04/02/2026
Foie, sucre et pilules : qui mène le jeu ?
Endocrinologie et Métabolisme
Par Ana Espino | Publié le 4 février 2026 | 3 min de lecture
Le MASLD (Metabolic dysfunction-associated steatotic liver disease) désigne l’accumulation de graisse dans le foie associée à un syndrome métabolique. Cette pathologie est aujourd’hui reconnue comme l’une des principales comorbidités du diabète de type 2 (DT2). Sa prévalence atteint près de 70 % chez les patients diabétiques, augmentant le risque de progression vers la fibrose, la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire.
Malgré cette forte association, il n’existe aucun traitement spécifique validé pour le MASLD. Les stratégies actuelles reposent sur la perte de poids et le contrôle glycémique. Certains antidiabétiques, comme les glitazones ou les inhibiteurs de SGLT2, ont montré un bénéfice sur les paramètres hépatiques, mais les données restent disparates, issues d’essais isolés avec des critères hétérogènes. De plus, aucun consensus clair n’existe quant au choix optimal de l’antidiabétique en présence de MASLD, rendant les décisions cliniques complexes.
Dans ce contexte, cette étude a été initiée de sorte à comparer l’efficacité de 15 agents antidiabétiques sur divers marqueurs hépatiques et métaboliques chez les patients atteints de DT2 avec MASLD, à travers une méta-analyse en réseau fondée sur des essais cliniques randomisés.
21 essais cliniques randomisés, totalisant 1 717 participants, ont été sélectionnés. Les traitements évalués comprenaient 15 agents antidiabétiques, parmi lesquels : ertugliflozine, empagliflozine, liraglutide, exénatide, pioglitazone, metformine, sitagliptine, ou encore gliclazide. Les études comparaient ces médicaments entre eux ou face au placebo, sur une durée moyenne de 24 semaines. L’analyse a été conduite selon une approche bayésienne. La qualité méthodologique révélait un risque de biais généralement modéré à faible. Les critères d’évaluation principaux étaient les enzymes hépatiques ALT et AST, ainsi que les triglycérides. Les critères secondaires comprenaient : HDL, LDL, glycémie à jeun, HbA1c, IMC et rigidité hépatique (LSM).
Parmi les 15 traitements comparés, l’ertugliflozine s’est démarquée comme le plus efficace pour réduire les transaminases hépatiques (ALT et AST). Elle a également montré une amélioration notable des triglycérides, du profil lipidique (HDL↑, LDL↓), ainsi qu’une réduction de l’IMC et de la rigidité hépatique (LSM).
Les bénéfices sur la glycémie et l’HbA1c ont été observés avec l’ertugliflozine, de même qu’avec les analogues du GLP-1 liraglutide et exénatide. La pioglitazone a confirmé son action positive sur les enzymes hépatiques, bien qu’elle soit associée à une prise de poids.
Le MASLD chez les patients diabétiques est une pathologie silencieuse mais progressive, sans traitement médicamenteux validé à ce jour. La prise en charge reste fragmentée, faute de données comparatives solides entre les classes d’antidiabétiques. Cette étude avait pour but de comparer l’impact de 15 médicaments sur des paramètres métaboliques et hépatiques clés. Elle met en évidence l’intérêt particulier de l’ertugliflozine, qui semble allier efficacité glycémique et amélioration hépatique.
Toutefois, cette étude présente plusieurs limites qui appellent à de nouvelles recherches. Il est nécessaire de mener des essais cliniques plus larges, sur des durées prolongées, avec une meilleure représentation géographique et ethnique, et un suivi combiné du foie et du métabolisme. L’avenir repose aussi sur l’exploration des associations thérapeutiques, et sur l’identification de biomarqueurs prédictifs de réponse permettant de personnaliser les traitements.
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
Le MASLD (Metabolic dysfunction-associated steatotic liver disease) désigne l’accumulation de graisse dans le foie associée à un syndrome métabolique. Cette pathologie est aujourd’hui reconnue comme l’une des principales comorbidités du diabète de type 2 (DT2). Sa prévalence atteint près de 70 % chez les patients diabétiques, augmentant le risque de progression vers la fibrose, la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire.
Malgré cette forte association, il n’existe aucun traitement spécifique validé pour le MASLD. Les stratégies actuelles reposent sur la perte de poids et le contrôle glycémique. Certains antidiabétiques, comme les glitazones ou les inhibiteurs de SGLT2, ont montré un bénéfice sur les paramètres hépatiques, mais les données restent disparates, issues d’essais isolés avec des critères hétérogènes. De plus, aucun consensus clair n’existe quant au choix optimal de l’antidiabétique en présence de MASLD, rendant les décisions cliniques complexes.
Dans ce contexte, cette étude a été initiée de sorte à comparer l’efficacité de 15 agents antidiabétiques sur divers marqueurs hépatiques et métaboliques chez les patients atteints de DT2 avec MASLD, à travers une méta-analyse en réseau fondée sur des essais cliniques randomisés.
L’ertugliflozine, future star du foie gras métabolique ?
21 essais cliniques randomisés, totalisant 1 717 participants, ont été sélectionnés. Les traitements évalués comprenaient 15 agents antidiabétiques, parmi lesquels : ertugliflozine, empagliflozine, liraglutide, exénatide, pioglitazone, metformine, sitagliptine, ou encore gliclazide. Les études comparaient ces médicaments entre eux ou face au placebo, sur une durée moyenne de 24 semaines. L’analyse a été conduite selon une approche bayésienne. La qualité méthodologique révélait un risque de biais généralement modéré à faible. Les critères d’évaluation principaux étaient les enzymes hépatiques ALT et AST, ainsi que les triglycérides. Les critères secondaires comprenaient : HDL, LDL, glycémie à jeun, HbA1c, IMC et rigidité hépatique (LSM).
Parmi les 15 traitements comparés, l’ertugliflozine s’est démarquée comme le plus efficace pour réduire les transaminases hépatiques (ALT et AST). Elle a également montré une amélioration notable des triglycérides, du profil lipidique (HDL↑, LDL↓), ainsi qu’une réduction de l’IMC et de la rigidité hépatique (LSM).
Les bénéfices sur la glycémie et l’HbA1c ont été observés avec l’ertugliflozine, de même qu’avec les analogues du GLP-1 liraglutide et exénatide. La pioglitazone a confirmé son action positive sur les enzymes hépatiques, bien qu’elle soit associée à une prise de poids.
Un seul traitement pour deux cibles ?
Le MASLD chez les patients diabétiques est une pathologie silencieuse mais progressive, sans traitement médicamenteux validé à ce jour. La prise en charge reste fragmentée, faute de données comparatives solides entre les classes d’antidiabétiques. Cette étude avait pour but de comparer l’impact de 15 médicaments sur des paramètres métaboliques et hépatiques clés. Elle met en évidence l’intérêt particulier de l’ertugliflozine, qui semble allier efficacité glycémique et amélioration hépatique.
Toutefois, cette étude présente plusieurs limites qui appellent à de nouvelles recherches. Il est nécessaire de mener des essais cliniques plus larges, sur des durées prolongées, avec une meilleure représentation géographique et ethnique, et un suivi combiné du foie et du métabolisme. L’avenir repose aussi sur l’exploration des associations thérapeutiques, et sur l’identification de biomarqueurs prédictifs de réponse permettant de personnaliser les traitements.
À lire également : La cannelle peut-elle devenir un traitement naturel du syndrome métabolique ?
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
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