Cancer du sein : le rôle du mode de vie dans la réduction du risque
6 octobre 2025 · Par Carolina Lima
#SensibilisationAuCancerDuSein #OctobreRose #ActualitésOncologie Le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes dans le monde, et sa prévention demeure une priorité mondiale de santé publique. Si la prédisposition génétique — en particulier les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 — domine souvent le dis
#SensibilisationAuCancerDuSein #OctobreRose
#ActualitésOncologie
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment
diagnostiqué chez les femmes dans le monde, et sa prévention demeure une
priorité mondiale de santé publique. Si la prédisposition génétique — en particulier les mutations des gènes BRCA1
et BRCA2 — domine souvent le discours public, des données récentes
suggèrent que les facteurs liés au mode de vie influencent considérablement le
risque, même chez les personnes génétiquement prédisposées.Cet article résume les résultats de l’étude deZhang et
al. (2024), publiée dans le Journal of the National Cancer Institute
(JNCI), qui a évalué l’impact combiné du risque génétique et des
comportements liés au mode de vie sur le cancer du sein à début précoce.
Aperçu de l’étude
Zhang et al. ont mené une vaste étude de cohorte prospective
portant sur plus de 10 000 femmes afin d’évaluer comment le risque génétique et
les facteurs de mode de vie influencent conjointement l’incidence du cancer du
sein.
Le risque génétique a été quantifié à l’aide d’un score
de risque polygénique (PRS) basé sur plusieurs loci de susceptibilité. Les participantes ont été réparties en trois catégories : faible,
intermédiaire et élevé risque génétique.Le mode de vie a été évalué à l’aide d’un score composite
basé sur cinq facteurs modifiables :
Poids
corporel sain (IMC)
Activité
physique régulière
Consommation
limitée d’alcool
Non-tabagisme
Alimentation
équilibrée
Les femmes ont été classées selon un profil de mode de
vie favorable, intermédiaire ou défavorable. Le principal critère d’évaluation était l’incidence du diagnostic de cancer du
sein avant l’âge de 50 ans.
Principaux résultats
Le risque génétique est important, mais non
déterminant
Les femmes appartenant à la catégorie de risque génétique le
plus élevé présentaient un risque significativement accru de cancer du sein à
début précoce par rapport à celles du groupe à faible risque. Cependant, la
génétique seule n’expliquait pas toute la variation observée.
Le mode de vie exerce un effet indépendant importantDans tous les groupes de risque génétique, les femmes ayant
un mode de vie favorable présentaient un risque nettement plus faible de
développer un cancer du sein que celles ayant un mode de vie défavorable.
Chez les femmes à haut risque génétique, l’adoption d’un mode de vie sain
réduisait le risque relatif d’environ 40 %. Chez les femmes à haut risque génétique, l’adoption d’un mode de vie sain
réduisait le risque relatif d’environ 40 %.
L’impact combiné est puissant
Le risque le plus faible a été observé chez les femmes
combinant un faible risque génétique et un mode de vie favorable,
tandis que le risque le plus élevé concernait celles présentant à la fois un haut
risque génétique et un mode de vie défavorable. Fait essentiel : même les femmes ayant une forte susceptibilité génétique
bénéficiaient d’améliorations du mode de vie.
Implications cliniques
L’étude de Zhang et al. renforce un message fondamental : le
risque génétique ne neutralise pas les bienfaits des interventions sur le mode
de vie. Si les tests génétiques restent essentiels pour identifier les personnes à haut
risque, les stratégies de prévention ne doivent pas s’y limiter. Les professionnels de santé devraient encourager les
femmes à adopter des comportements de vie plus sains : maintenir un poids
normal, pratiquer une activité physique régulière, limiter la consommation
d’alcool, éviter le tabac et suivre une alimentation équilibrée. Ces actions simples peuvent réduire significativement le risque de cancer du
sein, même chez les femmes présentant une forte prédisposition génétique.
Réflexion finale
Il est peut-être temps de déplacer le discours :
passer de ce que les femmes ne peuvent pas changer à ce qu’elles peuvent
changer. La prévention du cancer du sein ne repose pas uniquement sur les tests
génétiques et l’imagerie, mais aussi — et surtout — sur les décisions
quotidiennes de mode de vie.En fournissant aux patientes des conseils pratiques et
fondés sur des preuves, les cliniciens peuvent jouer un rôle déterminant dans
la réduction de l’incidence mondiale du cancer du sein.
Carolina est spécialiste en anesthésiologie et nourrit une profonde passion pour l’apprentissage et le partage des connaissances médicales. Dévouée à l’avancement de sa discipline, la Dre Lima s’efforce d’apporter à la communauté médicale des perspectives nouvelles fondées sur les données probantes. Considérant la médecine non pas simplement comme une profession, mais comme un parcours d’apprentissage continu tout au long de la vie, la Dre Lima s’engage à rendre l’information complexe claire, pratique et utile pour les professionnels de santé du monde entier.
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Référence scientifique
Zhang X, et al. Genetic risk, health-associated lifestyle, and risk of early-onset breast cancer. JNCI: Journal of the National Cancer Institute. 2024;117(1):40–49.