Le cancer du sein triple négatif (TNBC) représente environ 15 % des cancers du sein. Son pronostic est défavorable, notamment en phase métastatique. Sa biologie, marquée par l’absence de récepteurs hormonaux (ER, PR) et HER2, limite l’efficacité des thérapies ciblées classiques. De plus, la récidive est fréquente, et les patientes dispos
Par Ana Espino | Publié le 28 octobre 2025 | 3 min de lecture
Le cancer du sein triple
négatif (TNBC) représente environ 15 % des cancers du sein. Son pronostic
est défavorable, notamment en phase métastatique. Sa biologie, marquée par
l’absence de récepteurs hormonaux (ER, PR) et HER2, limite l’efficacité des
thérapies ciblées classiques. De plus, la récidive est fréquente, et les
patientes disposent de peu d’options thérapeutiques après les premières
lignes de chimiothérapie, souvent à base de taxanes. Parmi les pistes explorées, la
voie PI3K/AKT/PTEN, fréquemment altérée dans ces tumeurs, pourrait
constituer une cible thérapeutique. Ipatasertib, inhibiteur oral
sélectif de l’AKT, a déjà montré une certaine efficacité, notamment lorsque
combiné au paclitaxel. Toutefois, les toxicités liées aux taxanes
peuvent limiter leur usage. Dans ce contexte, cette étude a
été initiée de sorte à évaluer la sécurité, la tolérance, et l’efficacité
préliminaire d’ipatasertib combiné à trois chimiothérapies non-taxanes — carboplatine,
vinorelbine, ou capécitabine — chez des patientes atteintes de TNBC
localement avancé ou métastatique, déjà traitées.
Ça donne quoi ?
85 patientes atteintes de TNBC
avancé ont été sélectionnées et réparties aléatoirement en trois bras :
Ipatasertib (400 mg/jour, 3 semaines sur 4)
combiné à carboplatine (n=34) ;
Vinorelbine (n=30) ;
Capécitabine (n=21).
Les traitements ont été
administrés par cycles de 28 jours. Les paramètres d’efficacité et de
tolérance de ces combinaisons ont été portés à l’étude. Les patientes
pouvaient avoir reçu jusqu'à deux lignes de traitement antérieures. Les résultats ont montré un taux
de réponse objective (ORR) de 29,4 % dans le bras ipatasertib +
carboplatine, contre 13,3 % avec la vinorelbine et 10,7 % avec la
capécitabine. La durée médiane de réponse atteignait 4,6 mois
dans le bras carboplatine, confirmant cette combinaison comme la plus
prometteuse. Fait notable, les patientes présentant des altérations de la
voie PI3K/AKT/PTEN répondaient mieux au traitement, suggérant un intérêt
en thérapie ciblée.
Sur le plan de la tolérance, les effets
indésirables de grade ≥3 les plus fréquents comprenaient la diarrhée
(jusqu’à 28 %), la neutropénie (13 à 20 % selon les bras), ainsi que des
nausées, de la fatigue et des mucites observées plus rarement. Les toxicités
étaient globalement jugées maîtrisables, sans signal de sécurité
nouveau, bien que quelques interruptions de traitement aient été nécessaires en
raison d’effets gastro-intestinaux.
On en fait quoi ?
Cette étude montre que
l’association ipatasertib + carboplatine présente une activité
antitumorale prometteuse dans le TNBC avancé préalablement traité, particulièrement
dans les tumeurs avec altérations moléculaires ciblables (voie
PI3K/AKT/PTEN). Ces résultats confirment l’intérêt d’une approche de
médecine de précision dans cette population hétérogène et difficile à
traiter.
Toutefois, les autres combinaisons testées (avec vinorelbine ou
capécitabine) ont montré des réponses plus modestes, limitant leur intérêt
clinique. De fait, des travaux supplémentaires incluront une étude de phase
III comparant l’association ipatasertib + carboplatine à la chimiothérapie
seule, ainsi qu’une stratification plus précise des patientes en
fonction des altérations génétiques tumorales. L’utilisation de biomarqueurs
prédictifs sera également essentielle pour affiner les indications
thérapeutiques.
À propos de l'auteure – Ana Espino Docteure en immunologie, spécialisée en virologie Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
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Référence scientifique
: López-Miranda, E., et al. (2025). Ipatasertib combined with non-taxane chemotherapy for patients with previously treated advanced triple-negative breast cancer: the PATHFINDER phase IIa trial. Breast cancer research : BCR, 27(1), 141