Télémédecine en oncologie : le point de vue des patientes atteintes du cancer du sein
13 octobre 2021
Durant la pandémie de Covid-19, de nombreuses consultations ont eu lieu en distanciel afin de limiter la transmission du virus. Compte-tenu du manque de connaissances sur le ressenti des patients concernant cette approche, une étude récente parue dans le British Journal of Cancer a été réalisée, avec pour objectif d’évaluer la satisfaction de patientes atteintes d’un cancer du sein et suivies en t
Durant la
pandémie de Covid-19, de nombreuses consultations ont eu lieu en distanciel
afin de limiter la transmission du virus. Compte-tenu du manque de
connaissances sur le ressenti des patients concernant cette approche, une étude
récente parue dans le British Journal of Cancer a été réalisée, avec
pour objectifd’évaluer la satisfaction de patientes atteintes
d’un cancer du sein et suivies en téléconsultation. Pour cela, une
enquête de satisfaction a été menée en ligne dans 18 centres en
France et en Italie. Les patientes incluses ont eu au moins une
téléconsultation durant la première vague épidémique de COVID-19. Le questionnaire
était basé sur des échelles validées préexistantes et a été conçu en quatre
parties : -
La 1ère consistait à recueillir des
informations socio-démographiques sur les participantes, le stade de la
maladie, et les modalités de téléconsultation. -
La 2ème comprenait des éléments dérivés du score
EORTS OUT-PATSAT 35 et portait sur les qualités professionnelles et interpersonnelles
des médecins, et leur disponibilité. -
La 3ème visait à évaluer la satisfaction selon
le TSQ (Questionnaire de Satisfaction en Télémédecine). -
La 4ème utilisait l’échelle HADS-A pour
évaluer l’anxiété et la détresse psychologique des patientes, en rapport avec
crise sanitaire. Parmi les 3722
patientes éligibles à l’inclusion, 38,5% ont répondu au questionnaire. Sur
les 1299 patientes finalement incluses, 53% des participantes
avaient un suivi standard post-traitement, 22% bénéficiaient d’un traitement
antinéoplasique pour un cancer métastatique et 17% pour un cancer localisé. Soixante-treize
pour cent des patientes étaient âgés de ≥ 50 ans. La moyenne des
scores de satisfaction était de 77,4 pour le EORTC OUT-PATSAT 35 et 73,3 pour
le TSQ, révélant donc une expérience positive de la téléconsultation. Cinquante-trois
pour cent des patientes n’exprimaient pas ou peu d’anxiété. Seulement 5,2%
des patientes présentaient une anxiété majeure. En analyse
multivariée, le score EORTC OUT-PATSAT 35 était corrélé à l’âge
(satisfaction plus élevée chez les patientes de moins de 40 ans), au score
d’anxiété (satisfaction plus élevée chez les patientes présentant peu ou
pas d’anxiété), et à la modalité de téléconsultation (satisfaction plus
élevée avec la consultation vidéo versus téléphone). Le score TSQ était corrélé
au stade de la maladie (satisfaction plus élevée lors du suivi standard
post-traitement versus pendant le traitement) et au score d’anxiété. Les patientes présentant
un cancer du sein sont donc satisfaites du suivi réalisé durant la crise sanitaire
liée à la COVID-19, en téléconsultation. La téléconsultation pourrait être une alternative
acceptable pour le suivi de patientes identifiées, dans des
circonstances particulières. Au-delà des considérations organisationnelles
et de la satisfaction des patientes, une validation de la qualité de la prise
en charge médicale est fondamentale avant la mise en œuvre de de
téléconsultations structurées en pratique clinique. Cette étude est une étape préalable
permettant d’identifier les populations plus enclines à accepter et se
satisfaire de cette approche.
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