Camrelizumab + apatinib : combo gagnant contre le TNBC ?
29 octobre 2025 · Par Ana Espino
Le cancer du sein triple négatif (TNBC) est l’un des sous-types les plus agressifs, touchant souvent des femmes jeunes. Il se caractérise par l’absence de récepteurs hormonaux, de surexpression de HER2, et par une forte propension à la récidive métastatique, notamment dans les premières années suivant le diagnostic. Insensible aux traite
Par Ana Espino | Publié le 29 octobre 2025 | 2 min de lecture
Le cancer du sein triple
négatif (TNBC) est l’un des sous-types les plus agressifs, touchant souvent
des femmes jeunes. Il se caractérise par l’absence derécepteurs
hormonaux, de surexpression de HER2, et par une forte propension à
la récidive métastatique, notamment dans les premières années suivant le
diagnostic. Insensible aux traitements ciblés classiques, il laisse les
patientes avec peu d’options thérapeutiques efficaces. Face à l’agressivité du TNBC et à
l’absence de cibles thérapeutiques spécifiques, de nouvelles stratégies sont
essentielles pour améliorer le pronostic. L’immunothérapie a
ouvert des perspectives, mais les résultats des essais avec les anticorps anti-PD-1
ou anti-PD-L1 en monothérapie restent décevants, notamment dans les
formes avancées. L’angiogenèse, fréquemment activée dans le TNBC, pourrait agir
en synergie avec l’immunomodulation et renforcer la réponse antitumorale. Dans ce contexte, cette étude a
été initiée de sorte à évaluer l’efficacité et la tolérance de
l’association camrelizumab (anti-PD-1) et apatinib (anti-VEGFR2)
chez des patientes atteintes de TNBC localement avancé ou métastatique,
en échec de chimiothérapie.
Une synergie qui change la
donne ?
40 patientes atteintes d’un TNBC
localement avancé ou métastatique, ayant déjà reçu une ou deux lignes de
chimiothérapie au maximum, ont été sélectionnées. Ces patientes ont été
traitées par une association de camrelizumab (200 mg en perfusion
intraveineuse toutes les 3 semaines) et apatinib (250 mg par voie orale,
en administration continue).
L’objectif principal était d’évaluer le taux de
réponse objective (ORR), avec comme critères secondaires la durée de
réponse, la survie sans progression (PFS), la survie globale (OS),
ainsi que la tolérance et l’exploration de biomarqueurs
immunologiques prédictifs de réponse. L’ORR a atteint 43,3 %,
incluant 2 réponses complètes et 15 réponses partielles. La durée
médiane de réponse s’établit à 8,3 mois, avec une PFS de 5,6
mois, et une OS de 13,6 mois. Le traitement a été globalement
bien toléré. Les effets indésirables les plus fréquents étaient l’hypertension
artérielle (40 %), la protéinurie (32,5 %) et la fatigue (30 %).
Des effets secondaires de grade ≥3 ont été observés chez 20 % des
patientes, sans décès liés au traitement.
Enfin, une analyse
exploratoire des biomarqueurs suggère que les patientes présentant une forte
infiltration tumorale en lymphocytes T CD8+ pourraient bénéficier davantage
du traitement, pointant vers un effet renforcé en présence d’une activation
immunitaire préexistante.
Vers une nouvelle arme dans
l’arsenal du TNBC ?
Le cancer du sein triple
négatif est marqué par une agressivité clinique élevée et le manque
de cibles thérapeutiques durables. Les options actuelles sont
limitées, et les taux de rechute précoces traduisent un besoin urgent
d’innovation. Dans ce contexte, les nouvelles pistes thérapeutiques
incluent l’immunothérapie et les inhibiteurs de l’angiogenèse,
qui, utilisées en association, pourraient potentialiser la réponse
antitumorale. Cette étude a été initiée
afin d’évaluer l’efficacité et la tolérance de l’association camrelizumab
(anti-PD-1) et apatinib (anti-VEGFR2) chez des patientes prétraitées
atteintes de TNBC localement avancé ou métastatique. Les résultats
montrent un taux de réponse encourageant, une survie prolongée, et un profil de
tolérance acceptable, suggérant un potentiel réel pour cette bi-association en
seconde ligne. Toutefois, des limites
importantes subsistent et justifient la poursuite de nouvelles recherches. Des essais
cliniques de plus grande envergure, randomisés et stratifiés
selon le profil immunologique tumoral, sont nécessaires pour confirmer
ces résultats et déterminer la place exacte de cette approche dans
l’arsenal thérapeutique du TNBC.
À propos de l'auteure – Ana Espino Docteure en immunologie, spécialisée en virologie Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
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Référence scientifique
Liu, X., et al. (2025). Exploratory phase II trial of an anti-PD-1 antibody camrelizumab combined with a VEGFR-2 inhibitor apatinib and chemotherapy as a neoadjuvant therapy for TNBC […]. Signal transduction and targeted therapy, 10(1), 237.