La rétinopathie diabétique correspond à la complication
microvasculaire la plus fréquente des diabètes sucrés et représente
l’une des principales causes de cécité dans la population adulte
mondiale. Actuellement plusieurs facteurs de risque de rétinopathie
diabétique sont identifiés :
- La durée du diabète ;
- Une hémoglobine glyquée (HbA1c) élevée ;
- La glycémie à jeun ;
- La pression artérielle ;
- Le taux sérique de cholestérol ;
- Les taux de lipoprotéines de basse densité (LDL-cholestérol).
Parallèlement,
l’obésité abdominale représente une composante majeure du syndrome
métabolique, un facteur déterminant dans le développement et l’évolution
des pathologies métaboliques chroniques, comme les diabètes sucrés et
les coronaropathies. L’accumulation de graisse viscérale abdominale est
en effet à l’origine d’une résistance à l’insuline et d’une inflammation
du tissu adipeux. Quel lien peut-on établir entre l’obésité abdominale
et la rétinopathie diabétique ? Des résultats contradictoires ont été
rapportées dans différentes études cliniques et revues récentes.
Des
chercheurs ont entrepris une nouvelle revue systématique de littérature
et une méta-analyse dans l’objectif d’évaluer plus précisément
l’association entre l’obésité abdominale et la rétinopathie diabétique,
pour adapter au mieux les interventions cliniques. Une recherche
exhaustive a été effectuée dans les bases de données (PUBMED, EMBASE et
WEB OF SCIENCE) jusqu’au 1er mai 2022, en incluant toutes les études
observationnelles admissibles. Les différences moyennes standardisées
(DMS) et les intervalles de confiance (IC) à 95 % ont été évalués à
l’aide d’un modèle à effets aléatoires dans le logiciel Stata. Les
chercheurs ont ensuite effectué une évaluation des biais de publication,
des analyses d’hétérogénéité, de sous-groupes et de sensibilité.
Au
total, 24 études ont été retenues suite à la revue systématique,
regroupant 5 596 patients atteints de rétinopathie diabétique et 17 907
patients sans rétinopathie diabétique. Les résultats de la méta-analyse
ont mis en évidence des différences statistiquement significatives entre
les patients atteints ou non de rétinopathie diabétique dans les
diabètes sucrés (diabète de type 1 et de type 2). Ainsi, le tour de
taille était supérieur chez les patients atteints de rétinopathie
diabétique, par rapport aux patients non atteints de cette complication
du diabète. De même, le rapport taille-hanches était supérieur chez les
sujets atteints de rétinopathie diabétique, par rapport aux sujets sans
atteinte oculaire. En prenant en compte l’origine ethnique des sujets,
les résultats révélaient que les sujets de type caucasien avaient des
niveaux supérieurs d’obésité abdominale combiné à la rétinopathie
diabétique que les sujets d’origine asiatique.
Pour les auteurs
de l’étude, l’obésité abdominale, évaluée par le tour de taille ou le
rapport taille-hanches, est associée à la rétinopathie diabétique chez
les sujets atteints de diabète de type 1 ou de type 2. Cette association
est supérieure chez les sujets d’origine caucasienne par rapport aux
sujets d’origine asiatique. En revanche, les résultats ne mettent pas en
évidence d’influence de l’obésité abdominale sur la sévérité de
l’atteinte oculaire. Des études prospectives de cohorte de plus grande
ampleur sont nécessaires pour étayer ces observations, affiner les
conclusions et leurs conséquences sur les interventions cliniques.