06/02/2026
Et si la statine calmait l’inflammation ?
Rhumatologie
Par Ana Espino | Publié le 6 février 2026 | 3 min de lecture
L’arthrite rhumatoïde (AR) est une maladie auto-immune chronique caractérisée par une inflammation persistante des articulations, pouvant entraîner à long terme des lésions irréversibles, des déformations et une altération fonctionnelle majeure. Au-delà des articulations, l’AR s’accompagne d’un état inflammatoire systémique, responsable d’un sur-risque cardiovasculaire, première cause de mortalité chez ces patients.
Malgré l’efficacité croissante des traitements de fond (DMARDs) et biothérapies, un grand nombre de patients conservent une inflammation résiduelle de bas grade, difficile à maîtriser. Cette limite soulève la question de stratégies complémentaires, capables d’agir sur les mécanismes inflammatoires systémiques sans majorer les effets indésirables.
Parmi les pistes explorées, les statines — connues pour leur action hypocholestérolémiante — présentent également des propriétés anti-inflammatoires documentées, notamment via la modulation de la voie NF-κB et la réduction de la CRP.
L’objectif de cette étude est donc de tester cette hypothèse, en évaluant l’effet de l’atorvastatine sur les marqueurs biologiques de l’inflammation et sur les paramètres lipidiques, chez des patients atteints d’arthrite rhumatoïde sous traitement standard.
38 patients adultes atteints d’AR ont été sélectionnés et répartis aléatoirement en deux groupes :
Ces thérapies ont été appliquées en plus de leur traitement antirhumateux habituel. La durée de l’étude était de 12 semaines. Les critères d’évaluation principaux comprenaient la protéine C-réactive (CRP), la vitesse de sédimentation des érythrocytes (VS), le TNF-α, l’interleukine-6 (IL-6), ainsi que les taux de cholestérol total, LDL, HDL et triglycérides.
À 12 semaines, le groupe atorvastatine a présenté une réduction significative de la CRP, du TNF-α et de l’IL-6, comparé au groupe placebo. La VS a également diminué, bien que la différence entre les groupes ne soit pas statistiquement significative. Du côté lipidique, l’atorvastatine a permis une baisse marquée du cholestérol total et du LDL, sans modification significative des HDL ou des triglycérides. Aucun effet indésirable sévère n’a été observé, et la tolérance du traitement a été bonne dans l’ensemble des cas.
L’arthrite rhumatoïde est une pathologie inflammatoire chronique systémique, souvent résistante aux traitements standards, avec un risque cardiovasculaire accru. Le défi actuel réside dans la persistance d’une inflammation de bas grade malgré les DMARDs et biothérapies, et dans la nécessité de stratégies complémentaires mieux tolérées. Cette étude visait à évaluer l’intérêt d’un repositionnement thérapeutique : l’atorvastatine, déjà largement utilisée pour sa capacité à réduire le LDL, mais dont les effets anti-inflammatoires restent sous-explorés en rhumatologie. Les résultats suggèrent que l’ajout de l’atorvastatine à 40 mg/jour réduit significativement la CRP, l’IL-6 et le TNF-α, tout en améliorant le profil lipidique, ce qui en fait une option adjuvante potentiellement utile.
Toutefois, des limites de cette étude persistent et justifient la poursuite de nouvelles recherches. Ces recherches incluront des essais contrôlés randomisés de plus grande ampleur, avec une durée de suivi plus longue, une évaluation fonctionnelle et clinique en parallèle des marqueurs biologiques, et une exploration plus large des effets dose-dépendants. Il sera également nécessaire de comparer différentes statines, afin d’identifier le meilleur profil bénéfice-risque et d’intégrer cette approche dans une stratégie de prise en charge personnalisée de l’AR.
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
L’arthrite rhumatoïde (AR) est une maladie auto-immune chronique caractérisée par une inflammation persistante des articulations, pouvant entraîner à long terme des lésions irréversibles, des déformations et une altération fonctionnelle majeure. Au-delà des articulations, l’AR s’accompagne d’un état inflammatoire systémique, responsable d’un sur-risque cardiovasculaire, première cause de mortalité chez ces patients.
Malgré l’efficacité croissante des traitements de fond (DMARDs) et biothérapies, un grand nombre de patients conservent une inflammation résiduelle de bas grade, difficile à maîtriser. Cette limite soulève la question de stratégies complémentaires, capables d’agir sur les mécanismes inflammatoires systémiques sans majorer les effets indésirables.
Parmi les pistes explorées, les statines — connues pour leur action hypocholestérolémiante — présentent également des propriétés anti-inflammatoires documentées, notamment via la modulation de la voie NF-κB et la réduction de la CRP.
L’objectif de cette étude est donc de tester cette hypothèse, en évaluant l’effet de l’atorvastatine sur les marqueurs biologiques de l’inflammation et sur les paramètres lipidiques, chez des patients atteints d’arthrite rhumatoïde sous traitement standard.
L’atorvastatine, anti-TNF cachée ?
38 patients adultes atteints d’AR ont été sélectionnés et répartis aléatoirement en deux groupes :
- Groupe atorvastatine 40 mg/jour ;
- Groupe placebo.
Ces thérapies ont été appliquées en plus de leur traitement antirhumateux habituel. La durée de l’étude était de 12 semaines. Les critères d’évaluation principaux comprenaient la protéine C-réactive (CRP), la vitesse de sédimentation des érythrocytes (VS), le TNF-α, l’interleukine-6 (IL-6), ainsi que les taux de cholestérol total, LDL, HDL et triglycérides.
À 12 semaines, le groupe atorvastatine a présenté une réduction significative de la CRP, du TNF-α et de l’IL-6, comparé au groupe placebo. La VS a également diminué, bien que la différence entre les groupes ne soit pas statistiquement significative. Du côté lipidique, l’atorvastatine a permis une baisse marquée du cholestérol total et du LDL, sans modification significative des HDL ou des triglycérides. Aucun effet indésirable sévère n’a été observé, et la tolérance du traitement a été bonne dans l’ensemble des cas.
Une statine dans l’arsenal rhumato ?
L’arthrite rhumatoïde est une pathologie inflammatoire chronique systémique, souvent résistante aux traitements standards, avec un risque cardiovasculaire accru. Le défi actuel réside dans la persistance d’une inflammation de bas grade malgré les DMARDs et biothérapies, et dans la nécessité de stratégies complémentaires mieux tolérées. Cette étude visait à évaluer l’intérêt d’un repositionnement thérapeutique : l’atorvastatine, déjà largement utilisée pour sa capacité à réduire le LDL, mais dont les effets anti-inflammatoires restent sous-explorés en rhumatologie. Les résultats suggèrent que l’ajout de l’atorvastatine à 40 mg/jour réduit significativement la CRP, l’IL-6 et le TNF-α, tout en améliorant le profil lipidique, ce qui en fait une option adjuvante potentiellement utile.
Toutefois, des limites de cette étude persistent et justifient la poursuite de nouvelles recherches. Ces recherches incluront des essais contrôlés randomisés de plus grande ampleur, avec une durée de suivi plus longue, une évaluation fonctionnelle et clinique en parallèle des marqueurs biologiques, et une exploration plus large des effets dose-dépendants. Il sera également nécessaire de comparer différentes statines, afin d’identifier le meilleur profil bénéfice-risque et d’intégrer cette approche dans une stratégie de prise en charge personnalisée de l’AR.
À lire également : Régime et Polyarthrite Rhumatoïde : un lien en dose-réponse à explorer
À propos de l'auteure – Ana Espino
Docteure en immunologie, spécialisée en virologie
Rédactrice scientifique, Ana est animée par la volonté de relier la recherche à l’impact concret. Spécialiste en immunologie, virologie, oncologie et études cliniques, elle s’attache à rendre la science complexe claire et accessible. Sa mission : accélérer le partage des savoirs et favoriser des décisions éclairées grâce à une communication percutante.
Dernières revues
Et si la statine calmait l’inflammation ?
Par Ana Espino | Publié le 6 février 2026 | 3 min de lecture<br>
Essai IAVI G004 : aperçu d’un vaccin anti-VIH de nouvelle génération
Par Carolina Lima | Publié le 5 février 2026 | 3 min de lecture<br>
Foie, sucre et pilules : qui mène le jeu ?
Par Ana Espino | Publié le 4 février 2026 | 3 min de lecture<br>