#TDAH #intestin #SII #AxeIntestinCerveau #Microbiote Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental chronique débutant dans l’enfance et pouvant persister à l’âge adulte. Affectant jusqu’à 14 % des enfants et près de 7 % des adultes, il est associé à de nombreuses comorbidités psychiatriques et médicales, incluant les troubles gastro-inte
Le trouble du
déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble
neurodéveloppemental chronique débutant dans l’enfance et pouvant persister à
l’âge adulte. Affectant jusqu’à 14 % des enfants et près de 7 % des adultes, il
est associé à de nombreuses comorbidités psychiatriques et médicales,
incluant les troubles gastro-intestinaux. Les symptômes
digestifs comme la constipation et les flatulences sont signalés chez les
patients atteints de TDA. Leur lien étiologique demeure toutefois incertain.
Aussi, malgré l’attention croissante portée au rôle du microbiote intestinal
dans les maladies neuropsychiatriques, les données reliant TDAH et troubles
intestinaux restent limitées et hétérogènes. La compréhension du rôle du microbiote
et de l’axe intestin-cerveau dans le TDAH pourrait donc ouvrir la voie à
de nouvelles approches diagnostiques et thérapeutiques. Toutefois, la diversité
des études, des critères de diagnostic et des régions étudiées complique
l’interprétation des résultats.
Cette étude a été
initiée de sorte à synthétiser caractériser une potentielle association entre
TDAH et divers troubles intestinaux (notamment le syndrome de l’intestin
irritable, la maladie coeliaque, l’IBD, etc.), en évaluant les risques relatifs
dans différentes régions du monde.
Le TDAH
dérange-t-il les intestins ?
11 études – menées
entre 2000 et 2023 – ont été sélectionnées. Elles incluaient un total de 3,85
millions de participants, dont 175 806 atteints de TDAH. Les études incluent
des cohortes, études cas-témoins et transversales, évaluées pour leur qualité
avec l’outil JBI.
Les résultats
indiquent une tendance vers un risque accru de troubles intestinaux chez les
personnes atteintes de TDAH, bien que cette association ne soit pas
statistiquement significative en raison d’une forte hétérogénéité entre les
études (. En revanche, une relation significative a été observée entre le
TDAH et le syndrome de l’intestin irritable (SII), confirmant une
prévalence accrue de ce trouble fonctionnel chez les patients TDAH. Aucune
corrélation nette n’a été mise en évidence pour la maladie cœliaque, la
constipation ou les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI).
L’analyse par sous-groupes régionaux révèle des disparités géographiques
notables, la région Méditerranée orientale présentant une association plus
forte que les régions des Amériques, d’Europe ou du Pacifique Ouest. Enfin, l’analyse
de sensibilité effectuée a renforcé la robustesse du lien entre TDAH et
troubles intestinaux, avec une association qui atteint alors le seuil de
signification statistique.
Le trouble du
déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité est une pathologie
chronique et fréquente, dont l’origine reste complexe et multifactorielle.
Les facteurs génétiques, les mécanismes inflammatoires et les influences
environnementales y jouent un rôle important. Les troubles
gastro-intestinaux, et notamment le syndrome de l’intestin irritable (SII),
constituent un enjeu majeur chez les patients atteints de TDAH. Leur présence
peut altérer significativement la qualité de vie et compliquer la prise en
charge thérapeutique, en particulier lorsque des traitements comme le
méthylphénidate sont associés à des effets secondaires digestifs tels que des
douleurs abdominales. Cette étude avait
pour objectif de clarifier l’existence d’un lien statistique entre le TDAH
et divers troubles intestinaux, et d’explorer le rôle potentiel du
microbiote intestinal comme médiateur pathogénique de cette association. Les
résultats obtenus ne permettent pas d’établir une corrélation forte entre le
TDAH et l’ensemble des troubles intestinaux. Elles confirment toutefois une association
significative avec le SII. Cette relation suggère l’implication possible
du microbiote intestinal comme facteur central dans l’interaction entre les
dimensions neurologiques et digestives du TDAH. Plusieurs limites
nuancent toutefois l’interprétation des résultats et justifient la poursuite
de nouvelles recherches. Des études futures sont nécessaires afin de mieux
comprendre les interactions entre microbiote et TDAH. L’exploration du
potentiel thérapeutique des interventions ciblant le microbiote – notamment les
probiotiques, prébiotiques ou synbiotiques – constitue une voie prometteuse
pour améliorer la prise en charge globale des patients.
Réservé aux professionnels de santé, inscription gratuite.
Référence scientifique
Ng, R. W., et al. (2025). Association between attention-deficit/hyperactivity disorders and intestinal disorders: A systematic review and Meta-analysis. Scientific Reports, 15(1), 1-10