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02/03/2026

Cancer colorectal : un test sanguin pour identifier les patients à risque de récidive

Oncologie

Par Ana Espino | Publié le 2 mars 2026 | 3 min de lecture


Le cancer colorectal demeure une pathologie caractérisée par une évolution clinique hétérogène, avec des risques variables de récidive et de mortalité selon les patients. Malgré l’utilisation de facteurs pronostiques standards tels que le stade tumoral et l’âge, la capacité à anticiper précisément l’évolution individuelle de la maladie reste limitée. Cette incertitude souligne la nécessité de développer des outils biologiques complémentaires permettant d’identifier, dès le diagnostic, les patients présentant un risque accru de récidive ou de décès. Dans ce contexte, l’exploration de marqueurs sanguins fondés sur des mécanismes épigénétiques représente une voie prometteuse pour améliorer la stratification pronostique.

Une étude menée par des chercheurs du Moffitt Cancer Center, publiée le 01 février 2026 dans la revue Clinical Epigenetics, a évalué le potentiel de marqueurs sanguins pour prédire l’évolution clinique chez des patients atteints de cancer colorectal. L’objectif était de déterminer si ces marqueurs ADN, dérivés de signatures épigénétiques associées à des protéines circulantes, pouvaient identifier les patients présentant un risque accru de récidive ou de décès, au-delà des facteurs cliniques utilisés en pratique courante.



Analyse des epiScores protéiques sanguins


Les chercheurs ont analysé des marqueurs ADN sanguins désignés sous le nom d’epiScores protéiques. Ces scores reposent sur des signatures épigénétiques permettant d’estimer l’expression de protéines à partir de profils de méthylation de l’ADN. Les associations entre ces marqueurs et l’évolution clinique ont été évaluées afin d’identifier les scores les plus fortement liés au pronostic, puis leur apport a été comparé à celui des facteurs cliniques standards, notamment le stade du cancer et l’âge du patient. La performance prédictive a été mesurée en termes de précision pour la récidive et la survie globale.

Quatre epiScores protéiques ont été identifiés comme fortement associés à un pronostic défavorable. Les patients présentant des niveaux élevés de ces scores présentaient un risque de récidive accru de 60 à 70 %. Parmi ces marqueurs, LGALS3BP s’est distingué par son association avec la survie globale : des scores plus élevés étaient liés à une augmentation de 80 % du risque de décès pendant la période de suivi.

L’intégration de ces scores épiprotéiques aux facteurs cliniques traditionnels a permis d’améliorer de façon modeste mais significative la capacité de prédiction. La précision de la prédiction des récidives est passée de 64 % à 70 %, tandis que celle de la survie globale est passée de 70 % à 75 % lorsque les epiScores ont été ajoutés aux modèles cliniques.


Implications biologiques et perspectives cliniques


Ces résultats indiquent que les epiScores protéiques fournissent des informations biologiques complémentaires à celles des outils pronostiques conventionnels. Les marqueurs identifiés semblent refléter des processus liés à la fonction immunitaire, à la croissance des vaisseaux sanguins et à la coagulation, des dimensions non prises en compte par les facteurs cliniques standards. Leur intégration permet ainsi d’affiner l’évaluation du risque chez les patients atteints de cancer colorectal.

Bien que ces résultats nécessitent une validation dans d’autres populations de patients, ils démontrent le potentiel d’un simple prélèvement sanguin réalisé avant le traitement pour améliorer la stratification pronostique. Cette approche pourrait, à terme, contribuer à une meilleure individualisation du suivi et des stratégies thérapeutiques dans le cancer colorectal.

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À propos de l'auteure – Elodie Vaz

Journaliste en santé, diplômée du CFPJ en 2023  
Élodie, explore les empreintes que les maladies laissent sur les corps et, plus largement, sur la vie humaine. Infirmière diplômée d’État en 2010, elle a passé douze ans au chevet des patients avant de troquer son stéthoscope contre un carnet de notes. Elle interroge depuis les liens qui unissent environnement et santé, convaincue que la vitalité du vivant ne se résume pas à celle des Hommes.



Source(s) :
Richards AR, et al. Blood DNA methylation-predicted plasma protein levels and colorectal cancer survival. Clin Epigenetics. 2026;18:24. doi:10.1186/s13148-026-02059-3. ;

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