Des altérations structurales cérébrales induites par la Covid-19, y compris dans les formes légères ?
24 mars 2022
L’atteinte neurologique liée au SARS-CoV-2 est bien démontrée, et regroupe des entités variées, qu’elle soit d’origine neurovasculaire, neuro-inflammatoire, ou liée à une encéphalopathie virale. Chez les patients atteints de forme critique de Covid-19, les manifestations neurologiques sont volontiers liées à l’hypoxémie et défaillance systémique multiviscérale. Qu’en est-il en cas de forme légère
L’atteinte neurologique liée au SARS-CoV-2 est
bien démontrée, et regroupe des entités variées, qu’elle soit d’origine
neurovasculaire, neuro-inflammatoire, ou liée à une encéphalopathie virale.
Chez les patients atteints de forme critique de Covid-19, les manifestations
neurologiques sont volontiers liées à l’hypoxémie et défaillance systémique multiviscérale. Qu’en est-il en cas de forme
légère de Covid-19 ?
Une étude longitudinale de neuro-imagerie a fait l’objet
d’une publication avancée dans la revue Nature, et avait pour
objectif de comparer les données d'IRM cérébrales de 785
patients britanniques, âgés de 51 à 81 ans, et ayant bénéficié chacun de la
réalisation de deux IRM en moyenne à 3 ans
d’intervalle. Parmi ces patients, 401 étaient testés positifs au
SARS-CoV-2 entre les deux examens, et avaient bénéficié d’une deuxième IRM en moyenne 141 jours suivant le diagnostic de Covid-19. Ces patients
étaient appariés à 384 patients dits contrôles, sans antécédent d’infection à
SARS-CoV-2. Ainsi, les données évolutives pré et
post-infectieuses et comparatives entre les deux groupes étaient en
faveur des conclusions suivantes, chez les patients infectés par le
SARS-CoV-2 : - une réduction plus marquée de l'épaisseur
corticale orbitofrontale et du gyrus parahippocampique, - des lésions tissulaires plus importantes dans
les régions fonctionnelles du cortex olfactif primaire, - une atrophie cérébrale globale majorée. Par ailleurs, cliniquement, les patients infectés par le SARS-CoV-2 ont
présenté un déclin cognitif plus marqué dans l’intervalle entre les
deux examens d’imagerie. Enfin, ces données d'imagerie et les effets
cognitifs mis en évidence étaient toujours observés après exclusion des
15 patients hospitalisés.
Ces données d'imagerie cérébrale concernant
principalement les régions limbiques pourraient être la
traduction in vivo d'une atteinte dégénérative diffuse de la maladie via les
voies olfactives, d’événements d’origine neuro-inflammatoire ou de la perte
d'influx sensoriel liée à l'anosmie. La réversibilité de ces atteintes
neurologique ou leur persistance à long terme restent indéterminées, et
justifient bien entendu des travaux complémentaires.
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Référence scientifique
Douaud G, et al. SARS-CoV-2 is associated with changes in brain structure in UK Biobank. Nature. 2022 Mar 7.