Vaccination anti-Covid-19 à ARNm et risque d’avortement spontané ?
21 octobre 2021
Il est bien démontré que les femmes enceintes sont à risque de développer des formes graves d’infection à SARS-CoV-2. Or ces atteintes respiratoires aigues sévères sont associées à un risque d’accouchement prématuré, ainsi qu’à d’autres complications maternelles et néonatales. La vaccination est donc recommandée dans cette population. Bien que l’incidence des avortements spontanés avant 20 SA soit
Il est bien
démontré que les femmes enceintes sont à risque de développer des formes graves
d’infection à SARS-CoV-2. Or ces atteintes respiratoires aigues sévères
sont associées à un risque d’accouchement prématuré, ainsi qu’à d’autres
complications maternelles et néonatales. La vaccination est donc recommandée
dans cette population. Bien que
l’incidence des avortements spontanés avant 20 SA soit relativement fréquente
(jusqu’à 11 à 22% des grossesses), les données concernant le risque
d’avortement spontané après vaccination anti-Covid-19 à ARNm pendant la
grossesse ou avant conception sont limitées. Ainsi les données
du V-safe Surveillance and Pregnancy Registry des CDC (Centers for Disease
Control and Prevention) ont été analysées pour déterminer le risque cumulatif
d’avortement spontané, entre 6 et 20 SA, chez les femmes porteuses d’une grossesse
simple, sans antécédent obstétrical d’avortement spontané avant 6 SA. Elles
avaient bénéficié d’au moins une dose vaccinale à ARNm contre la Covid-19 ;
soit avant la conception (jusqu’à 30 jours précédant le premier jour de
la dernière période menstruelle), soit pendant la grossesse avant 20 SA.
Les résultats de cette étude ont été présentés dans une correspondance du NEJM. Le risque cumulatif d’avortement spontané a été calculé selon l’âge
gestationnel, standardisé sur l’âge maternel. Une analyse de
sensibilité a été conduite pour estimer le risque maximal d’avortement
spontané, en supposant que les patientes perdues de vue au premier trimestre de
grossesse avaient toutes présenté une grossesse non évolutive. Au total, 2456
patientes ont été incluses : ·
Deux mille vingt-deux participantes avaient
une grossesse évolutive à 20 SA. ·
Cent soixante-cinq participantes ont présenté
un avortement spontané avant 20 SA, dont 154 avant 14 SA. ·
Soixante-cinq participantes ont été perdues
de vue au premier trimestre, 188
participantes ont terminé le deuxième trimestre de suivi avant 20 SA. ·
Seize participantes ont présenté un évènement
obstétrical avant 20 SA (avortement, grossesse ectopique ou môle hydatiforme). ·
La majorité des femmes était âgée d’au moins
30 ans (77,3%), et travaillait en tant que professionnelle de santé
(88,8%) Le risque
cumulatif d’avortement spontané entre 6 et 20 SA était de 14,1 % (IC à 95 % : 12,1 - 16,1) dans l’analyse primaire. Il était de 12,8 % (IC
à 95 % : 10,8 - 14,8) après standardisation sur l’âge maternel selon
la population de référence.Ce risque cumulatif augmentait avec l’âge maternel. Dans
l’analyse de sensibilité (supposant que les 65 participantes perdues de vue
durant le premier trimestre avaient toutes présenté un avortement spontané), le
risque de fausse couche augmentait à 18,8 % (IC à 95 % : 16,6 -
20,9) ; et 18,5 % (IC à 95 % : 16,1 à 20,8), après standardisation
sur l’âge maternel dans cette même analyse. Le risque
cumulatif de fausses couches chez les femmes vaccinées au terme des différentes
analyses est similaire au risque attendu en population générale, si l’on
compare au risque minimal et maximal d’avortement spontané estimé dans deux
cohortes historiques. Cette étude présente quelques limites : l’absence d’un groupe contrôle non vacciné,
l’homogénéité des participantes en terme d’origine ethnique et de milieu
professionnel, le caractère volontaire de l’inscription à l’étude, le biais
d’information et certaines données recueillies rétrospectivement. Néanmoins, ces résultats suggèrent que le risque d’avortement
spontané après vaccination à ARNm contre la Covid-19, réalisée avant la
conception ou pendant la grossesse est similaire au risque attendu d’avortement
spontané en population générale. Ces données sont des preuves supplémentaires
concernant la sécurité de la vaccination à ARNm contre le SARS-CoV-2 pendant la
grossesse.
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