Immunothérapie et Cancer de l’Ovaire : Vers une meilleure réponse au traitement ?
31 octobre 2024
Le cancer de l’ovaire est une pathologie grave, souvent diagnostiquée à un stade avancé, rendant son traitement difficile. L’immunothérapie, qui vise à stimuler le système immunitaire pour lutter contre le cancer, représente un espoir pour améliorer les résultats des traitements. Plus spécifiquement, la combinaison de l’immunothérapie avec les traitements actuels (inhibiteurs de PD-1 tels que le p
Le cancer de l’ovaire est une pathologie
grave, souvent diagnostiquée à un stade avancé, rendant son traitement
difficile. L’immunothérapie, qui vise à stimuler le système immunitaire pour
lutter contre le cancer, représente un espoir pour améliorer les résultats des
traitements. Plus spécifiquement, la combinaison de l’immunothérapie avec les traitements
actuels (inhibiteurs de PD-1 tels que le pembrolizumab), suscite un intérêt
croissant dans la recherche clinique. Néanmoins, bien que le cancer ovarien, en
particulier le carcinome séreux de haut grade (HGSC), soit caractérisé par une
forte immunogénicité, les réponses aux traitements par blocage de PD-1 restent
limitées, avec des taux de survie peu améliorés.
Cette étude a donc été initiée de
sorte à non seulement explorer les mécanismes d'immunorésistance dans le cancer
de l'ovaire, mais également proposer des pistes pour améliorer l'efficacité de
l'immunothérapie.
Quels effets pour le traitement
combiné NACT + Pembrolizumab ? Les chercheurs ont analysé des
échantillons de tumeurs provenant d’une étude clinique de phase II, dont
l’objectif était d’évaluer l’efficacité de la combinaison de la chimiothérapie
néoadjuvante (NACT) et du pembrolizumab
dans le traitement du cancer de l'ovaire de haut grade. Ils ont utilisé
une approche multi-omique, combinant l’analyse transcriptomique et
l’immunofluorescence multi-couleurs, pour comprendre l’impact du traitement sur
le microenvironnement tumoral et identifier des biomarqueurs prédictifs de
réponse à l'immunothérapie. L’étude a tout d’abord révélé que
la combinaison NACT/pembrolizumab est associé à une augmentation significative du nombre de cellules T intra-épithéliales CD8+PD-1+
dans le microenvironnement tumoral, un marqueur de l’activation
immunitaire. Aussi, certaines signatures moléculaires ont été associées à une résistance
accrue au traitement combiné. L’expression élevée de VEGFR2 sur les
cellules endothéliales tumorales est par exemple liée à une infiltration
immunitaire diminuée et à une survie réduite chez les patients sous traitement
combiné. De manière équivalente, des niveaux élevés de macrophages de type M2,
qui contribuent à un microenvironnement suppressif, ont montré une association
avec la résistance immunitaire et une survie plus courte. Enfin, le ratio
d’expression CD8B/FOXP3 et l’association des signatures géniques endothéliale
et monocytique se sont révélés prédictifs de la réponse au traitement combiné,
avec une précision élevée (AUC = 0,93). De nouvelles pistes pour
améliorer l'efficacité de l'immunothérapie dans le cancer de l’ovaire Cette étude souligne l'importance du microenvironnement tumoral
dans la réponse au traitement par immunothérapie dans le cancer de l'ovaire.
En ciblant spécifiquement les cellules T régulatrices et les cellules
endothéliales VEGFR2+, il serait possible de surmonter certains mécanismes d'immunorésistance et d'améliorer
l'efficacité des traitements. Des approches thérapeutiques combinées et le
développement d'inhibiteurs de VEGFR2 représentent ainsi des pistes
prometteuses pour maximiser les bénéfices cliniques de l'immunothérapie dans le
cancer de l’ovaire.
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Réservé aux professionnels de santé, inscription gratuite.
Référence scientifique
Le Saux, O., Ardin, M., Berthet, J. et al. Immunomic longitudinal profiling of the NeoPembrOv trial identifies drivers of immunoresistance in high-grade ovarian carcinoma. Nat Commun 15, 5932 (2024)