Zanubrutinib : vers une nouvelle ère dans la LLC ?
Hématologie
La leucémie lymphoïde
chronique (LLC) est une hémopathie maligne caractérisée par l’accumulation
lente mais progressive de lymphocytes B matures dans le sang, la moelle
osseuse et les organes lymphoïdes. Bien que souvent indolente au début, la
maladie peut évoluer vers des formes plus agressives, avec un risque accru d’infections,
d’insuffisance médullaire et de transformation en lymphome de haut
grade.
La prise en charge standard
repose depuis plusieurs années sur des combinaisons de chimiothérapie et
d’anticorps monoclonaux, notamment le schéma bendamustine-rituximab
(BR). Ces traitements, bien que efficaces à court terme, présentent des toxicités
importantes, une tolérance limitée chez les patients âgés ou fragiles,
et une efficacité réduite dans les formes à haut risque génétique, comme
celles avec délétion 17p ou mutation de TP53.
Ces limites ont conduit au
développement de thérapies ciblées, notamment les inhibiteurs de la
tyrosine kinase de Bruton (BTK), qui bloquent une voie clé de la
signalisation des cellules B malignes. Le zanubrutinib, inhibiteur de
BTK de nouvelle génération, a été conçu pour offrir une inhibition plus
sélective, avec moins d’effets indésirables cardiovasculaires que
les molécules de première génération comme l’ibrutinib.
L’objectif de cette étude est de
comparer, dans une population de patients atteints de LLC non traités, l’efficacité
et la tolérance du zanubrutinib à celles de la combinaison BR, afin
d’évaluer la pertinence de cette nouvelle stratégie thérapeutique en première
ligne de traitement.
Moins de chimio, plus
d’efficacité ?
479 patients atteints de
LLC non préalablement traitée ont été intégrés à l’étude. Les patients sans
délétion 17p ont été randomisés 1:1 entre zanubrutinib en continu
et 6 cycles de bendamustine + rituximab. Une cohorte non randomisée
de 110 patients avec del(17p) a été traitée uniquement par zanubrutinib,
en raison de leur profil à haut risque. Le critère principal était la survie
sans progression (PFS). Les critères secondaires incluaient le taux de
réponse globale (ORR), la tolérance, et la survie globale (OS).
Chez les patients sans del(17p),
le zanubrutinib a significativement amélioré la PFS. À 36 mois, 85,5
% des patients sous zanubrutinib étaient sans progression, vs 69,5
%. Chez les patients avec délétion 17p, la PFS à 36 mois atteignait 79,4
%. Le bénéfice était constant quel que soit l’âge, le statut IGHV ou
la présence d’anomalies cytogénétiques.
Le taux de réponse globale
était similaire dans les deux groupes, mais la durée de réponse était nettement
prolongée sous zanubrutinib. Le traitement a aussi été mieux toléré,
avec moins d'effets secondaires de grade 3 ou plus, notamment en termes
de neutropénie et d’infections graves. Les effets indésirables les plus
fréquents sous zanubrutinib étaient des ecchymoses, des diarrhées et une
hypertension légère, avec un faible taux de fibrillation auriculaire
par rapport à d’autres BTKis comme l’ibrutinib.
Un cap franchi en première
ligne
La LLC est une hémopathie
chronique caractérisée par l’accumulation de lymphocytes B anormaux, souvent
diagnostiquée chez des patients âgés. Sa prise en charge reste complexe,
notamment dans les formes à haut risque génétique et chez les patients
fragiles. Cette étude avait pour objectif de comparer le zanubrutinib,
inhibiteur de BTK de nouvelle génération, au traitement standard bendamustine-rituximab,
en première ligne chez des patients naïfs de traitement.
Les résultats confirment une efficacité
supérieure du zanubrutinib en termes de survie sans progression,
avec une meilleure tolérance globale, y compris chez les patients
porteurs de délétion 17p. Toutefois, des limites de cette étude persistent
et justifient la poursuite de nouvelles recherches. Ces recherches incluront
des comparaisons directes avec d’autres inhibiteurs de BTK, notamment
l’ibrutinib, ainsi que des études en vie réelle et à long terme.
L’objectif sera d’évaluer l’impact du zanubrutinib sur la survie globale,
la qualité de vie, et la gestion des effets indésirables. Ces
données seront essentielles pour définir la meilleure stratégie
thérapeutique personnalisée en première ligne.
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