#ScléroseEnPlaques #Microbiote #Immunité #Probiotiques La sclérose en plaques (SEP) est une pathologie neurologique auto-immune, caractérisée par une inflammation chronique du système nerveux central (SNC) et une destruction progressive de la myéline entourant les fibres nerveuses. Cette démyélinisation entrave la conduction des influx nerveux, entraînant des troubles moteurs, sensitifs, cognitifs
La sclérose en
plaques (SEP) est une pathologie neurologique auto-immune,
caractérisée par une inflammation chronique du système nerveux
central (SNC) et une destruction progressive de la myéline entourant
les fibres nerveuses. Cette démyélinisation entrave la conduction des influx
nerveux, entraînant des troubles moteurs, sensitifs, cognitifs et visuels. Bien
que les origines exactes de la maladie restent encore incomplètement comprises,
un consensus scientifique se dessine autour du rôle clé des dérèglements
immunitaires. En particulier, l’activation anormale de lymphocytes,
la production excessive de cytokines pro-inflammatoires ou bien le stress
oxydatif, sont reconnus comme des moteurs essentiels de la réponse
inflammatoire responsable des lésions neurologiques. Ces dernières
années, une nouvelle piste a émergé dans le champ des recherches sur la SEP :
le microbiote intestinal. Ce vaste écosystème bactérien est désormais
reconnu pour sa capacité à dialoguer en permanence avec le système immunitaire
et le cerveau via l’« axe intestin-cerveau ». Plusieurs études
expérimentales et cliniques ont mis en lumière une dysbiose intestinale chez
les patients atteints de SEP, suggérant que l’altération du microbiote
pourrait favoriser un environnement inflammatoire propice à l’activation
auto-immune.
C’est dans ce
contexte qu’interviennent les probiotiques : des micro-organismes vivants, le
plus souvent des bactéries lactiques, capables de restaurer l’équilibre du
microbiote et de moduler favorablement la réponse immunitaire. Proposés comme
piste thérapeutique innovante dans les maladies inflammatoires chroniques, ils
suscitent un intérêt croissant en neurologie. Cette étude s’est précisément
attachée à faire la synthèse des données disponibles, issues à la fois d’études
précliniques (modèles animaux de SEP) et d’essais cliniques chez l’humain, pour
évaluer le potentiel réel des probiotiques dans la modulation de la progression
de la SEP.
Le microbiote
à la rescousse ?
Pour évaluer de
manière exhaustive l’effet des probiotiques sur la sclérose en plaques, 23
études ont été incluses dans cette analyse, dont 17 menées sur des modèles
animaux (EAE) et 6 en population humaine. Les probiotiques évalués incluaient
principalement des souches de Lactobacillus, Bifidobacterium, Prevotella
et Bacillus. Deux groupes ont été comparés :
Le groupe probiotique : les participants (animaux ou humains) ont reçu des probiotiques,
comme Lactobacillus ou Bifidobacterium, pendant plusieurs
semaines.
Le groupe contrôle : ce groupe n’a pas reçu de probiotiques (placebo ou aucun
traitement).
Chez l’animal, les
probiotiques ont démontré un effet immunomodulateur et anti-inflammatoire robuste.
Leur administration a conduit à une diminution marquée des cytokines
pro-inflammatoires, telles que l’interféron gamma, le facteur de nécrose
tumorale alpha et l’interleukine 17. Parallèlement, une élévation notable de
l’interleukine 10, cytokine anti-inflammatoire majeure, a été observée dans
plusieurs études. Sur le plan clinique, les animaux traités présentaient des
scores symptomatiques significativement réduits par rapport aux groupes
témoins, traduisant une atténuation de la sévérité de la maladie. D’un
point de vue immunologique, les probiotiques ont également permis de rééquilibrer
le ratio lymphocytes T et d’augmenter la proportion de cellules T
régulatrices (Treg), connues pour leur rôle dans la tolérance immunitaire. Chez l’humain, les
résultats vont dans le même sens. Ces essais ont mis en évidence une réduction
du score EDSS, indicateur de la progression du handicap neurologique dans
la SEP. Une baisse des taux de cytokines pro-inflammatoires a été
rapportée, de même que des modifications favorables de la composition du
microbiote intestinal. Ces observations suggèrent un effet potentiel des
probiotiques sur l’environnement inflammatoire et l’axe intestin-cerveau
chez les patients atteints de SEP.
Des bactéries
pleines d’avenir
La sclérose en
plaques est une pathologie auto-immune du système nerveux central,
caractérisée par une inflammation chronique et une démyélinisation
progressive, à l’origine de handicaps neurologiques souvent sévères. L’un
des mécanismes clés de cette maladie repose sur une dérégulation du système
immunitaire, marquée par une activation excessive des lymphocytes Th1 et
Th17. En ciblant cet équilibre, les probiotiques – par leur capacité à moduler
l’immunité et restaurer la composition du microbiote intestinal – pourraient
représenter une approche thérapeutique complémentaire, naturelle et non
invasive dans le traitement de la SEP. C’est précisément
ce que cette étude s’est attachée à explorer : évaluer l’efficacité
potentielle des probiotiques dans la réduction de la progression de la SEP. Les
résultats sont prometteurs, en particulier chez l’animal, où les
probiotiques réduisent l’inflammation, améliorent les paramètres cliniques et
favorisent l’activation des cellules T régulatrices. Chez l’humain, les
premières données suggèrent un effet bénéfique sur les marqueurs
inflammatoires et la sévérité clinique.
Bien que les
probiotiques constituent une piste majeure dans la modulation de l’immunité
chez les patients atteints de sclérose en plaques, leur efficacité réelle reste
à confirmer. Des études cliniques de plus grande ampleur, standardisées, sont
encore nécessaires pour valider leur place dans la prise en charge
thérapeutique.
Réservé aux professionnels de santé, inscription gratuite.
Référence scientifique
Zangeneh, Z., et al. (2025). The potential effectiveness of probiotics in reducing multiple sclerosis progression in preclinical and clinical studies: A worldwide systematic review and meta-analysis. PloS one, 20(4), e0319755