Microbiote maternel : lien materno-fœtal et mère-enfant
5 octobre 2021
Les effets du microbiote intestinal maternel pendant la grossesse ont été démontrés. En particulier, une dysbiose intestinale favoriserait l’inflammation locale, pouvant être en lien avec un risque de prématurité. Le microbiote pourrait également réguler l’absorption digestive pendant la grossesse, impactant la croissance fœtale.La prévalence de la prématurité et de l’hypotrophie néonatale est plu
Les effets du microbiote
intestinal maternel pendant la grossesse ont été démontrés. En particulier,
une dysbiose intestinale favoriserait l’inflammation locale, pouvant
être en lien avec un risque de prématurité. Le microbiote pourrait
également réguler l’absorption digestive pendant la grossesse, impactant la
croissance fœtale. La prévalence de la
prématurité et de l’hypotrophie néonatale est plus élevée dans les pays
sous-développés. Une récente étude a précisé le lien entre le microbiote
maternel fécal et l’âge gestationnel, le poids de naissance et la croissance néo-natale
au Zimbabwe. Il a été démontré que la colonisation à Blastoscystis sp,
Brachyspira sp, et Treponème était plus importante dans cette population que
dans les pays développés (Ethan Gough et al., EBioMedicine 2021). D’autres éléments suggèrent le
rôle du microbiote intestinal maternel dans le développement psychologique
du nourrisson et de l’enfant. Un régime riche en graisses induit des
modifications du microbiote intestinal maternel dans un modèle murin, et diminue
en particulier l’abondance de la flore de Lactobacillus r., entraînant la
baisse des taux d'ocytocine hypothalamiques de la descendance, et affectant négativement son comportement
social (Shelly Buffington et al, Cell 2016). Aussi, il a été démontré récemment
que les espèces Lachnospiraceae et Ruminococcaceae producteurs de butyrate
étaient plus importantes chez les mères d’enfants ayant un comportement normatif
(Samantha Dawson et al., EBioMedicine 2021). Par
ailleurs, il a longtemps été affirmé que le microbiote digestif du nourrisson
était constitué durant le travail, via le microbiote vaginal maternel, puisque
les nouveau-nés par césarienne présentaient des caractéristiques sensiblement
différentes du microbiote intestinal durant la petite enfance, par rapport aux
nouveau-nés par voie basse (plus faible abondance de Bacteroides observée chez
les nouveau-nés par césarienne). Cette théorie est remise en question suite à
de récentes études. Caroline Mitchell et al. (Cell Reports Medicine,
2020) a comparé le microbiote de nourrissons nés par voie basse ou par
césarienne programmée, avec des nourrissons nés par césarienne urgente. Les nourrissons
nés par césarienne avaient des taux détectables de Bacteroides au cours de
premiers jours de vie mais bien plus faibles après deux semaines de vie. Après
avoir comparé le microbiote des nourrissons et la flore bactérienne
d’échantillons maternels vaginaux ou rectaux, les auteurs ont confirmé que la
transmission bactérienne mère-enfant avait été réalisée par voie basse, mais
que l’origine maternelle semblait rectale plutôt que vaginale. Le microbiote humain est un
écosystème complexe, sous l’influence de nombreux facteurs génétiques et
environnementaux. Il est désormais démontré que le microbiote maternel
influence la grossesse, le développement fœtal voire plus généralement la santé
durant la petite enfance. Les mécanismes physio-pathologiques restent néanmoins
encore incertains.
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