03/02/2026
Endomètre : l’espoir renaît avec le PARP ?
Gynécologie et Obstétrique
Par Ana Espino | Publié le 3 février 2026 | 3 min de lecture
Le cancer de l’endomètre, premier cancer gynécologique dans les pays industrialisés, touche majoritairement les femmes post-ménopausées. Sa prévalence augmente, notamment en raison de l’obésité et du vieillissement de la population. Si les stades précoces sont souvent curables par chirurgie, les formes avancées ou récidivantes présentent un pronostic sombre, avec un taux de survie global à 5 ans inférieur à 20 %.
Les options thérapeutiques pour ces stades avancés restent limitées. La chimiothérapie est le standard, mais l’efficacité est modérée, et les récidives sont fréquentes. Les traitements ciblés comme les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire ont montré un bénéfice chez certaines patientes, mais aucune stratégie personnalisée n’est validée pour la majorité des cas.
Les inhibiteurs de PARP (poly-ADP-ribose polymérase), déjà efficaces dans les cancers de l’ovaire ou du sein avec mutations BRCA ou défauts de recombinaison homologue (HRD), émergent par ailleurs comme une piste prometteuse dans l’endomètre, notamment chez les patientes avec mutations TP53, ARID1A ou déficit de réparation des mésappariements (MMR).
Dans ce contexte, cette étude a été initiée de sorte à évaluer l’efficacité et la tolérance des inhibiteurs de PARP en monothérapie ou en combinaison, chez les patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre avancé ou récidivant.
11 études incluant 503 patientes, principalement en phase II, ont été sélectionnées. Les inhibiteurs de PARP évalués incluaient olaparib, niraparib, rucaparib et talazoparib, administrés seuls ou en association (anti-PD-1, anti-VEGF, etc.). Les critères d’évaluation principaux étaient le taux de réponse objective (ORR), la durée de survie sans progression (PFS), le taux de contrôle de la maladie (DCR) et la sécurité du traitement.
L’ORR en monothérapie restait faible (~ 4 %), sauf chez les patientes présentant un profil HRD positif ou des mutations spécifiques (p53abn, BRCA1/2), atteignant alors 11 à 15 %. En combinaison, l’ORR montait jusqu’à 26 % dans certains sous-groupes (groupe avec des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire).
Le contrôle de la maladie était meilleur chez les patientes MMRd ou avec des altérations de gènes de réparation de l’ADN, suggérant une sensibilité accrue au stress génotoxique induit par les PARPi. Les durées médianes de PFS variaient entre 2,5 et 8,3 mois, selon le type de combinaison et le profil moléculaire.
Côté sécurité, les effets indésirables étaient généralement gérables, avec des événements hématologiques (anémie, neutropénie) et digestifs (nausées, fatigue) comme effets les plus fréquents, rarement de grade 3 ou plus.
Le cancer endométrial avancé est une pathologie fréquente et agressive, souvent diagnostiquée à un stade où les options thérapeutiques sont limitées. Le principal défi réside dans l’absence de traitements ciblés efficaces pour la majorité des patientes, malgré des avancées dans la caractérisation moléculaire des tumeurs.
Cette étude visait à évaluer l’apport des inhibiteurs de PARP, seuls ou en association, chez des patientes en situation avancée ou en rechute. Les résultats suggèrent un potentiel thérapeutique modéré en monothérapie, mais prometteur dans certains sous-groupes moléculaires (HRD+, MMRd, mutations p53 ou BRCA), notamment en association avec d’autres thérapies ciblées ou immunothérapies.
Toutefois, cette étude présente plusieurs limites qui appellent à de nouvelles recherches. Il sera important de mener des essais cliniques plus larges et mieux contrôlés, de mieux identifier les profils génétiques des patientes, et d’harmoniser les tests utilisés pour détecter les anomalies comme le statut HRD. D’autres études devront aussi explorer quels marqueurs permettent de prédire une bonne réponse au traitement, et quelles associations de thérapies sont les plus efficaces. Enfin, il faudra évaluer les effets à long terme et l’impact sur la qualité de vie, pour faire de ces traitements une vraie option personnalisée en pratique clinique.
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
Le cancer de l’endomètre, premier cancer gynécologique dans les pays industrialisés, touche majoritairement les femmes post-ménopausées. Sa prévalence augmente, notamment en raison de l’obésité et du vieillissement de la population. Si les stades précoces sont souvent curables par chirurgie, les formes avancées ou récidivantes présentent un pronostic sombre, avec un taux de survie global à 5 ans inférieur à 20 %.
Les options thérapeutiques pour ces stades avancés restent limitées. La chimiothérapie est le standard, mais l’efficacité est modérée, et les récidives sont fréquentes. Les traitements ciblés comme les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire ont montré un bénéfice chez certaines patientes, mais aucune stratégie personnalisée n’est validée pour la majorité des cas.
Les inhibiteurs de PARP (poly-ADP-ribose polymérase), déjà efficaces dans les cancers de l’ovaire ou du sein avec mutations BRCA ou défauts de recombinaison homologue (HRD), émergent par ailleurs comme une piste prometteuse dans l’endomètre, notamment chez les patientes avec mutations TP53, ARID1A ou déficit de réparation des mésappariements (MMR).
Dans ce contexte, cette étude a été initiée de sorte à évaluer l’efficacité et la tolérance des inhibiteurs de PARP en monothérapie ou en combinaison, chez les patientes atteintes d’un cancer de l’endomètre avancé ou récidivant.
Le PARP fonctionne-t-il pour toutes ?
11 études incluant 503 patientes, principalement en phase II, ont été sélectionnées. Les inhibiteurs de PARP évalués incluaient olaparib, niraparib, rucaparib et talazoparib, administrés seuls ou en association (anti-PD-1, anti-VEGF, etc.). Les critères d’évaluation principaux étaient le taux de réponse objective (ORR), la durée de survie sans progression (PFS), le taux de contrôle de la maladie (DCR) et la sécurité du traitement.
L’ORR en monothérapie restait faible (~ 4 %), sauf chez les patientes présentant un profil HRD positif ou des mutations spécifiques (p53abn, BRCA1/2), atteignant alors 11 à 15 %. En combinaison, l’ORR montait jusqu’à 26 % dans certains sous-groupes (groupe avec des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire).
Le contrôle de la maladie était meilleur chez les patientes MMRd ou avec des altérations de gènes de réparation de l’ADN, suggérant une sensibilité accrue au stress génotoxique induit par les PARPi. Les durées médianes de PFS variaient entre 2,5 et 8,3 mois, selon le type de combinaison et le profil moléculaire.
Côté sécurité, les effets indésirables étaient généralement gérables, avec des événements hématologiques (anémie, neutropénie) et digestifs (nausées, fatigue) comme effets les plus fréquents, rarement de grade 3 ou plus.
Ciblé, oui… mais pas encore pour toutes !
Le cancer endométrial avancé est une pathologie fréquente et agressive, souvent diagnostiquée à un stade où les options thérapeutiques sont limitées. Le principal défi réside dans l’absence de traitements ciblés efficaces pour la majorité des patientes, malgré des avancées dans la caractérisation moléculaire des tumeurs.
Cette étude visait à évaluer l’apport des inhibiteurs de PARP, seuls ou en association, chez des patientes en situation avancée ou en rechute. Les résultats suggèrent un potentiel thérapeutique modéré en monothérapie, mais prometteur dans certains sous-groupes moléculaires (HRD+, MMRd, mutations p53 ou BRCA), notamment en association avec d’autres thérapies ciblées ou immunothérapies.
Toutefois, cette étude présente plusieurs limites qui appellent à de nouvelles recherches. Il sera important de mener des essais cliniques plus larges et mieux contrôlés, de mieux identifier les profils génétiques des patientes, et d’harmoniser les tests utilisés pour détecter les anomalies comme le statut HRD. D’autres études devront aussi explorer quels marqueurs permettent de prédire une bonne réponse au traitement, et quelles associations de thérapies sont les plus efficaces. Enfin, il faudra évaluer les effets à long terme et l’impact sur la qualité de vie, pour faire de ces traitements une vraie option personnalisée en pratique clinique.
À lire également : L’apport en folate et le risque de cancer de l’endomètre : une méta-analyse dose-réponse
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
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