23/02/2026
Préhabilitation : un vrai plus avant la chirurgie ?
Chirurgie
Par Ana Espino | Publié le 23 février 2026 | 3 min de lecture
La fragilité est un syndrome clinique multidimensionnel caractérisé par une diminution des réserves physiologiques et une vulnérabilité accrue aux stress aigus. Chez les sujets âgés, elle constitue un facteur prédictif majeur de complications postopératoires, de déclin fonctionnel et d’allongement de la durée d’hospitalisation.
A ce titre, la chirurgie représente un stress métabolique important. Chez les patients fragiles, elle peut entraîner une réduction de 20 à 40 % des capacités physiologiques et fonctionnelles, avec un retour incomplet au niveau basal pendant plusieurs mois. Les stratégies traditionnelles se concentrent sur la réhabilitation postopératoire, souvent initiée dans un contexte de fatigue et d’inflammation.
La préhabilitation, intervention multimodale préopératoire associant exercice, optimisation nutritionnelle et soutien psychologique, vise à renforcer la réserve fonctionnelle avant l’intervention. Toutefois, les données spécifiques aux patients âgés fragiles restent limitées et hétérogènes.
Cette méta-analyse publiée dans International Journal of Environmental Research and Public Health (2025) avait pour objectif d’évaluer l’effet de la préhabilitation sur la capacité aérobie mesurée par le test de marche de 6 minutes (6MWT) et sur la durée d’hospitalisation (LOS) chez des patients âgés fragiles opérés.
La fragilité expose les sujets âgés à un risque accru de complications et de déclin fonctionnel après chirurgie. Renforcer la réserve physiologique en amont constitue une stratégie théoriquement attractive.
Cette méta-analyse visait à déterminer si la préhabilitation multimodale améliorait la capacité aérobie et réduisait la durée d’hospitalisation chez les patients âgés fragiles. Les résultats ne montrent aucune amélioration statistiquement significative du 6MWT ni de la durée de séjour.
Cependant, l’absence de dégradation fonctionnelle postopératoire marquée pourrait refléter un effet de stabilisation clinique, particulièrement pertinent dans cette population vulnérable. Les limites incluent le faible nombre d’essais, l’hétérogénéité des protocoles et la courte durée des interventions.
Bien que ces résultats nécessitent une confirmation dans des essais multicentriques de plus grande ampleur, ils suggèrent que la préhabilitation pourrait contribuer à préserver la capacité fonctionnelle plutôt qu’à l’améliorer significativement. À terme, des protocoles standardisés, prolongés et mieux ciblés pourraient optimiser la tolérance chirurgicale et soutenir l’autonomie des patients âgés fragiles.
La fragilité est un syndrome clinique multidimensionnel caractérisé par une diminution des réserves physiologiques et une vulnérabilité accrue aux stress aigus. Chez les sujets âgés, elle constitue un facteur prédictif majeur de complications postopératoires, de déclin fonctionnel et d’allongement de la durée d’hospitalisation.
A ce titre, la chirurgie représente un stress métabolique important. Chez les patients fragiles, elle peut entraîner une réduction de 20 à 40 % des capacités physiologiques et fonctionnelles, avec un retour incomplet au niveau basal pendant plusieurs mois. Les stratégies traditionnelles se concentrent sur la réhabilitation postopératoire, souvent initiée dans un contexte de fatigue et d’inflammation.
La préhabilitation, intervention multimodale préopératoire associant exercice, optimisation nutritionnelle et soutien psychologique, vise à renforcer la réserve fonctionnelle avant l’intervention. Toutefois, les données spécifiques aux patients âgés fragiles restent limitées et hétérogènes.
Cette méta-analyse publiée dans International Journal of Environmental Research and Public Health (2025) avait pour objectif d’évaluer l’effet de la préhabilitation sur la capacité aérobie mesurée par le test de marche de 6 minutes (6MWT) et sur la durée d’hospitalisation (LOS) chez des patients âgés fragiles opérés.
Plus de mètres, moins de jours d’hospitalisation ?
Les auteurs ont conduit une revue
systématique et méta-analyse d’essais contrôlés randomisés, conformément
aux recommandations PRISMA et au Cochrane Handbook. Sur 1 987 enregistrements
identifiés, 5 essais randomisés ont été inclus, totalisant 400
participants âgés fragiles. Les patients étaient majoritairement opérés
pour chirurgie colorectale, oncologique intra-abdominale ou prothèse totale de
hanche. Les interventions de préhabilitation duraient 2,5 à 6 semaines
et incluaient systématiquement un entraînement physique, parfois associé à un
volet nutritionnel ou psychologique.
L’effet sur la capacité aérobie a été analysé à trois temps : début de préhabilitation (T1), période préopératoire (T2) et période postopératoire (T3). Entre T1 et T2, la différence moyenne poolée était de 9,71 mètres, sans significativité statistique et sans hétérogénéité. Entre T2 et T3, la différence était de −3,27 mètres, avec une hétérogénéité modérée. Entre T1 et T3, l’amélioration atteignait 15,01 mètres, également non significative.
Concernant la durée d’hospitalisation, la différence moyenne était de −0,46, sans réduction significative et sans hétérogénéité.
L’évaluation méthodologique montrait un risque de biais faible à modéré selon l’outil RoB2. La qualité globale des preuves était jugée modérée, principalement limitée par l’imprécision des intervalles de confiance.
L’effet sur la capacité aérobie a été analysé à trois temps : début de préhabilitation (T1), période préopératoire (T2) et période postopératoire (T3). Entre T1 et T2, la différence moyenne poolée était de 9,71 mètres, sans significativité statistique et sans hétérogénéité. Entre T2 et T3, la différence était de −3,27 mètres, avec une hétérogénéité modérée. Entre T1 et T3, l’amélioration atteignait 15,01 mètres, également non significative.
Concernant la durée d’hospitalisation, la différence moyenne était de −0,46, sans réduction significative et sans hétérogénéité.
L’évaluation méthodologique montrait un risque de biais faible à modéré selon l’outil RoB2. La qualité globale des preuves était jugée modérée, principalement limitée par l’imprécision des intervalles de confiance.
Préserver plutôt que performer
La fragilité expose les sujets âgés à un risque accru de complications et de déclin fonctionnel après chirurgie. Renforcer la réserve physiologique en amont constitue une stratégie théoriquement attractive.
Cette méta-analyse visait à déterminer si la préhabilitation multimodale améliorait la capacité aérobie et réduisait la durée d’hospitalisation chez les patients âgés fragiles. Les résultats ne montrent aucune amélioration statistiquement significative du 6MWT ni de la durée de séjour.
Cependant, l’absence de dégradation fonctionnelle postopératoire marquée pourrait refléter un effet de stabilisation clinique, particulièrement pertinent dans cette population vulnérable. Les limites incluent le faible nombre d’essais, l’hétérogénéité des protocoles et la courte durée des interventions.
Bien que ces résultats nécessitent une confirmation dans des essais multicentriques de plus grande ampleur, ils suggèrent que la préhabilitation pourrait contribuer à préserver la capacité fonctionnelle plutôt qu’à l’améliorer significativement. À terme, des protocoles standardisés, prolongés et mieux ciblés pourraient optimiser la tolérance chirurgicale et soutenir l’autonomie des patients âgés fragiles.
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À propos
de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
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