23/04/2026
Grossesse et paludisme : un duo à haut risque
Gynécologie et Obstétrique Infectiologie
Par Ana Espino | Publié le 23 avril 2026 | 4 min de lecture
Le paludisme pendant la grossesse constitue une problématique majeure de santé publique, en particulier dans les zones endémiques. Cette pathologie expose à des risques importants à la fois pour la mère et pour le fœtus. L’infection peut entraîner des formes sévères, voire mortelles, et se caractérise notamment par la séquestration du parasite dans le placenta, à l’origine d’anémie maternelle, de retard de croissance intra-utérin, de prématurité et de faible poids de naissance. Elle représente ainsi une cause importante de morbidité et de mortalité maternelle et néonatale.
Malgré l’existence de stratégies de prévention et de traitement, plusieurs limites persistent. Les traitements antipaludiques peuvent être associés à des effets indésirables, notamment pendant la grossesse, et l’émergence de résistances, en particulier à la chloroquine dans certaines régions, complique la prise en charge. Par ailleurs, l’accès aux interventions préventives reste inégal, et leur efficacité dépend fortement du contexte local.
Les principaux challenges résident dans la complexité de la prise en charge du paludisme chez la femme enceinte, la variabilité de la prévalence selon les régions, ainsi que la nécessité d’interventions adaptées pour réduire les complications maternelles et néonatales. La détection précoce et la prévention restent essentielles, mais difficiles à mettre en œuvre de manière optimale dans certains contextes.
L’objectif de cette étude, publiée récemment dans Tropical Diseases, Travel Medecine and Vaccines, est de faire une mise à jour des connaissances sur le paludisme pendant la grossesse, en analysant ses impacts épidémiologiques, ses complications et les stratégies de prévention et de traitement actuellement disponibles.
L’étude repose sur une revue systématique de la littérature. Au total, 139 études ont été retenues après application des critères de sélection. Les analyses ont porté sur l’épidémiologie, les complications et les interventions en lien avec le paludisme pendant la grossesse.
Les résultats montrent que le paludisme pendant la grossesse est fortement influencé par l’espèce de Plasmodium, P. falciparum étant la principale cause de complications, notamment en Afrique, tandis que P. vivax prédomine dans certaines régions comme l’Asie et l’Amérique du Sud. La prévalence peut atteindre jusqu’à 60 % en Afrique subsaharienne, ce qui illustre l’ampleur du problème.
Les complications observées sont nombreuses et touchent à la fois la mère et l’enfant. Chez la mère, le paludisme peut entraîner une anémie sévère et augmenter le risque de mortalité. Chez le fœtus et le nouveau-né, il est associé à un faible poids de naissance, à la prématurité, à un retard de croissance intra-utérin et à une augmentation de la mortalité néonatale.
Les stratégies de prévention reposent principalement sur le traitement préventif intermittent, l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et la prise en charge rapide des cas. Le diagnostic précoce et le traitement approprié sont essentiels pour limiter les complications. Dans les cas sévères ou compliqués, l’artésunate est recommandé comme traitement de référence, notamment en présence de résistances à certains antipaludiques.
Le paludisme pendant la grossesse reste une pathologie grave ayant des conséquences importantes sur la santé maternelle et néonatale. Les challenges principaux concernent la gestion des complications, les résistances aux traitements et les inégalités d’accès aux stratégies de prévention et de soins.
L’objectif de cette étude était de fournir une mise à jour des connaissances sur cette problématique. Les résultats confirment que le paludisme pendant la grossesse a un impact significatif sur la morbidité et la mortalité, et qu’une prise en charge adaptée est essentielle pour en réduire les conséquences.
Cependant, certaines limites persistent, notamment liées à l’hétérogénéité des données disponibles et aux variations régionales qui rendent difficile la généralisation des résultats.
Les perspectives reposent sur l’amélioration des stratégies de prévention, le renforcement du diagnostic précoce, le développement de traitements plus sûrs et efficaces pour les femmes enceintes, ainsi que sur une meilleure adaptation des interventions aux contextes locaux afin de réduire durablement l’impact de cette maladie.
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
Le paludisme pendant la grossesse constitue une problématique majeure de santé publique, en particulier dans les zones endémiques. Cette pathologie expose à des risques importants à la fois pour la mère et pour le fœtus. L’infection peut entraîner des formes sévères, voire mortelles, et se caractérise notamment par la séquestration du parasite dans le placenta, à l’origine d’anémie maternelle, de retard de croissance intra-utérin, de prématurité et de faible poids de naissance. Elle représente ainsi une cause importante de morbidité et de mortalité maternelle et néonatale.
Malgré l’existence de stratégies de prévention et de traitement, plusieurs limites persistent. Les traitements antipaludiques peuvent être associés à des effets indésirables, notamment pendant la grossesse, et l’émergence de résistances, en particulier à la chloroquine dans certaines régions, complique la prise en charge. Par ailleurs, l’accès aux interventions préventives reste inégal, et leur efficacité dépend fortement du contexte local.
Les principaux challenges résident dans la complexité de la prise en charge du paludisme chez la femme enceinte, la variabilité de la prévalence selon les régions, ainsi que la nécessité d’interventions adaptées pour réduire les complications maternelles et néonatales. La détection précoce et la prévention restent essentielles, mais difficiles à mettre en œuvre de manière optimale dans certains contextes.
L’objectif de cette étude, publiée récemment dans Tropical Diseases, Travel Medecine and Vaccines, est de faire une mise à jour des connaissances sur le paludisme pendant la grossesse, en analysant ses impacts épidémiologiques, ses complications et les stratégies de prévention et de traitement actuellement disponibles.
Quels risques pour la mère et le bébé ?
L’étude repose sur une revue systématique de la littérature. Au total, 139 études ont été retenues après application des critères de sélection. Les analyses ont porté sur l’épidémiologie, les complications et les interventions en lien avec le paludisme pendant la grossesse.
Les résultats montrent que le paludisme pendant la grossesse est fortement influencé par l’espèce de Plasmodium, P. falciparum étant la principale cause de complications, notamment en Afrique, tandis que P. vivax prédomine dans certaines régions comme l’Asie et l’Amérique du Sud. La prévalence peut atteindre jusqu’à 60 % en Afrique subsaharienne, ce qui illustre l’ampleur du problème.
Les complications observées sont nombreuses et touchent à la fois la mère et l’enfant. Chez la mère, le paludisme peut entraîner une anémie sévère et augmenter le risque de mortalité. Chez le fœtus et le nouveau-né, il est associé à un faible poids de naissance, à la prématurité, à un retard de croissance intra-utérin et à une augmentation de la mortalité néonatale.
Les stratégies de prévention reposent principalement sur le traitement préventif intermittent, l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et la prise en charge rapide des cas. Le diagnostic précoce et le traitement approprié sont essentiels pour limiter les complications. Dans les cas sévères ou compliqués, l’artésunate est recommandé comme traitement de référence, notamment en présence de résistances à certains antipaludiques.
Mieux protéger deux vies à la fois
Le paludisme pendant la grossesse reste une pathologie grave ayant des conséquences importantes sur la santé maternelle et néonatale. Les challenges principaux concernent la gestion des complications, les résistances aux traitements et les inégalités d’accès aux stratégies de prévention et de soins.
L’objectif de cette étude était de fournir une mise à jour des connaissances sur cette problématique. Les résultats confirment que le paludisme pendant la grossesse a un impact significatif sur la morbidité et la mortalité, et qu’une prise en charge adaptée est essentielle pour en réduire les conséquences.
Cependant, certaines limites persistent, notamment liées à l’hétérogénéité des données disponibles et aux variations régionales qui rendent difficile la généralisation des résultats.
Les perspectives reposent sur l’amélioration des stratégies de prévention, le renforcement du diagnostic précoce, le développement de traitements plus sûrs et efficaces pour les femmes enceintes, ainsi que sur une meilleure adaptation des interventions aux contextes locaux afin de réduire durablement l’impact de cette maladie.
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
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