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27/01/2026

Zanubrutinib : vers une nouvelle ère dans la LLC ?

Hématologie

Par Ana Espino | Publié le 27 janvier 2026 | 3 min de lecture



La leucémie lymphoïde chronique (LLC) est une hémopathie maligne caractérisée par l’accumulation lente mais progressive de lymphocytes B matures dans le sang, la moelle osseuse et les organes lymphoïdes. Bien que souvent indolente au début, la maladie peut évoluer vers des formes plus agressives, avec un risque accru d’infections, d’insuffisance médullaire et de transformation en lymphome de haut grade.


La prise en charge standard repose depuis plusieurs années sur des combinaisons de chimiothérapie et d’anticorps monoclonaux, notamment le schéma bendamustine-rituximab (BR). Ces traitements, bien que efficaces à court terme, présentent des toxicités importantes, une tolérance limitée chez les patients âgés ou fragiles, et une efficacité réduite dans les formes à haut risque génétique, comme celles avec délétion 17p ou mutation de TP53.


Ces limites ont conduit au développement de thérapies ciblées, notamment les inhibiteurs de la tyrosine kinase de Bruton (BTK), qui bloquent une voie clé de la signalisation des cellules B malignes. Le zanubrutinib, inhibiteur de BTK de nouvelle génération, a été conçu pour offrir une inhibition plus sélective, avec moins d’effets indésirables cardiovasculaires que les molécules de première génération comme l’ibrutinib.


L’objectif de cette étude est de comparer, dans une population de patients atteints de LLC non traités, l’efficacité et la tolérance du zanubrutinib à celles de la combinaison BR, afin d’évaluer la pertinence de cette nouvelle stratégie thérapeutique en première ligne de traitement.



Moins de chimio, plus d’efficacité ?


479 patients
atteints de LLC non préalablement traitée ont été intégrés à l’étude. Les patients sans délétion 17p ont été randomisés 1:1 entre zanubrutinib en continu et 6 cycles de bendamustine + rituximab. Une cohorte non randomisée de 110 patients avec del(17p) a été traitée uniquement par zanubrutinib, en raison de leur profil à haut risque. Le critère principal était la survie sans progression (PFS). Les critères secondaires incluaient le taux de réponse globale (ORR), la tolérance, et la survie globale (OS).


Chez les patients sans del(17p), le zanubrutinib a significativement amélioré la PFS. À 36 mois, 85,5 % des patients sous zanubrutinib étaient sans progression, vs 69,5 %. Chez les patients avec délétion 17p, la PFS à 36 mois atteignait 79,4 %. Le bénéfice était constant quel que soit l’âge, le statut IGHV ou la présence d’anomalies cytogénétiques.

Le taux de réponse globale était similaire dans les deux groupes, mais la durée de réponse était nettement prolongée sous zanubrutinib. Le traitement a aussi été mieux toléré, avec moins d'effets secondaires de grade 3 ou plus, notamment en termes de neutropénie et d’infections graves. Les effets indésirables les plus fréquents sous zanubrutinib étaient des ecchymoses, des diarrhées et une hypertension légère, avec un faible taux de fibrillation auriculaire par rapport à d’autres BTKis comme l’ibrutinib.



Un cap franchi en première ligne


La LLC est une hémopathie chronique caractérisée par l’accumulation de lymphocytes B anormaux, souvent diagnostiquée chez des patients âgés. Sa prise en charge reste complexe, notamment dans les formes à haut risque génétique et chez les patients fragiles. Cette étude avait pour objectif de comparer le zanubrutinib, inhibiteur de BTK de nouvelle génération, au traitement standard bendamustine-rituximab, en première ligne chez des patients naïfs de traitement.

Les résultats confirment une efficacité supérieure du zanubrutinib en termes de survie sans progression, avec une meilleure tolérance globale, y compris chez les patients porteurs de délétion 17p. Toutefois, des limites de cette étude persistent et justifient la poursuite de nouvelles recherches. Ces recherches incluront des comparaisons directes avec d’autres inhibiteurs de BTK, notamment l’ibrutinib, ainsi que des études en vie réelle et à long terme. L’objectif sera d’évaluer l’impact du zanubrutinib sur la survie globale, la qualité de vie, et la gestion des effets indésirables. Ces données seront essentielles pour définir la meilleure stratégie thérapeutique personnalisée en première ligne.

À lire également : LLC : ESMO signe la fin de la chimio, cap sur les thérapies ciblées



À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie

Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante. 



Source(s) :
Shadman M, et al. Zanubrutinib Versus Bendamustine and Rituximab in Patients With Treatment-Naïve Chronic Lymphocytic Leukemia/Small Lymphocytic Lymphoma: Median 5-Year Follow-Up of SEQUOIA. J Clin Oncol. 2025 Mar;43(7):780-787 ;

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