Schizophrénie : quand le sucre joue avec le cerveau
14 août 2025 · Par Ana Espino
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Par Ana Espino | Publié le 14 Août 2025| 2 min de lecture
La schizophrénie est un trouble
psychiatrique sévère caractérisé par des symptômes psychotiques, des
altérations cognitives et un dysfonctionnement global du fonctionnement social
et professionnel. Parmi les nombreuses comorbidités associées, les troubles
métaboliques — en particulier l’altération de la régulation du glucose —
occupent une place centrale. Ces anomalies, souvent présentes dès les premiers
stades de la maladie, sont liées à la fois aux effets des antipsychotiques
et à des facteurs physiopathologiques propres à la schizophrénie. Les traitements actuels disponibles
visent principalement à réduire les symptômes psychotiques, mais l’impact
sur les troubles métaboliques et les fonctions cognitives reste limité. Les
déficits cognitifs sont parmi les principaux déterminants du handicap
fonctionnel, et pourraient être aggravés par des anomalies de l’homéostasie
glucidique. Un défi majeur consiste donc à mieux comprendre le lien entre
régulation du glucose et performances cognitives dans la schizophrénie, afin
d’identifier des cibles thérapeutiques potentielles et d’améliorer la prise en
charge globale.
Dans ce contexte, cette étude a
été initiée de sorte à évaluer l’association entre paramètres métaboliques
(glycémie, insuline, HOMA-IR) et performances cognitives dans différents
domaines chez des patients atteints de schizophrénie.
Et si la glycémie dictait
nos pensées ?
175 patients diagnostiqués
avec schizophrénie, évalués sur le plan métabolique et cognitif,
ont été inclus dans l’étude. Les mesures métaboliques comprenaient la glycémie
à jeun, l’insulinémie et l’indice HOMA-IR (Homeostasis
Model Assessment of Insulin Resistance). Les fonctions cognitives ont été
évaluées à l’aide d’une batterie standardisée couvrant la mémoire
verbale et visuelle, l’attention, la vitesse de traitement,
les fonctions exécutives et les capacités motrices. Les analyses révèlent que des
niveaux plus élevés de glycémie et d’insulinémie à jeun, ainsi qu’un HOMA-IR
plus élevé, sont significativement associés à de moins bonnes
performances dans plusieursdomaines cognitifs, en particulier la mémoire
verbale, l’attention soutenue et la vitesse de traitement.
Ces associations persistent après ajustement pour l’âge, le sexe,
l’IMC, la durée de la maladie et le traitement antipsychotique.
Les résultats suggèrent un effet potentiel de la résistance à l’insuline
sur la dégradation cognitive, indépendamment des autres facteurs
cliniques.
Prendre soin du métabolisme
pour protéger l’esprit
La schizophrénie est un
trouble psychiatrique sévère qui, au-delà de ses manifestations psychotiques,
s’accompagne fréquemment de troubles métaboliques pouvant altérer lesfonctions
cognitives. Le principal défi réside dans la prise en compte conjointe
des dimensions psychiatriques et métaboliques pour préserver le fonctionnement
global des patients. L’objectif de cette étude était
d’explorer le lien entre homéostasie glucidique et performances
cognitives, afin d’identifier de nouvelles pistes de prise en charge
intégrée. Les résultats mettent en évidence une association significative
entre altération de la régulation du glucose et déficits cognitifs,
notamment en mémoire verbale et en attention, suggérant qu’une surveillance
métabolique précoce pourrait contribuer à préserver les capacités
cognitives et améliorer le pronostic fonctionnel.
Des études longitudinales
seront nécessaires pour confirmer ces résultats et favoriser l’intégration
systématique du suivi métabolique dans la prise en charge psychiatrique.
Elles ouvriront également la voie au développement de stratégies
thérapeutiques intégrées, associant traitements antipsychotiques et interventions
métaboliques ciblées, afin d’optimiser à la fois la santé mentale et le
profil métabolique des patients.
À propos de l'auteure – Ana Espino Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
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Référence scientifique
Kancsev, A., et al. (2025). Glucose homeostasis and cognitive functions in schizophrenia: a systematic review and meta-analysis. Scientific reports, 15(1), 22898