#WestNile #Moustique #Epidémiologie #Zoonose Le virus West Nile (WNV), un arbovirus transmis par les moustiques et hébergé principalement par les oiseaux, constitue un problème majeur de santé publique dans la région méditerranéenne. Cette pathologie zoonotique est responsable de formes cliniques allant de symptômes bénins à des encéphalites sévères, en particulier chez les personnes âgées ou immu
#WestNile
#Moustique #Epidémiologie #Zoonose
Le virus West
Nile (WNV), un arbovirus transmis par les moustiques et hébergé
principalement par les oiseaux, constitue un problème majeur de santé publique
dans la région méditerranéenne. Cette pathologie zoonotique est responsable de
formes cliniques allant de symptômes bénins à des encéphalites sévères, en
particulier chez les personnes âgées ou immunodéprimées. Malgré l’existence
de systèmes de surveillance dans de nombreux pays méditerranéens, les mesures
de contrôle sont limitéespar l’absence de vaccin humain et de
traitement curatif. La prévention repose essentiellement sur la lutte
antivectorielle et la détection précoce des foyers. L’un des
principaux défis réside dans la circulation silencieuse du virus dans des
zones endémiques, favorisée par le changement climatique, les flux
migratoires aviaires et la diversité des vecteurs impliqués. À cela s’ajoute
une hétérogénéité des stratégies de surveillance entre les pays, rendant
difficile l’anticipation des épidémies. L’objectif de cette
étude est de dresser un panorama actualisé de l’épidémiologie du WNV
dans le bassin méditerranéen de 2010 à 2023, en analysant les tendances
spatio-temporelles, les hôtes, les lignées virales circulantes et l’efficacité
des dispositifs de surveillance.
L’étude repose sur
l’analyse des données collectées auprès de 20 pays de la région méditerranéenne
entre 2010 et 2023. Elle s’appuie sur les rapports épidémiologiques nationaux,
les notifications à l’ECDC et à l’OIE, et les publications scientifiques. Les
cas humains, animaux (principalement équins) et les détections
environnementales (moustiques, oiseaux) ont été intégrés, avec une attention
particulière portée aux lignées virales (WNV-1 et WNV-2) identifiées par
séquençage.
L’étude révèle une augmentation
globale du nombre de cas humains et animaux au cours de la période étudiée,
avec un pic majeur en 2018. Les pays les plus touchés incluent l’Italie,
la Grèce, la Serbie, la Tunisie et la Turquie. Le virus circule principalement
entre juin et octobre, avec une expansion géographique progressive vers le
nord. Deux lignées
virales prédominent : WNV-1, historiquement
majoritaire, et WNV-2, à l’origine d’une résurgence épidémique depuis
2010. La transmission est fortement influencée par les conditions
climatiques, notamment les températures estivales élevées et les
précipitations printanières. Les données montrent également une augmentation
des détections précoces dans les moustiques et oiseaux, reflétant une amélioration
des dispositifs de surveillance intégrée (approche "One Health").
Le virus West
Nile reste un pathogène prioritaire dans le bassin méditerranéen en
raison de sa circulation endémique, de son potentiel épidémique et
de l’absence de traitement spécifique. La surveillance est d’autant plus
essentielle qu’elle permet d’anticiper les flambées saisonnières. Les
principaux défis identifiés – liés à ce pathogène – sont l’hétérogénéité des
systèmes de surveillance, le manque de standardisation des données
entre les pays et la difficulté à prédire les épidémies en fonction des
conditions écologiques. Cette étude avait pour objectif de consolider les
connaissances épidémiologiques à l’échelle régionale pour mieux cibler les
interventions. Les résultats
soulignent la nécessité d’une approche intégrée, associant la
surveillance humaine, animale et entomologique pour une détection précoce et
une gestion efficace du risque épidémique. Toutefois, l’analyse demeure
entravée par l’hétérogénéité des dispositifs de surveillance, le manque
d’indicateurs communs et l’incomplétude des données disponibles.
Pour
renforcer la lutte contre le virus West Nile, plusieurs pistes sont à
envisager : harmoniser les stratégies de veille épidémiologique à l’échelle
régionale, intégrer la modélisation climatique dans les outils de prévision,
accélérer le développement de vaccins à usage humain et instaurer des
programmes de prévention coordonnés entre les pays. Le WNV apparaît ainsi comme
un indicateur sensible des tensions croissantes entre santé humaine,
environnement et dynamiques climatiques.
Réservé aux professionnels de santé, inscription gratuite.
Référence scientifique
Abbas, I., et al. (2025). Epidemiology and surveillance of West Nile virus in the Mediterranean Basin during 2010-2023: A systematic review. Current research in parasitology & vector-borne diseases, 7, 100277