Efficacité et tolérance des stimulants de l’appétit chez les patients atteints de mucoviscidose
6 octobre 2022
La perte chronique d’appétit dans la mucoviscidose (fibrose kystique) impacte la qualité de vie des patients et de leurs proches. Les stimulants de l’appétit sont utilisés pour aider les patients atteints d’anorexie chronique à maintenir un statut nutritionnel correct et un indice de masse corporel (IMC) optimal. Toutefois, ces agents sont connus pour leurs effets néfastes sur les fonctions cliniq
La perte chronique d’appétit dans
la mucoviscidose (fibrose kystique) impacte la qualité de vie des patients et de
leurs proches. Les stimulants de l’appétit sont utilisés pour aider les
patients atteints d’anorexie chronique à maintenir un statut nutritionnel
correct et un indice de masse corporel (IMC) optimal. Toutefois, ces agents
sont connus pour leurs effets néfastes sur les fonctions cliniques. Dans ce
contexte, une revue systématique de littérature a été menée pour faire le point
sur l’efficacité et la tolérance des stimulants de l’appétit dans la prise en
charge de l’anorexie associée à la mucoviscidose, au regard des dernières
connaissances acquises dans le domaine.
Pour réaliser cette revue
systématique, les chercheurs ont notamment compilé les données du Cochrane
Cystic Fibrosis and Genetic Disorders Group's Cystic Fibrosis Trials Register (jusqu’au
23 mai 2022) et celles des registres des essais cliniques (jusqu’au 10 mai 2022).
Les critères de sélection étaient les essais contrôlés randomisés et
quasi-randomisés des stimulants de l’appétit contre placebo, de différents
stimulants de l’appétit contre l’absence de traitement, ou encore des
stimulants de l’appétit à différentes doses ou modes d’administration. Les
stimulants de l’appétit devaient avoir été testés sur une période minimale d’un
mois chez des enfants ou des adultes atteints de mucoviscidose.
Au total, 4 essais regroupant un
total de 70 participants ont été inclus, comparant deux stimulants de l’appétit
(cyproheptadine hydrochloride et megestrol acetate) avec un placebo. Deux
essais avaient été menés chez les enfants, les deux autres sur une cohorte
mixte d’enfants et d’adultes sans que la proportion d’adultes et d’enfants ne
soit spécifiquement indiquée. La durée des essais variait de trois à six mois.
La méta-analyse de deux essais (42
participants) montre que les stimulants de l’appétit peuvent entraîner une
augmentation du poids à trois mois (différence moyenne de 1,25 kg entre le
groupe test et le groupe placebo (95% Cl 0.45 to 2.05)) et à 6 mois pour l’un
des essais (17 participants, différence moyenne de poids 3,8 kg (95% CI 1.27 to
6.33)). Aucune différence significative n’est observée entre les deux
stimulants de l’appétit testés.
L’analyse des données révèle que
les stimulants de l’appétit pourraient améliorer le poids et l’appétit sur le
court terme (jusqu’à 6 mois). Tous les stimulants de l’appétit sont connus pour
avoir des effets secondaires (troubles de la glycémie, fatigue, troubles de l’humeur,
troubles hépatiques, …), des effets qui peuvent contribuer à aggraver la
mucoviscidose. Malheureusement, ces effets sont insuffisamment rapportés dans
les essais. Les quatre essais rapportaient des éléments sur la fonction
pulmonaire sur une période de 2 à 9 mois. En considérant les données
analysables, deux essais (42 participants) trouvaient que les stimulants de
l’appétit ne pourraient que peu ou pas impacter le volume expiratoire maximal
par seconde à 3 mois, et un essai (17 participant) trouvait un résultat
similaire à 6 mois. Seulement un essai rapportait des données sur la qualité de
vie, indiquant que la cyproheptadine réduisait la fatigue chez deux
participants, contre aucun du groupe placebo. Une étude (25 participants) ne
trouvait aucune différence dans la prise énergétique entre les stimulants de
l’appétit ou le placebo à trois mois. Deux études (33 participants) rapportaient
des besoins en antibiotiques additionnels à trois mois entre les stimulants de
l’appétit et le placebo.
Les auteurs de l’étude ont établi
que la certitude de la preuve (établie à partir de l’approche GRADE) était
basse en raison du faible nombre de participants, d’un suivi incomplet ou
sélectif et de risques de biais. Les essais de cette revue sont d’une taille
trop faible pour déterminer si les deux stimulants de l’appétit peuvent être
utilisés de manière sûre pour améliorer le poids et l’appétit chez les patients
atteints de mucoviscidose. De nouvelles recherches sont nécessaires pour
identifier des moyens adaptés et objectifs d’évaluation de l’appétit, mais
aussi pour collecter suffisamment de données sur un nombre plus important de
patients.
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Référence scientifique
Diane McTavish and Judith Thornton. Appetite stimulants for people with cystic fibrosis. Cochrane Database of Systematic Reviews. September 2022.