Alimentation végétale : un frein à la progression du cancer de la prostate ?
4 novembre 2025 · Par Lila Rouland
Le cancer de la prostate est la seconde tumeur maligne la plus fréquente chez l’homme. Malgré les progrès thérapeutiques, la gestion post-diagnostique de la maladie reste un enjeu majeur, en particulier en ce qui concerne les facteurs modifiables, tels que le régime alimentaire. Si les aliments d’origine végétale sont reconnus pour leu
Par Lila Rouland | Publié le 4 novembre 2025 | 3 min de lecture
Le cancer de la prostate est la seconde tumeur maligne la plus
fréquente chez l’homme. Malgré les progrès thérapeutiques, la gestion post-diagnostique de la maladie reste un enjeu majeur, en
particulier en ce qui concerne les facteurs modifiables, tels que
le régime
alimentaire. Si les aliments d’origine végétale sont reconnus pour leur rôle dans la
prévention primaire, leur impact sur la progression de la maladie une fois le diagnostic établi demeure incertain.
Cette étude de cohorte
prospective américaine vise à évaluer l’association entre l’alimentation végétale post-diagnostic et le risque de progression du cancer de la prostate ou de mortalité spécifique. L’objectif
est de déterminer si adopter une alimentation principalement végétale après le
diagnostic pourrait ralentir l’évolution clinique de la maladie.
Une
alimentation végétale peut-elle freiner la progression du cancer de la prostate
?
Menée auprès
de 2062 hommes atteints d’un cancer de la prostate non métastatique,
cette étude utilise les données du registre CaPSURE. Tous les
participants ont rempli un questionnaire alimentaire validé entre 2004
et 2016. Deux indices alimentaires ont été analysés :
PDI (Plant-Based Diet Index) : consommation totale d’aliments végétaux,
qu’ils soient sains ou moins sains.
hPDI (healthful PDI) : focalisé uniquement sur les aliments
végétaux bénéfiques (fruits, légumes, grains entiers, légumineuses,
huiles végétales).
Les événements
cliniques considérés comme progression incluent : récidive biologique, traitement
secondaire, métastases osseuses ou décès lié au cancer.
Données clés
Sur un suivi
médiande 6,5 ans, 190 événements de progression ont été recensés. Les
résultats montrent que les hommes ayant les scores les plus élevés de PDI
ont un risque de progression réduit de 47 % comparé à ceux avec le score
le plus faible (HR = 0,53 ; IC95 % : 0,37–0,74 ; p-trend = 0,003). En revanche, aucune
association significative globale n’a été observée avec le hPDI. Toutefois,
chez les hommes ayant un score de Gleason ≥ 7, un hPDI élevé était
associé à 55 % de réduction du risque de progression (HR = 0,45 ;
IC95 % : 0,25–0,81 ; p-trend = 0,01).
La mortalité
spécifique liée au cancer de la prostate (61 décès) n’a pas permis de conclure
fermement, faute de puissance statistique suffisante.
L’alimentation
végétale, un nouvel outil thérapeutique en oncologie ?
Cette étude
renforce l’idée qu’un régime riche en aliments végétaux pourrait jouer
un rôle clé dans la gestion post-diagnostic du cancer de la prostate.
Les bénéfices observés du PDI global soulignent que l’augmentation
des apports en végétaux, même ceux considérés comme moins sains, pourrait
contribuer à ralentir la progression tumorale. Les mécanismes
potentiels incluent la présence de composés phytochimiques, d’antioxydants,
une meilleure régulation de l’insuline et une réduction de l’inflammation
chronique. À l’inverse, les aliments d’origine animale, en particulier les produits
laitiers entiers et les viandes rouges, pourraient favoriser la progression
tumorale via la stimulation de l’IGF-1 et le stress oxydatif. Parmi les
limites, on note l’absence d’évaluation du régime pré-diagnostic, une
population essentiellement blanche et éduquée, et un risque de biais liés
aux comportements sains associés (activité physique, non-tabagisme).
Toutefois, l'étude présente une cohorte robuste, un suivi prolongé
et une stratégie d’ajustement rigoureuse. En perspective, ces résultats encouragent l’intégration d’un suivi
nutritionnel individualisé dans la prise en charge des patients atteints de
cancer de la prostate. De futures recherches devraient préciser les effets des
différents types d’aliments végétaux et leur interaction avec les traitements
oncologiques.
À propos de l'auteure – Lila Rouland Docteure en cancérologie, spécialisée en biotechnologies et marketing
Forte d’une double compétence scientifique et marketing, Lila met son expertise au service de l’innovation en santé. Après 5 années en recherche académique internationale, elle s’est tournée vers l’information médicale et scientifique en industrie pharmaceutique. Aujourd’hui rédactrice-conceptrice, elle s’attache à valoriser les savoirs scientifiques et à les transmettre avec clarté et pertinence aux professionnels de santé.
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Référence scientifique
Plant-Based Diets and Disease Progression in Men With Prostate Cancer. Liu VN, Van Blarigan EL, Zhang L, et al. JAMA Network Open. 2024;7(5):e249053.