L’exercice combiné, une stratégie gagnante pour la forme cardiorespiratoire post-cancer du sein
29 décembre 2025 · Par Lila Rouland
Le cancer du sein, bien que de mieux en mieux traité, expose les patientes à un risque accru de toxicité cardiovasculaire liée aux traitements. Cette toxicité peut entraîner une baisse significative de la forme cardiorespiratoire (CRF), une composante essentielle de la santé globale, étroitement liée à la mortalité cardiovasculaire et
Par Lila Rouland | Publié le 29 décembre 2025 | 3 min de lecture
Le cancer du sein, bien
que de mieux en mieux traité, expose les patientes à un risque accru de toxicité
cardiovasculaire liée aux traitements. Cette toxicité peut entraîner une baisse
significative de la forme cardiorespiratoire (CRF), une composante
essentielle de la santé globale, étroitement liée à la mortalité
cardiovasculaire et globale. Malgré l’intérêt croissant pour les bénéfices
de l’activité physique chez les survivantes, aucune recommandation
claire ne permettait jusqu’à présent d’identifier le type d’exercice le
plus efficace pour améliorer la CRF. Cette revue systématique avec
méta-analyse en réseau bayésienne visait donc à comparer l’efficacité de 12
types d’exercices différents afin d’identifier le protocole optimal chez
les femmes survivantes d’un cancer du sein.
Mieux comprendre pour mieux
prescrire
Méthodologie rigoureuse : L’analyse
a inclus 41 essais contrôlés randomisés regroupant 2 606 participantes. Les
auteurs ont utilisé des outils statistiques avancés sous modèle bayésien pour
évaluer les différences moyennes (MD) de VO₂max, le gold standard de la CRF. Les interventions ont été
classées selon leur intensité, fréquence, durée, mode (continu ou
fractionné), et association ou non à un entraînement en résistance
musculaire.
Les types d'exercices les plus
efficaces comparés aux soins usuels étaient :
Entraînement aérobie modéré à vigoureux (M–V)
: amélioration significative de la CRF (MD : +3.4 ; 95% CrI : 1.9–5.0 ;
forte certitude).
Exercice combiné (M–V + RE) : combinaison
de cardio modéré à vigoureux et renforcement musculaire, offrant l'amélioration
la plus importante (MD : +4.3 ; 95% CrI : 2.5–6.1 ; certitude modérée).
De plus, M–V + RE surpassait
significativement le MICT (MD : +2.7 ; 95% CrI : 0.4–5.0), ce qui souligne
l’intérêt d’un programme mixte. Le classement SUCRA (Surface
Under the Cumulative Ranking Curve) plaçait M–V + RE en tête (88.15%),suivi
de HIIT + MICT (79.69%), puis de M–V seul (76.48%). Enfin, le moment d’initiation
de l’exercice (pendant ou après traitement) n’influençait pas
significativement les résultats, ce qui suggère que l’exercice est bénéfique
quel que soit le moment de sa mise en œuvre.
Parmi les limitations notables :
Manque de comparaisons directes entre exercices,
Taille d’échantillons souvent modeste,
Absence d’analyse approfondie sur les effets
secondaires ou l’observance.
Les perspectives de recherche
devraient désormais s’orienter vers des randomisés de plus grande envergure,
comparant directement les types d’exercices, en considérant aussi la
sécurité, la tolérance, et la faisabilité en pratique clinique. Il sera
également crucial d'intégrer les préférences des patientes, leur niveau
de fatigue et leurs contraintes personnelles dans la prescription.
À propos de l'auteure – Lila Rouland Docteure en cancérologie, spécialisée en biotechnologies et marketing
Forte d’une double compétence scientifique et marketing, Lila met son expertise au service de l’innovation en santé. Après 5 années en recherche académique internationale, elle s’est tournée vers l’information médicale et scientifique en industrie pharmaceutique. Aujourd’hui rédactrice-conceptrice, elle s’attache à valoriser les savoirs scientifiques et à les transmettre avec clarté et pertinence aux professionnels de santé.
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Référence scientifique
Zhou X, et al. Comparative Efficacy of Different Exercise Therapies for Cardiorespiratory Fitness in Breast Cancer Survivors: A Systematic Review and Bayesian Network Meta-analysis. Sports Medicine - Open. 2025; 11:67.