. D’autres périodes festives, comme Thanksgiving et Pâques, ont également été associées à des gains pondéraux plus modestes, de l’ordre de 0,2 %. Ce qui ressort de façon particulièrement frappante, c’est que près de la moitié de cette prise de poids persiste plusieurs mois après les fêtes, sans retour spontané au poids initial. Même si le gain peut sembler minime — entre 0,5 et 1 kg en moyenne — il pourrait, en s’accumulant d’année en année, devenir une cause silencieuse mais significative de prise de poids chronique dans la population. Des écarts qui s'accumulent… lentement mais sûrement Les fêtes de fin d’année sont associées à une prise de poids modérée mais significative, observée dans plusieurs pays. Ce phénomène, souvent négligé, contribue probablement à une augmentation progressive du poids corporel lorsqu’il se répète d’année en année. Cette étude, fondée sur l’analyse de données issues de balances connectées utilisées quotidiennement, permet de quantifier de manière précise et objective ces variations saisonnières. Toutefois, des limites de cette étude persistent et justifient la poursuite de nouvelles recherches. Les participants, équipés d’objets connectés, sont probablement plus soucieux de leur santé que la population générale, ce qui pourrait sous-estimer le phénomène réel. L’absence d’informations sur le mode de vie (alimentation, activité physique, sommeil) limite l’interprétation des mécanismes sous-jacents. Les études futures devront inclure des populations plus diversifiées, intégrer des variables comportementales et socio-économiques, et évaluer des stratégies de prévention ciblées pour limiter la prise de poids pendant les périodes festives.

Source(s) :
Helander, E. E., et al. (2016). Weight gain over the holidays in three countries. New England Journal of Medicine, 375(12), 1200-1202 ;

Dernières revues


Vaccins anticancer : une révolution en marche ?

Le cancer reste l’une des principales causes de mortalité dans le mo...

Saisonnalité et santé mentale : comment l’hiver et l’été façonnent notre esprit

Par Carolina Lima | Publié le 6 janvier 2026 | 3 min de lecture<br>

Dépression hivernale : la vitamine D peut-elle éclairer notre humeur ?

La dépression saisonnière (SAD) est une forme récurrente de