02/02/2026
Des probiotiques pour des os en béton ?
Rhumatologie
Par Ana Espino | Publié le 2 février 2026 | 3 min de lecture
L’ostéoporose est une maladie chronique du squelette caractérisée par une diminution progressive de la densité minérale osseuse (DMO) et une altération de la microarchitecture osseuse. Cette fragilité accrue expose les patients, en particulier les femmes ménopausées, à un risque élevé de fractures, souvent sans symptômes préalables. Selon l’OMS, plus de 200 millions de personnes sont concernées dans le monde, avec une incidence majeure après 50 ans.
La prise en charge actuelle repose essentiellement sur des traitements pharmacologiques tels que les bisphosphonates, les modulateurs des récepteurs aux œstrogènes (SERMs) ou le traitement hormonal substitutif. Bien qu’efficaces, ces traitements présentent des limitations importantes : effets secondaires (digestifs, cardiovasculaires), observance faible et réponse hétérogène selon les patients. Ces contraintes soulignent la nécessité de stratégies complémentaires, plus sûres et mieux tolérées.
Parmi les pistes émergentes, les probiotiques suscitent un intérêt croissant. Leur capacité à moduler le microbiote intestinal pourrait influencer positivement la santé osseuse via l’axe intestin-os : amélioration de l’absorption du calcium, réduction de l’inflammation systémique et régulation de l’activité ostéoblastique et ostéoclastique.
Dans cette optique, cette étude a été initiée de sorte à évaluer les effets cliniques de la supplémentation en probiotiques sur les marqueurs de formation et de résorption osseuse chez des adultes âgés souffrant d’ostéoporose ou d’ostéopénie.
15 essais cliniques randomisés, incluant 1 432 participants âgés de plus de 50 ans ont été sélectionnés. Les durées d’intervention allaient de 8 semaines à 12 mois. Les probiotiques étudiés comprenaient des souches de Lactobacillus, Bifidobacterium et Saccharomyces, administrés seuls ou en combinaison, à des doses de 10⁸ à 10¹¹ CFU/jour.
Ces travaux ont permis d’analyser les principaux marqueurs du remodelage osseux. Les marqueurs de formation osseuse ont montré des améliorations significatives, avec une augmentation du P1NP de +8,4 mg/L et une élévation modeste mais significative de l’ostéocalcine. Concernant les marqueurs de résorption osseuse, une réduction significative du CTX-I a été observée, indicateur direct de la dégradation du collagène de type I. En revanche, les effets sur le NTX et le TRAP-5b sont restés variables et globalement non significatifs.
Les formulations multi-souches se sont révélées plus efficaces que les mono-souches, tant pour stimuler la formation osseuse que pour freiner la résorption. Un effet dose-réponse clair a été observé, notamment sur le P1NP. De plus, les femmes ménopausées ont présenté des bénéfices plus marqués que les groupes mixtes.
Les analyses de sensibilité ont confirmé la robustesse des résultats, et aucun biais de publication significatif n’a été détecté pour les marqueurs principaux (P1NP, CTX-I).
L’ostéoporose est une pathologie marquée par une fragilité osseuse accrue et un risque fracturaire élevé. Malgré la disponibilité de traitements pharmacologiques, la prise en charge reste limitée par des effets indésirables, une mauvaise observance et une efficacité inconstante.
Face à ces enjeux, cette étude avait pour objectif d’évaluer l’intérêt des probiotiques comme stratégie adjuvante dans la modulation du remodelage osseux. Les résultats confirment un effet favorable de la supplémentation, notamment via l’augmentation des marqueurs de formation osseuse (P1NP, ostéocalcine) et la réduction de la résorption (CTX-I), avec des bénéfices accentués en cas de formulation multi-souche et de prise prolongée.
Toutefois, des limites de cette étude persistent et justifient la poursuite de nouvelles recherches. Ces recherches incluront des essais à long terme avec un meilleur contrôle des biais méthodologiques, une standardisation des souches probiotiques, ainsi qu’une inclusion plus représentative de populations sous-étudiées. Une exploration plus approfondie des mécanismes d’action spécifiques, notamment à travers l’axe intestin-os, sera essentielle pour confirmer et affiner les recommandations cliniques.
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
L’ostéoporose est une maladie chronique du squelette caractérisée par une diminution progressive de la densité minérale osseuse (DMO) et une altération de la microarchitecture osseuse. Cette fragilité accrue expose les patients, en particulier les femmes ménopausées, à un risque élevé de fractures, souvent sans symptômes préalables. Selon l’OMS, plus de 200 millions de personnes sont concernées dans le monde, avec une incidence majeure après 50 ans.
La prise en charge actuelle repose essentiellement sur des traitements pharmacologiques tels que les bisphosphonates, les modulateurs des récepteurs aux œstrogènes (SERMs) ou le traitement hormonal substitutif. Bien qu’efficaces, ces traitements présentent des limitations importantes : effets secondaires (digestifs, cardiovasculaires), observance faible et réponse hétérogène selon les patients. Ces contraintes soulignent la nécessité de stratégies complémentaires, plus sûres et mieux tolérées.
Parmi les pistes émergentes, les probiotiques suscitent un intérêt croissant. Leur capacité à moduler le microbiote intestinal pourrait influencer positivement la santé osseuse via l’axe intestin-os : amélioration de l’absorption du calcium, réduction de l’inflammation systémique et régulation de l’activité ostéoblastique et ostéoclastique.
Dans cette optique, cette étude a été initiée de sorte à évaluer les effets cliniques de la supplémentation en probiotiques sur les marqueurs de formation et de résorption osseuse chez des adultes âgés souffrant d’ostéoporose ou d’ostéopénie.
Et si les bactéries remodelaient nos os ?
15 essais cliniques randomisés, incluant 1 432 participants âgés de plus de 50 ans ont été sélectionnés. Les durées d’intervention allaient de 8 semaines à 12 mois. Les probiotiques étudiés comprenaient des souches de Lactobacillus, Bifidobacterium et Saccharomyces, administrés seuls ou en combinaison, à des doses de 10⁸ à 10¹¹ CFU/jour.
Ces travaux ont permis d’analyser les principaux marqueurs du remodelage osseux. Les marqueurs de formation osseuse ont montré des améliorations significatives, avec une augmentation du P1NP de +8,4 mg/L et une élévation modeste mais significative de l’ostéocalcine. Concernant les marqueurs de résorption osseuse, une réduction significative du CTX-I a été observée, indicateur direct de la dégradation du collagène de type I. En revanche, les effets sur le NTX et le TRAP-5b sont restés variables et globalement non significatifs.
Les formulations multi-souches se sont révélées plus efficaces que les mono-souches, tant pour stimuler la formation osseuse que pour freiner la résorption. Un effet dose-réponse clair a été observé, notamment sur le P1NP. De plus, les femmes ménopausées ont présenté des bénéfices plus marqués que les groupes mixtes.
Les analyses de sensibilité ont confirmé la robustesse des résultats, et aucun biais de publication significatif n’a été détecté pour les marqueurs principaux (P1NP, CTX-I).
Une cure microbienne pour solidifier l’avenir ?
L’ostéoporose est une pathologie marquée par une fragilité osseuse accrue et un risque fracturaire élevé. Malgré la disponibilité de traitements pharmacologiques, la prise en charge reste limitée par des effets indésirables, une mauvaise observance et une efficacité inconstante.
Face à ces enjeux, cette étude avait pour objectif d’évaluer l’intérêt des probiotiques comme stratégie adjuvante dans la modulation du remodelage osseux. Les résultats confirment un effet favorable de la supplémentation, notamment via l’augmentation des marqueurs de formation osseuse (P1NP, ostéocalcine) et la réduction de la résorption (CTX-I), avec des bénéfices accentués en cas de formulation multi-souche et de prise prolongée.
Toutefois, des limites de cette étude persistent et justifient la poursuite de nouvelles recherches. Ces recherches incluront des essais à long terme avec un meilleur contrôle des biais méthodologiques, une standardisation des souches probiotiques, ainsi qu’une inclusion plus représentative de populations sous-étudiées. Une exploration plus approfondie des mécanismes d’action spécifiques, notamment à travers l’axe intestin-os, sera essentielle pour confirmer et affiner les recommandations cliniques.
À lire également : La régulation épigénétique dans l’ostéoporose
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
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