#Photoprotection #Sunscreen #Nanomatériaux #Polymères #SPF La photoprotection solaire constitue un pilier fondamental de la prévention des pathologies cutanées liées à l’exposition aux rayons ultraviolets. À l’heure où l’incidence des mélanomes et des carcinomes ne cesse d’augmenter, l’efficacité réelle des écrans solaires devient un enje
Par Ana Espino | Publié le 21 juillet 2025| 2 min de lecture
La photoprotection solaire
constitue un pilier fondamental de la prévention des pathologies cutanées liées
à l’exposition aux rayons ultraviolets. À l’heure où l’incidence des mélanomes
et des carcinomes ne cesse d’augmenter, l’efficacité réelle des écrans solaires
devient un enjeu de santé publique. Si les filtres UV organiques et minéraux
actuellement utilisés offrent une protection théorique satisfaisante, leur
performance dépend largement de la qualité du film formé à la surface de la
peau. Or, en conditions réelles, la répartition inégale, la cristallisation
des filtres, l’évaporation des solvants ou encore le frottement
mécanique altèrent la cohésion du film cutané et compromettent l’indice SPF
affiché. Par ailleurs, augmenter la concentration en filtres UV pour compenser
ces pertes se heurte à plusieurs obstacles : risques d’irritation, mauvaise
tolérance cosmétique, et impact environnemental. Face à ces limites, de nouvelles
approches formulatoires émergent, centrées sur la structure et la stabilité
du film protecteur plutôt que sur la seule teneur en filtres. Cette revue
examine les avancées récentes dans l’utilisation d’agentsfilmogènes
hydrocarbonés et de nanomatériaux à base de carbone, qui permettent d’améliorer
l’adhésion, la persistance et la photostabilité des écrans solaires.
Un film plus fort, un SPF
plus haut ?
Cette étude repose sur l’analyse
des dernières formulations solaires intégrant des polymères filmogènes
hydrophobes et des nanomatériaux carbonés (fullerènes,
nanodiamants). Ces composants améliorent la répartition des filtres UV,
réduisent leur cristallisation et créent une barrière plus homogène et
résistante sur la peau. L’utilisation de systèmes de type W/O, plus
lipophiles, permet également une meilleure adhérence cutanée par rapport aux
émulsions classiques O/W. Les résultats confirment que les
formulations enrichies en agents filmogènes hydrocarbonés et nanomatériaux
carbonés apportent une amélioration significative de la photostabilité
globale des écrans solaires. Ces formulations résistent mieux aux
conditions environnementales, tout en conservant leur efficacité protectrice
sur une durée prolongée. L’un des apports majeurs repose sur les propriétés
antioxydantes des nanomatériaux comme les fullerènes, capables non
seulement d’absorber les rayons UV, mais aussi de neutraliser les
radicaux libres générés par l’exposition solaire. Cette double action
permet de limiter les dommages oxydatifs au niveau des membranes cellulaires et
du collagène cutané, tout en prolongeant la durée d’activité des filtres UV
intégrés dans la formulation.
Par ailleurs, cette étude démontre que ces
formulations favorisent une meilleure cohésion interfaciale, une répartition
plus homogène des filtres UV, et une résistance accrue à l’eau, à la
sueur et à l’abrasion mécanique. Ces observations confirment l’intérêt de
ces nouveaux composants pour optimiser la performance des solaires dans des
conditions d’usage réelles.
Les cancers cutanés liés à
l’exposition aux UV et le photovieillissement restent des enjeux majeurs en
dermatologie préventive. Face à l’inefficacité partielle des formulations
solaires classiques en conditions réelles, les défis actuels résident dans l’amélioration
de la stabilité, de l’adhérence cutanée et de la tolérance des écrans solaires,
sans alourdir leur composition en filtres UV. L’objectif de cette revue était
d’explorer comment l’intégration d’agents filmogènes hydrocarbonés et de
nanomatériaux à base de carbone permet de renforcer la performance globale des
protections solaires, en particulier leur capacité à former un film homogène,
stable et photoprotecteur à la surface de la peau. Les résultats montrent que ces
composants innovants améliorent significativement la photostabilité, la
cohésion et la résistance des films solaires, tout en apportant des effets
antioxydants complémentaires. L'efficacité photoprotectrice ne
dépend donc plus seulement du dosage en filtres UV, mais de la qualité
structurelle du film appliqué sur la peau. Les perspectives futures incluent
le développement de formulations biocompatibles intégrant ces agents
intelligents, la standardisation des protocoles de test sur peau humaine, ainsi
qu’une évaluation approfondie de la sécurité et de l’impact environnemental des
nanomatériaux. Ces avancées pourraient ouvrir la voie à une nouvelle génération
d’écrans solaires plus sûrs, plus efficaces et mieux adaptés aux exigences
actuelles en matière de santé cutanée et de durabilité.
À propos de l'auteure – Ana Espino Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
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Référence scientifique
Addae, A. J., et al. (2025). Advances in enhancing photoprotection of sunscreens using hydrocarbon film formers and carbon nanomaterials. Advanced drug delivery reviews, 222, 115607.