Par Ana Espino | Publié le 5 mai 2026 | 4 min de lecture
La rhinite allergique est une maladie chronique fréquente
caractérisée par une inflammation des voies aériennes supérieures, avec un
impact important sur la qualité de vie, la productivité scolaire et
professionnelle ainsi que les activités sociales. Elle est souvent associée à
l’asthme, ce qui renforce son poids clinique et en fait une pathologie majeure
de santé publique. Malgré l’existence de recommandations et de nombreuses
options thérapeutiques, la prise en charge reste limitée par une forte variabilité
interindividuelle dans les réponses aux traitements, une adhérence souvent
insuffisante, ainsi que des contraintes d’accessibilité et de coût selon les
contextes.
À cela s’ajoutent des lacunes dans les données disponibles
pour certaines populations et pour certaines comparaisons thérapeutiques. Ces
éléments rendent la prise en charge complexe et soulignent la nécessité
d’approches plus personnalisées. Dans ce contexte, les principaux défis
résident dans l’intégration de nouvelles sources de données (notamment issues
du mHealth), la prise en compte des préférences des patients, ainsi que
l’évaluation globale des traitements au-delà de leur seule efficacité clinique.
L’objectif de cette étude est donc de proposer une mise à
jour des recommandations ARIA 2024–2025 concernant les traitements intranasaux,
en s’appuyant sur une méthodologie rigoureuse (GRADE) et sur des données
diversifiées, afin d’améliorer la prise de décision clinique dans une approche
centrée sur le patient.
Quel spray est le plus efficace
Les recommandations ont été élaborées selon le cadre GRADE
(Evidence-to-Decision). Plusieurs sources de données, incluant des essais
randomisés, des données de pharmacovigilance, des données en vie réelle issues
d’applications mHealth, ainsi qu’une analyse des préférences des patients ont
été sélectionnées. Onze questions cliniques prioritaires portant sur les
traitements intranasaux ont été sélectionnées. Les critères analysés incluaient
l’efficacité (symptômes nasaux et oculaires, qualité de vie) et la sécurité
(effets indésirables).
Les résultats confirment que les corticostéroïdes
intranasaux constituent une base essentielle du traitement de la rhinite
allergique en raison de leur efficacité et de leur bon profil de tolérance. Les
antihistaminiques intranasaux sont également efficaces, bien que légèrement
moins performants. Les associations antihistaminiques -corticostéroïdes
intranasaux offrent les meilleurs résultats, avec une efficacité supérieure, un
début d’action plus rapide et une meilleure satisfaction des patients.
A contrario, les décongestionnants intranasaux
présentent un intérêt limité, en particulier à long terme, en raison d’une
efficacité modeste et d’un risque accru d’effets indésirables, ce qui restreint
leur utilisation à des périodes très courtes.
Globalement, les traitements sont bien tolérés, avec peu
d’effets indésirables graves. Cependant, l’efficacité réelle dépend fortement
de facteurs tels que l’adhérence, l’acceptabilité du traitement, les
préférences des patients et les contraintes économiques, qui jouent un rôle
déterminant dans le choix thérapeutique.
Le bon traitement, au bon patient
La rhinite allergique est une pathologie chronique fréquente
dont la prise en charge reste complexe en raison de sa variabilité et des
contraintes associées. Les défis principaux concernent l’adaptation des
traitements aux profils des patients, l’amélioration de l’adhérence et la prise
en compte des aspects économiques et contextuels. L’objectif de cette mise à
jour était de proposer des recommandations plus robustes et centrées sur le
patient.
Les résultats soutiennent l’utilisation préférentielle des
combinaisons d’antihistaminiques et de corticostéroïdes intranasaux.
Au-delà d’une simple mise à jour de recommandations, cette
étude marque une étape vers une prise en charge plus personnalisée de la
rhinite allergique. Les patients présentant des symptômes plus sévères ou
insuffisamment contrôlés pourraient notamment tirer un bénéfice particulier des
combinaisons thérapeutiques intranasales, en particulier celles associant
antihistaminiques et corticostéroïdes.
« L’enjeu n’est plus seulement de traiter la rhinite
allergique, mais d’adapter le bon traitement au bon patient, en tenant compte
de ses préférences, de son contexte et de son profil clinique », soulignent les
auteurs.
Reste désormais à confirmer ces approches dans des
populations plus diversifiées, à mieux intégrer les données en vie réelle et à
affiner les stratégies thérapeutiques, dans une perspective de médecine de
précision appliquée aux maladies respiratoires.
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À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la
recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie
et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et
accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des
décisions éclairées grâce à une communication percutante.