#UV #CrèmeSolaire #Cancérologie #Cannabidiol #nCBD Les rayonnements UV-A sont un facteur majeur de photo-vieillissement cutané et de photocarcinogenèse, en raison de leur capacité à pénétrer profondément dans le derme. Contrairement aux UV-B, ils induisent peu d’érythème visible mais génèrent massivement des espèces réactives de l’oxygène, provoquant des lésions persistantes de l’ADN nucléaire et
Les rayonnements
UV-A sont un facteur majeur de photo-vieillissement cutané et de photocarcinogenèse,
en raison de leur capacité à pénétrer profondément dans le derme. Contrairement
aux UV-B, ils induisent peu d’érythème visible mais génèrent massivement des espèces
réactives de l’oxygène, provoquant des lésions persistantes de l’ADN
nucléaire et mitochondrial ainsi qu’une inflammation chronique. Parmi
les altérations les plus fréquentes, on retrouve l’oxydation de la base
8-oxoguanine et les délétions ND1 et ND4 de l’ADN mitochondrial. Ces lésions
sont directement liées au vieillissement accéléré de la peau et à un risque
plus élevé de cancer cutané. Dans ce contexte, l’utilisation
de filtres solaires constitue une piste préventive solide. Ces produits
agissent en absorbant, réfléchissant ou dispersant les rayons UV à la surface
de la peau, selon qu’ils contiennent des agents chimiques ou minéraux.
Les filtres UV-B sont généralement efficaces pour prévenir l’érythème et les
coups de soleil, mais les filtres UV-A, pourtant responsables de lésions
plus profondes, sont souvent moins performants. De fait, les
filtres solaires disponibles actuellement offrent une protection limitée
contre les UV-A, laissant subsister un besoin important de solutions
photoprotectrices plus performantes. Le cannabidiol (CBD), un composé
non psychotrope issu du chanvre, possède des propriétés antioxydantes et
anti-inflammatoires démontrées in vitro, notamment en conditions de stress
oxydatif induit par les UV. Cette étude a pour
objectif d’évaluer la capacité d’une crème topique à base de CBD
nanoencapsulé (nCBD) à limiter les dommages induits par les UV-A sur l’ADN,
tant nucléaire que mitochondrial.
CBD & UV
: écran ou illusion ?
Dans cette étude, 19
volontaires sains - types de peau I à III, âgés de 23 à 64 ans – ont été
sélectionnés et répartis aléatoirement en deux groupes :
Application de crème contenant du
nCBD sur un site cutané ;
Application de crème témoin (VC).
Les participants
ont appliqué ces traitements pendant 14 jours, deux fois par jour. Après
traitement, les deux zones ont été irradiées à 33 fois la dose érythémateuse
minimale (MED-A). Des biopsies ont été réalisées 24 heures plus tard pour
analyse histologique, immunohistochimique (IHC) et PCR ciblant les mutations
mtDNA.
Sur le plan
clinique, 21 % des participants présentaient un érythème réduit sur la zone
traitée par CBD. L’analyse histologique a montré que le nCBD réduisait
significativement l’hyperplasie épidermique, avec un taux moyen de 11,3 %
contre 28,7 % pour la crème témoin. En immunohistochimie, une diminution
significative de l’expression d’OGG1, un marqueur de lésion oxydative de l’ADN,
a également été observée sous traitement au nCBD.
Sur le plan
moléculaire, les délétions de l’ADN mitochondrial induites par les UV-A ont été
significativement réduites. La délétion ND4 a diminué de manière notable, tout
comme la délétion ND1. Enfin, l’analyse par PCR semi-quantitatif a mis en
évidence une tendance à la baisse de l’apparition du produit mutant de 762 pb
chez les sujets traités par nCBD, bien que cette différence ne soit pas
statistiquement significative.
Un protecteur
cutané de nouvelle génération ?
Le photo-vieillissement
est une conséquence directe et cumulative de l’exposition chronique aux UV-A.
Il se manifeste à la fois par des signes visibles et invisibles, comme les mutations
de l’ADN nucléaire et mitochondrial ou l’inflammation chronique, qui
favorisent la dégradation progressive des structures cutanées. L’un des
principaux défis actuels est de développer des stratégies de prévention
efficaces contre les UV-A, dont la capacité à pénétrer profondément dans la
peau dépasse celle des UV-B. Les filtres solaires classiques offrent une protection
partielle, en surface uniquement, et ne ciblent pas les dommages
moléculaires induits en profondeur. Dans ce contexte,
cette étude visait à évaluer l’efficacité d’un traitement topique innovant à
base de CBD nanoencapsulé, en ciblant des biomarqueurs précoces de
photodommages, tels que l’hyperplasie épidermique, l’expression d’OGG1 et
les délétions ND1/ND4 de l’ADN mitochondrial. Les résultats démontrent
que le nCBD réduit significativement ces altérations, souvent associées à un risque
accru de cancer cutané. Ces données suggèrent un potentiel
photoprotecteur du CBD, au niveau cellulaire et subcellulaire, au-delà de
la simple barrière physique offerte par les filtres UV. Cependant,
plusieurs limites doivent être prises en compte et suggèrent la mise en place
de nouvelles recherches. Des études complémentaires, sur des cohortes plus
larges et diversifiées, associant une comparaison active avec des
photoprotecteurs reconnus, ainsi qu’une analyse de sécurité à long terme,
seront indispensables pour confirmer ces résultats. Si ces données sont
consolidées, le CBD topique nanoencapsulé pourrait représenter une nouvelle
voie dans la prévention moléculaire du vieillissement cutané et des lésions
précancéreuses induites par les UV-A.
Réservé aux professionnels de santé, inscription gratuite.
Référence scientifique
McCormick, E. et al. (2024) Topical nanoencapsulated cannabidiol cream as an innovative strategy combating UV-A-induced nuclear and mitochondrial DNA injury: A pilot randomized clinical study. Journal of the American Academy of Dermatology, 91(5), 855–862